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Ardbeg – Uigeadail (# 37)
Nom : Ardbeg – Uigeadail
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 54,2%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : 147,50$
Disponibilité : SAQ #11156318
L’Ardbeg Uigeadail prend son nom de la source dans laquelle la distillerie Ardbeg puise son eau depuis des décennies, le Loch Uigeadail. En gaélique, « loch » signifie « lac » ou « étendue d’eau ». Ce scotch serait un assemblage d’anciens fûts de bourbons et de sherry contenant du whisky de 10 ans, de 13 ans et d’autres plus anciens, datant des années soixante-dix.
Pour l’année 2009, l’Uigeadail fut couronné « Best single malt » par Jim Murray, auteur de « The Whisky Bible »
Ma dégustation :
Couleur : ambre cuivrée foncée
Nez : tourbe sucrée et fruitée, fumée, nez discret
Goût : tourbe, agrumes, fumée, sucre brûlé.
Finale : tourbe, agrumes, espresso, saline-vineuse
L’Uigeadail est d’une couleur ambre assez foncée avec des reflets légèrement orangés. Sa texture est assez sirupeuse. Comparativement au Ardbeg Day, il est plus foncé mais sa texture semble légèrement moins dense, les coulisses redescendent plus rapidement au fond du verre.
Au nez, la tourbe sucrée et fruitée est au premier plan, mais c’est assez discret. Une fumée légère vient se joindre à une odeur de pain frais et du zeste d’agrumes. Dans cet Ardbeg, l’odeur de noisette que je note habituellement est légèrement moins présente. Après une quinzaine de minutes, les parfums s’ouvrent et sont plus présents.
Au goût, c’est beaucoup plus présent et franc, la tourbe est toujours au rendez-vous et elle se fait bien accompagnée par des saveurs d’agrumes sucrées, un peu comme une marmelade au porto. Arrive ensuite la chaleur de l’alcool, la fumée ainsi que les tanins sur la langue. Après cet ensemble débordant de complexité, on se prépare à la finale avec des notes de torréfaction et d’un sucré légèrement brûlé, lesquels tapissent la langue et le palais.
La finale est bien tourbée et fumée à souhait et l’amertume de l’espresso sucré-brûlé vient s’unir dans cette finale, laquelle est des plus agréables et s’étire sur de longs moments. Une pointe légèrement saline et vineuse fait son apparition après quelques instants.
Ce scotch est digne d’un bon Ardbeg. Tourbé, fumé, costaud, raffiné et complexe. Le nez est par contre un peu timide au début, mais les saveurs sont bien présentes et marquées. J’ai trouvé que les notes de sherry étaient moins au premier niveau mais plutôt en complément aux autres saveurs.
Un scotch très intéressant et quand même assez différent de l’Ardbeg Day. En les comparants, ils ont des caractéristiques similaires mais également des saveurs assez différentes. Les deux sont bien « Ardbeg », tourbé et fumé, costaud et franc. Comparativement à l’Ardbeg Day, l’Uigeadail est définitivement plus complexe et plus lustré.
Ardbeg Day (# 36)
Nom : Ardbeg Day
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 56,7%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : 99,95$US
Disponibilité : Sherry-Lehmann (NYC)
La distillerie d’Ardbeg a fait du 2 juin 2012 le Jour Ardbeg (Ardbeg Day), une journée internationale où les amateurs du monde entier célébreront ensemble l’amour et la passion qu’ils ont pour leur distillerie préférée. Pour souligner l’événement, la distillerie a mis sur le marché un embouteillage édition limitée à ±12 000 bouteilles qui se nomme simplement « Ardbeg Day ». Y aura-t-il une nouvelle édition à chaque année? Nous le saurons sûrement le 2 juin 2013!
Les informations trouvées sur le net m’informent que ce serait fort probablement un assemblage de whiskies âgés de 8, 9 et 12 ans vieillis dans des fûts de Bourbon. Une fois l’assemblage fait, ce dernier aurait été « re-barriqué » dans d’anciens fûts de Sherry pour une période supplémentaire de 6 mois.
Ma dégustation :
Couleur : cuivrée pâle avec reflets rosés
Nez : tourbe, fumée, assez sucrée et floral, brûlure d’alcool.
Goût :tourbe, sucrée et épicée, chaud (alcool) et costaud.
Finale : Très longue, sucrée et vineuse.
La couleur cuivre assez pâle est accompagnée d’une légère teinte rosée. Le scotch donne une texture assez sirupeuse avec de belles coulisses sur les parois de la verrerie.
Au nez, c’est bien un Ardbeg, son odeur traditionnelle est bien présente. La tourbe et la fumée bien présentes se mélange cette fois à une odeur légèrement sucrée et florale, mais attention à la brûlure d’alcool. Soudainement, la cannelle passe en trombe et se transforme en une odeur bien connue de ma jeunesse, la gomme « Thrills », la gomme mauve au savon…assez spécial. L’odeur de noisette que je retrouve toujours (ou presque) dans les Ardbeg est encore une fois bien présente.
La tourbe qui entre en bouche avec vigueur est accompagnée d’un goût légèrement vineux et épicé. Ce scotch est chaud et très costaud, la fumée perse très légèrement la puissante barrière érigée par l’alcool. Une fois cette barrière brisée, les épices exotiques et les fruits confits (gâteau de Noël) accompagnent l’amertume d’un café espresso tout en nous amenant vers la finale.
La finale est longue, chaleureuse et enivrante. Maintenant que la brûlure d’alcool est rendue au fond de l’âme, les saveurs reprennent leur place. Bien tourbé et fumé, cette finale est également accompagnée de saveurs rappelant celles d’un porto tawny, de l’amertume d’un café espresso et du sucré des fruits confits. Le tout perdure un bon moment et un salin fait surface graduellement tout au long de cette finale.
Un très bon Ardbeg, l’aspect vineux et sucré apporté par les barriques de Sherry lui procure des notes très intéressantes et différentes des Ardbeg goûtés avant (à part peut-être l’Alligator). Complément d’information, j’ai lu quelque part que les barriques utilisées pour l’affinage (finishing) de cet Ardbeg Day seraient des barriques de Sherry de 2e remplissage ayant auparavant contenu de l’Uigeadail? Si c’est le cas, j’ai bien hâte de faire la dégustation de ce dernier. Ce sera justement ma prochaine fiche, quel hasard!
Lagavulin 12 ans « Cask strength » 2011 Limited Edition (# 29)
Nom : Lagavulin 12 ans « Cask strength » 2011 LE
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 57,5%
Site web : aucun
Prix : 116,25$
Disponibilité : SAQ 10332893
Cette fois-ci, je vais déguster la version 12 ans du Lagavulin, mais pas une version standard, plutôt l’Édition Limitée « Natural Cask Strength » embouteillée en 2011.
Qu’est-ce que le « Cask strength »? En français, on pourrait traduire par « à la puissance du fût », c’est-à-dire tel qu’il était dans la barrique. En temps normal, le « Master distiller » sélectionne différentes barriques pour créer son assemblage dit « 12 ans » (ce qui correspond à l’âge du whisky le plus jeune de l’assemblage). Il va ensuite y ajouter de l’eau afin d’en réduire le pourcentage d’alcool à un taux désiré, majoritairement entre 40% et 46%. Dans le cas du « Cask strength », rien n’est ajouté au whisky, c’est la pleine puissance, tel qu’il se trouvait dans la barrique. Les taux sont rarement sous les 55% d’alcool et il faut souvent ajouter un peu d’eau afin d’en ouvrir les saveurs. Il faut également être prudent lors de sa consommation car la tête peut subitement se mettre à tourner!
Ma dégustation :
Couleur : dorée pâle avec reflets cuivrés, moyennement sirupeux
Nez : fumée, algues salées, tourbe, noisette
Goût : brûlure d’alcool, fumée, tourbe, océanique
Finale : fumée, tourbée, océanique
La couleur du Lagavulin 12 ans est d’un doré pâle avec des reflets légèrement cuivrés. En comparaison avec le Lagavulin 16 ans dégusté il y a quelques semaines, le 12 ans semble plus pâle. Côté texture, ça semble par contre similaire, moyennement sirupeuse et les jambes, encore une fois se dissipent rapidement tout en se transformant en petites gouttelettes sur les parois du verre.
Au nez, c’est assez présent et la brûlure d’alcool est légèrement perceptible. La fumée, très abondante est accompagnée d’odeurs salines et océaniques. En comparaison avec le 16 ans, la tourbe est un peu plus discrète. Également un parfum légèrement sucré et « nutty » (noisette) est présent.
Dès l’entrée en bouche, l’alcool frappe fort! La fumée prend le contrôle et la tourbe est de retour à son poste. Un salin maritime et une certaine amertume s’installent et se mélangent avec un léger boisé-épicé. Les tanins du bois se font légèrement ressentir sur la langue. En y ajoutant un peu d’eau c’est beaucoup plus docile. Un caramel sucré et vanillé se marie maintenant avec la fumée. La brûlure d’alcool est également diminuée de beaucoup.
La finale est très Lagavulin, persistante, fumée, tourbée et très océanique et l’amertume perdure tout aussi longtemps. Avec l’ajout d’eau, la finale est légèrement plus sucrée et l’amertume beaucoup moins présente, voir pratiquement disparue.
Personnellement, j’ajoute rarement de l’eau à mes whiskies. Je préfère les déguster plein de force et de vigueur, même pour les « cask sterngth ». Il est arrivé à quelques occasions où c’était absolument nécessaire, je pense au Bourbon Booker’s avec ses 63,4% d’alcool! Ce Lagavulin 12 ans est un « cask strength » qui, selon moi, nécessite aussi une certaine quantité d’eau afin d’en libérer ses vraies saveurs. En fait en y ajoutant de l’eau, il semble se rapprocher un peu plus du 16 ans mais sans avoir toute sa complexité.
Une petite réflexion toute personnelle : À quoi bon payer la bouteille 10$ de plus pour ensuite devoir y ajouter de l’eau?
Lagavulin – 16 ans (# 27)
Nom : Lagavulin 16 ans
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : aucun
Prix : 106,75$
Disponibilité : SAQ 00207126
La distillerie Lagavulin est située sur la côte sud de l’île d’Islay tout près de deux autres distilleries de renom soit Ardbeg et Laphroaig. Elle fut officiellement fondée en 1816 suite à la fusion de deux distilleries, l’une appartenant à John Jonston et l’autre à Archibald Campbell. Elle appartient maintenant au géant Diageo.
Pour moi, Lagavulin, c’est là où tout a commencé. Mon père aimait beaucoup le whisky, il faut croire que la pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre. Un jour, mon frère et moi avons offert un beau cadeau à notre père, une bouteille de Lagavulin 16 ans. Voulant partager sa joie, il tenait absolument à nous le faire goûter. Boom! Ce fut le coup de foudre! Depuis ce jour, les whiskies en général et plus particulièrement les scotchs en provenance d’Islay sont définitivement mes préférés!
Ma dégustation :
Couleur : Cuivré assez foncé, reflets orangés, moyennement sirupeux
Nez : Nez discret de fumée, de tourbe, sel maritime, noisette
Goût : fumée et tourbe, épices, caramel brûlé
Finale : Fumée, tourbée, saline
La couleur de ce whisky est assez foncée et offre des reflets d’un orangé ardent. La texture semble être moyennement sirupeuse car les jambes laissées sur les parois du verre se dissipent rapidement et se transforment en gouttes après quelques instants.
Au nez, c’est discret mais en même temps complexe. Fumée et tourbe se croisent au milieu d’une odeur maritime plaisante. Un parfum sucré qui se mélange subtilement à une odeur de noix, ou plutôt de noisettes grillées tentent tous deux de prendre leur place à l’arrière scène.
En bouche c’est pas mal moins discret! Dès l’entrée en bouche, la tourbe arrive en trombe avec une bouffée de fumée! Cette bousculade de saveurs laisse ensuite place à des traces épicées et légèrement sucrées, un peu comme un caramel qui aurait légèrement brûlé. On peut également ressentir les tanins du bois sur le palais et à l’intérieur des joues. Le salin fait ensuite son entrée pour nous accompagner vers la finale.
La finale est quand même assez persistante. Elle est très fumée, tourbée et également salée et océanique. Une amertume de torréfaction (espresso) prend également une petite place dans cette finale magnifique!
Un scotch qui selon moi est un icône représentatif de l’île d’Islay. La majorité des caractéristiques typiques de l’île mythique y sont. Fumée, tourbe, notes salines et océaniques sont présentes et toutes magnifiquement bien équilibrées.
Tout au long de cette dégustation, pleins de souvenirs ont jailli dans mon esprit. Tout en me remémorant ces excellents moments, je me suis rendu compte d’un fait : depuis ce jour magique avec mon père et mon frère où l’étincelle de la passion du whisky jaillit en moi, je n’avais jamais eu la chance de goûter à nouveau à ce magnifique scotch! Un achat en devenir?…à moins que je penche pour le Distiller’s Edition?
Oh! et en terminant,
Merci papa! Sláinte!
Laphroaig – 18 ans (# 23)
Nom : Laphroaig – 18 ans
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 48%
Site web : www.laphroaig.com
Prix : SAQ 156$ (payé 99$US Virginia, USA)
Disponibilité : SAQ #11484979
Laphroaig est sans aucun doute l’une des distilleries les plus connues d’Islay. Cette île d’Écosse est réputée pour offrir des scotchs uniques, très tourbés, fumés et iodés. Ces saveurs sont toutes présentes dans les scotchs offerts par Laphroaig. En bonus, on retrouve dans leurs scotchs des notes médicinales plutôt uniques à Laphroaig, ce qui en fait en quelque sorte leur « signature » typique.
Depuis 2009, le Laphroaig 18 ans remplace le « légendaire » 15 ans, que je n’ai jamais eu la chance de goûter.
J’ai relu mes notes de dégustation du 10 ans (que vous pouvez retrouver ICI) et voyons maintenant ce que ces 8 années de plus en barriques peuvent apporter.
Ma dégustation :
Couleur : Ambre pâle, tirant sur un léger cuivre
Nez : fumée, floral, tourbé, boisé
Goût : Tourbe, fumée, miel
Finale : Tourbe, fumée, tanins, très persistante
La couleur ambre est pâle et les reflets sont plutôt cuivrés (le 10 ans est plutôt doré). Il est assez sirupeux et laisse des coulisses sur le rebord du verre mais elles ne demeurent pas en place bien longtemps.
Au nez, c’est assez présent mais tout en douceur. En toute délicatesse une fumée se mélange avec des notes florales et tourbées. On discerne également une odeur un peu sucrée et boisée. On sent déjà que les années supplémentaires passées en barriques ont assagi les notes plus robustes que l’on retrouve dans le 10 ans. Aussi, les notes médicinales habituelles de Laphroaig ne sont pas vraiment perceptibles au nez.
En bouche, simplement magnifique! Complexe et puissant mais sans être agressif. Les saveurs de tourbe et de fumée se mélangent à des notes un peu florales et sucrées. Une touche légèrement sucrée plutôt mielleuse tente de prendre sa place à côté des notes boisées et épicées. La sensation d’alcool est peu perceptible (48%). Une légère amertume prend place en début de finale. En ajoutant un peu d’eau, les notes de tourbe, de miel et les saveurs florales prennent encore plus de place. C’est la première fois que j’ajoute de l’eau et que je vois une aussi grande différence dans les saveurs.
Pour la finale, la tourbe, la fumée et les tanins du bois accompagnent une belle amertume qui perdure pour de longs et mémorables instants. Les notes médicinales et salines tardent à venir mais semblent timidement vouloir s’installer tout au long de la finale. Plus elle s’étire, plus le salin prend le dessus.
Finalement, je peux constater que ces huit années supplémentaires lui ont permis de se raffiner et de se complexifier. Il passe de fougueux et robuste à racé et complexe.
J’ai toujours aimé les scotchs de Laphroaig, c’est un peu ma distillerie chouchou. Le 10 ans et le Quarter Cask m’ont toujours emballé et j’ai maintenant toujours une bouteille de l’un ou l’autre à la maison. Mais là, je dois avouer qu’avec ce 18 ans, Laphroaig vient de gagner sa place de choix au sommet de mes distilleries favorites. À 156$ à la SAQ c’est un peu cher mais je dois admettre que c’est (pour moi) un bon investissement. À 99$US et avec le Dollars Canadien à ±1,05$, au moment de l’achat , comme on dit en anglais, c’est un « no-brainer »…
Ardbeg – Alligator (# 21)
Nom : Ardbeg Alligator
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 51,2%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : ±98$ can (75€)
Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)
L’« Alligator » est l’embouteillage à édition limitée d’Ardbeg pour 2011, lequel serait limité à environ 5760 bouteilles. Pour cette édition, Ardbeg a utilisé des barriques neuves de chêne américain et on y a appliqué la technique « Alligator Charring ». Le terme « Alligator » correspond à une technique de préparation des barriques. Cette technique consiste en une carbonisation (charring) à l’extrême de l’intérieur de la barrique, ce qui donne au bois l’aspect d’une peau d’alligator. Ce procédé est très utilisé pour le vieillissement des whiskeys américains. L’application de cette méthode sur les barriques apportera forcément tout au long du vieillissement des notes différentes et intéressantes à ce scotch.
Ma dégustation :
Couleur : légèrement cuivrée
Nez : tourbe, fumée, agrumes (zeste), sucré
Goût : sucré, tourbe, fumée, épices
Finale : amère, tourbée, caramel, saline
D’une couleur légèrement cuivrée et ayant une texture qui m’apparaît moyennement sirupeuse, les coulisses apparaissant sur les parois du verre semblent similaires à celles laissées par le Supernova. De plus, ce scotch est assez foncé pour un Ardbeg comparativement à ceux déjà goûtés.
Les premiers parfums, tout en étant un peu timide, sont définitivement typiques d’Ardbeg, ceux qui vous accrochent automatiquement un sourire aux lèvres. La tourbe, une fumée légère et le bord de mer salin. Puis apparaissent soudainement les agrumes, le citron ou peut-être même le pamplemousse.
En bouche, ce qui me surprend de cet Ardbeg, c’est la pointe sucrée qui arrive en premier, laquelle est rapidement engourdie par la tourbe et la fumée d’un feu de camp. Le caramel brûlé, la vanille, la cannelle et la muscade prennent ensuite place au milieu de cette fanfare de saveurs. On perçoit également les tanins du bois sur la langue et les joues. Note intéressante, ces saveurs ressemblent à celles que l’on retrouve dans un Bourbon, mais sans le goûter. Cela provient sûrement des barriques neuves de chêne américain rudement carbonisées de l’intérieur.
Je n’ai pas encore parlé de la brûlure d’alcool? Elle est bien là et elle a du « mordant », elle fait partie de l’expérience, après tout, la bête a bien le droit de se défendre!!
La finale commence sur une note amère de torréfaction et un peu tourbée. Cette dernière est légèrement adoucie par le sucré d’un caramel. Par la suite, revient la fumée d’un feu de camp. La tourbe refait surface et vient se mêler à un salin océanique, tous deux perdurent pour plusieurs instants.
Ce scotch m’a jeté par terre, il est mystérieux et demande à être dégusté de nouveau. Avec cette édition très limitée, Ardbeg sort légèrement de sa zone de confort et c’est fort apprécié. Ces nouvelles saveurs sont bien intégrées aux saveurs typiques, ce qui donne une expérience des plus intéressante! Ce qui me surprend de l’Alligator, c’est que l’alcool y est plus perceptible ( avec « seulement » 52,1%) que le Supernova, qui lui, fait un solide 60,1%.
Merci Charles qui a réussi à mettre la main sur cette bouteille.
En bonus, voici une vidéo (en anglais) racontant une légende d’Islay…
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=WguBC9IlRfE]Ardbeg – Supernova SN2010 (# 19)
Nom : Ardbeg – Supernova (SN2010)
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 60,1%
Site web : http://www.ardbeg.com
Prix : ±115$ can (86€)
Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)
Description/historique :
Le « Ardbeg Supernova » est l’un des scotchs qui possède le plus haut taux phénolique (concentration du gout de tourbe-fumée), soit un peu plus de 100 ppm. Son principal rival est le « Bruichladdich Octomore » avec 130 ppm. Quand on pense qu’un scotch considéré comme étant très « peated », son taux phénolique est rarement au dessus de 50 ppm! On peut voir alors que ces deux monstres de la tourbe et de la fumée sont plutôt seuls au sommet de cette montagne.
Ma dégustation :
Couleur : Dorée très pâle, légèrement sirupeux
Nez : Fumée, sucrée, odeurs de noix-bois (oak), délicat
Goût : Tourbe, fumée, amer-sucré
Finale : Tourbée, un peu fumée, saline, très persistante
La couleur de ce whisky est d’un doré très pâle, quasiment comme de l’eau. Avec une telle couleur (tout comme son petit frère de 10 ans) on peut conclure qu’Ardbeg n’ajoute pas de caramel de coloration pour impressionner, il reste authentique et pur. Il est également légèrement sirupeux, mais par comparaison avec le 10 ans, je m’attendais à ce qu’il le soit un peu plus.
Au nez, une délicate odeur fumée et sucrée est au premier plan. Une tourbe légère se mélange ensuite au tout. Encore une fois c’est en toute timidité et en délicatesse, avec une légère perception de brûlure d’alcool. En arrière plan, encore un souvenir du 10 ans, cette odeur boisée de noix, j’irais peut-être en précisant le chêne, une « oakyness »?
En bouche, je suis scié en deux! En entrée de jeu, un sel marin est bien présent mais pour seulement une fraction de seconde. Il est immédiatement englouti par la tourbe et un peu de fumée et une chaleur, pas une brûlure, mais bien une chaleur réconfortante qui entre par la grande porte. Un bon feu de camp qui réchauffe l’âme. Vient ensuite une petite douceur qui a du mal à faire son chemin, un peu floral ou sucrée? Dure à dire avec tout ce « peat »! Cette douceur donne une sensation d’amertume ressemblant un peu à du zeste de pamplemousse. Avec l’ajout de quelques gouttes d’eau tout semble s’adoucir, mais sans s’ouvrir plus? Plutôt surprenant pour un scotch à 60,1%.
La finale est, elle aussi très tourbée avec une fumée un peu timide. Un sel marin revient finalement vers la fin de cette magnifique finale, laquelle persiste pour une longue et agréable soirée.
Pour terminer, ce whisky est très tourbé et fumé, mais suite à ce que j’avais entendu à son sujet, je m’attendais à un peu plus que ça mais c’est bien parfait ainsi. Trop ce serait comme pas assez, et ici, c’est juste parfait pour bien apprécier un bon Islay bien « peaty »!
Encore une fois, j’aimerais remercier mon bon ami Charles, qui, avec ses nombreux voyages et contacts, me permet de pouvoir apprécier d’excellents whiskies. Tout récemment, il a réussi à mettre la main sur une bouteille du prisé « Ardbeg – Alligator »! Dégustation à venir… du moins je l’espère!
Pour l’exercice et en guise de comparaison, à la fin, je me suis servi une demi-portion de mon Ardbeg 10 ans. Je vous suggère fortement d’en faire l’exercice… Une expérience plutôt enrichissante!








