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Laphroaig – Quarter Cask (# 39)


Nom : Laphroaig – Quarter Cask

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 48%

Site web : www.laphroaig.com

Prix : SAQ 65,50$

Disponibilité : SAQ #10999938

Le Laphroaig Quarter Cask est un scotch qui a passé la fin de sa maturation dans des fûts de chêne de plus petites tailles, soit l’équivalent, vous l’aurez deviné, du quart d’un tonneau standard. Ceci permet au liquide d’avoir un plus grand contact avec le bois dans dans la barrique, tout en accélérant le vieillissement. De plus, il est non filtré à froid, ce qui lui permet de conserver toutes ses saveurs ainsi que son authenticité.

La première édition du Quarter Cask fut lancée en 2004. Avec cette façon de faire, Laphroaig renoue avec une ancienne tradition datant du XIXe siècle. À cette époque, ces plus petits tonneaux facilitaient le transport à dos de cheval et assurément plus facile à cacher afin d’éviter les percepteurs de taxes!

Ma dégustation :

Couleur : Ambre pâle, reflets dorés

Nez : Tourbe, médicinal, citron, fumée

Goût : Tourbe, fumée, antiseptique, salin

Finale : tourbée, fumée, très persistante et saline

À la lumière, la couleur est d’un ambre assez pâle et le liquide laisse passer des reflets tirant sur le doré. Quelques instants après avoir fait tournoyer le liquide dans le verre, des coulisses fines et bien définies apparaissent sur les rebords du verre. Lentement elles redescendent au fond.

Au dessus du verre, on sent définitivement que c’est un bon Laphroaig! Tourbe puissante et odeur médicinale sont au premier plan avec une petite présence d’alcool. Mais une odeur légèrement sucrée perce définitivement cette puissante barrière olfactive. Le citron, ou plutôt l’huile de citron, celle que l’on retrouve dans les produits pour le bois (style savon Murphy’s). Puis finalement arrive la fumée, laquelle vient remettre le tout en place.

Dès l’entrée en bouche, on sent que c’est puissant, la brûlure d’alcool se fait sentir immédiatement. Par la suite, la tourbe, la fumée et le zeste de citron font leur apparition et prennent toute la place, et ce, pour un bon moment. Ensuite les saveurs médicinales bien typiques de Laphroaig (le fameux Listerine) se mélangent à une cannelle bien piquante et rugueuse. La présence des tanins du bois se font bien sentir et tapissent pleinement les joues et le palais. Progressivement, une amertume (citron-pamplemousse) et une légère touche océanique se réunissent pour nous transporter vers la finale.

La finale est toute en puissance et perdure pour de longs moments. La fumée revient accompagnée de la tourbe, qui maintenant semble légèrement sucrée. Tout en s’étirant, cette finale se remplie de notes océaniques et salines, lesquelles finissent par prendre le dessus.

Comme je l’ai déjà dit, avec Laphroaig, il faut avoir fait ses devoirs et être bien averti! Pour ceux qui désirent s’aventurer sur cette avenue plutôt à sens unique, ce Laphroaig Quarter Cask est vraiment un des meilleurs, sinon LE meilleur rapport qualité/prix.

Selon moi, pour un scotch d’Islay offrant toutes ces caractéristiques, à ±65$, c’est définitivement le « Best bang for your buck » !

Ardbeg – Uigeadail (# 37)

Nom : Ardbeg – Uigeadail

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 54,2%

Site web : www.ardbeg.com

Prix : 147,50$

Disponibilité : SAQ #11156318

L’Ardbeg Uigeadail prend son nom de la source dans laquelle la distillerie Ardbeg puise son eau depuis des décennies, le Loch Uigeadail. En gaélique, « loch » signifie « lac » ou « étendue d’eau ». Ce scotch serait un assemblage d’anciens fûts de bourbons et de sherry contenant du whisky de 10 ans, de 13 ans et d’autres plus anciens, datant des années soixante-dix.

Pour l’année 2009, l’Uigeadail fut couronné «  Best single malt » par Jim Murray, auteur de « The Whisky Bible »

Ma dégustation :

Couleur : ambre cuivrée foncée

Nez : tourbe sucrée et fruitée, fumée, nez discret

Goût : tourbe, agrumes, fumée, sucre brûlé.

Finale : tourbe, agrumes, espresso, saline-vineuse

L’Uigeadail est d’une couleur ambre assez foncée avec des reflets légèrement orangés. Sa texture est assez sirupeuse. Comparativement au Ardbeg Day, il est plus foncé mais sa texture semble légèrement moins dense, les coulisses redescendent plus rapidement au fond du verre.

Au nez, la tourbe sucrée et fruitée est au premier plan, mais c’est assez discret. Une fumée légère vient se joindre à une odeur de pain frais et du zeste d’agrumes. Dans cet Ardbeg, l’odeur de noisette que je note habituellement est légèrement moins présente. Après une quinzaine de minutes, les parfums s’ouvrent et sont plus présents.

Au goût, c’est beaucoup plus présent et franc, la tourbe est toujours au rendez-vous et elle se fait bien accompagnée par des saveurs d’agrumes sucrées, un peu comme une marmelade au porto. Arrive ensuite la chaleur de l’alcool, la fumée ainsi que les tanins sur la langue. Après cet ensemble débordant de complexité, on se prépare à la finale avec des notes de torréfaction et d’un sucré légèrement brûlé, lesquels tapissent la langue et le palais.

La finale est bien tourbée et fumée à souhait et l’amertume de l’espresso sucré-brûlé vient s’unir dans cette finale, laquelle est des plus agréables et s’étire sur de longs moments. Une pointe légèrement saline et vineuse fait son apparition après quelques instants.

Ce scotch est digne d’un bon Ardbeg. Tourbé, fumé, costaud, raffiné et complexe. Le nez est par contre un peu timide au début, mais les saveurs sont bien présentes et marquées. J’ai trouvé que les notes de sherry étaient moins au premier niveau mais plutôt en complément aux autres saveurs.

Un scotch très intéressant et quand même assez différent de l’Ardbeg Day. En les comparants, ils ont des caractéristiques similaires mais également des saveurs assez différentes. Les deux sont bien « Ardbeg », tourbé et fumé, costaud et franc. Comparativement à l’Ardbeg Day, l’Uigeadail est définitivement plus complexe et plus lustré.

Ardbeg Day (# 36)


Nom : Ardbeg Day

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 56,7%

Site web : www.ardbeg.com

Prix : 99,95$US

Disponibilité : Sherry-Lehmann (NYC)

La distillerie d’Ardbeg a fait du 2 juin 2012 le Jour Ardbeg (Ardbeg Day), une journée internationale où les amateurs du monde entier célébreront ensemble l’amour et la passion qu’ils ont pour leur distillerie préférée. Pour souligner l’événement, la distillerie a mis sur le marché un embouteillage édition limitée à ±12 000 bouteilles qui se nomme simplement « Ardbeg Day ». Y aura-t-il une nouvelle édition à chaque année? Nous le saurons sûrement le 2 juin 2013!

Les informations trouvées sur le net m’informent que ce serait fort probablement un assemblage de whiskies âgés de 8, 9 et 12 ans vieillis dans des fûts de Bourbon. Une fois l’assemblage fait, ce dernier aurait été « re-barriqué » dans d’anciens fûts de Sherry pour une période supplémentaire de 6 mois.

Ma dégustation :

Couleur : cuivrée pâle avec reflets rosés

Nez : tourbe, fumée, assez sucrée et floral, brûlure d’alcool.

Goût :tourbe, sucrée et épicée, chaud (alcool) et costaud.

Finale : Très longue, sucrée et vineuse.

La couleur cuivre assez pâle est accompagnée d’une légère teinte rosée. Le scotch donne une texture assez sirupeuse avec de belles coulisses sur les parois de la verrerie.

Au nez, c’est bien un Ardbeg, son odeur traditionnelle est bien présente. La tourbe et la fumée bien présentes se mélange cette fois à une odeur légèrement sucrée et florale, mais attention à la brûlure d’alcool. Soudainement, la cannelle passe en trombe et se transforme en une odeur bien connue de ma jeunesse, la gomme « Thrills », la gomme mauve au savon…assez spécial. L’odeur de noisette que je retrouve toujours (ou presque) dans les Ardbeg est encore une fois bien présente.

La tourbe qui entre en bouche avec vigueur est accompagnée d’un goût légèrement vineux et épicé. Ce scotch est chaud et très costaud, la fumée perse très légèrement la puissante barrière érigée par l’alcool. Une fois cette barrière brisée, les épices exotiques et les fruits confits (gâteau de Noël) accompagnent l’amertume d’un café espresso tout en nous amenant vers la finale.

La finale est longue, chaleureuse et enivrante. Maintenant que la brûlure d’alcool est rendue au fond de l’âme, les saveurs reprennent leur place. Bien tourbé et fumé, cette finale est également accompagnée de saveurs rappelant celles d’un porto tawny, de l’amertume d’un café espresso et du sucré des fruits confits. Le tout perdure un bon moment et un salin fait surface graduellement tout au long de cette finale.

Un très bon Ardbeg, l’aspect vineux et sucré apporté par les barriques de Sherry lui procure des notes très intéressantes et différentes des Ardbeg goûtés avant (à part peut-être l’Alligator). Complément d’information, j’ai lu quelque part que les barriques utilisées pour l’affinage (finishing) de cet Ardbeg Day seraient des barriques de Sherry de 2e remplissage ayant auparavant contenu de l’Uigeadail? Si c’est le cas, j’ai bien hâte de faire la dégustation de ce dernier. Ce sera justement ma prochaine fiche, quel hasard!

Lagavulin 12 ans « Cask strength » 2011 Limited Edition (# 29)

 

 Nom : Lagavulin 12 ans « Cask strength » 2011 LE 

Type : Scotch single malt 

Région : Islay, Écosse 

Taux d’alcool : 57,5% 

Site web : aucun 

Prix : 116,25$ 

Disponibilité : SAQ 10332893


Cette fois-ci, je vais déguster la version 12 ans du Lagavulin, mais pas une version standard, plutôt l’Édition Limitée « Natural Cask Strength » embouteillée en 2011.

Qu’est-ce que le « Cask strength »? En français, on pourrait traduire par « à la puissance du fût », c’est-à-dire tel qu’il était dans la barrique. En temps normal, le « Master distiller » sélectionne différentes barriques pour créer son assemblage dit « 12 ans » (ce qui correspond à l’âge du whisky le plus jeune de l’assemblage). Il va ensuite y ajouter de l’eau afin d’en réduire le pourcentage d’alcool à un taux désiré, majoritairement entre 40% et 46%. Dans le cas du « Cask strength », rien n’est ajouté au whisky, c’est la pleine puissance, tel qu’il se trouvait dans la barrique. Les taux sont rarement sous les 55% d’alcool et il faut souvent ajouter un peu d’eau afin d’en ouvrir les saveurs. Il faut également être prudent lors de sa consommation car la tête peut subitement se mettre à tourner!

Ma dégustation :

Couleur : dorée pâle avec reflets cuivrés, moyennement sirupeux

Nez : fumée, algues salées, tourbe, noisette

Goût : brûlure d’alcool, fumée, tourbe, océanique

Finale : fumée, tourbée, océanique

La couleur du Lagavulin 12 ans est d’un doré pâle avec des reflets légèrement cuivrés. En comparaison avec le Lagavulin 16 ans dégusté il y a quelques semaines, le 12 ans semble plus pâle. Côté texture, ça semble par contre similaire, moyennement sirupeuse et les jambes, encore une fois se dissipent rapidement tout en se transformant en petites gouttelettes sur les parois du verre.

Au nez, c’est assez présent et la brûlure d’alcool est légèrement perceptible. La fumée, très abondante est accompagnée d’odeurs salines et océaniques. En comparaison avec le 16 ans, la tourbe est un peu plus discrète. Également un parfum légèrement sucré et « nutty » (noisette) est présent.

Dès l’entrée en bouche, l’alcool frappe fort! La fumée prend le contrôle et la tourbe est de retour à son poste. Un salin maritime et une certaine amertume s’installent et se mélangent avec un léger boisé-épicé. Les tanins du bois se font légèrement ressentir sur la langue. En y ajoutant un peu d’eau c’est beaucoup plus docile. Un caramel sucré et vanillé se marie maintenant avec la fumée. La brûlure d’alcool est également diminuée de beaucoup.

La finale est très Lagavulin, persistante, fumée, tourbée et très océanique et l’amertume perdure tout aussi longtemps. Avec l’ajout d’eau, la finale est légèrement plus sucrée et l’amertume beaucoup moins présente, voir pratiquement disparue.

Personnellement, j’ajoute rarement de l’eau à mes whiskies. Je préfère les déguster plein de force et de vigueur, même pour les « cask sterngth ». Il est arrivé à quelques occasions où c’était absolument nécessaire, je pense au Bourbon Booker’s avec ses 63,4% d’alcool! Ce Lagavulin 12 ans est un « cask strength » qui, selon moi, nécessite aussi une certaine quantité d’eau afin d’en libérer ses vraies saveurs. En fait en y ajoutant de l’eau, il semble se rapprocher un peu plus du 16 ans mais sans avoir toute sa complexité.

Une petite réflexion toute personnelle : À quoi bon payer la bouteille 10$ de plus pour ensuite devoir y ajouter de l’eau?

Lagavulin – 16 ans (# 27)


Nom : Lagavulin 16 ans

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 43%

Site web : aucun

Prix : 106,75$

Disponibilité : SAQ 00207126

La distillerie Lagavulin est située sur la côte sud de l’île d’Islay tout près de deux autres distilleries de renom soit Ardbeg et Laphroaig. Elle fut officiellement fondée en 1816 suite à la fusion de deux distilleries, l’une appartenant à John Jonston et l’autre à Archibald Campbell. Elle appartient maintenant au géant Diageo.

Pour moi, Lagavulin, c’est là où tout a commencé. Mon père aimait beaucoup le whisky, il faut croire que la pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre. Un jour, mon frère et moi avons offert un beau cadeau à notre père, une bouteille de Lagavulin 16 ans. Voulant partager sa joie, il tenait absolument à nous le faire goûter. Boom! Ce fut le coup de foudre! Depuis ce jour, les whiskies en général et plus particulièrement les scotchs en provenance d’Islay sont définitivement mes préférés!

Ma dégustation :

Couleur : Cuivré assez foncé, reflets orangés, moyennement sirupeux

Nez : Nez discret de fumée, de tourbe, sel maritime, noisette

Goût : fumée et tourbe, épices, caramel brûlé

Finale : Fumée, tourbée, saline

La couleur de ce whisky est assez foncée et offre des reflets d’un orangé ardent. La texture semble être moyennement sirupeuse car les jambes laissées sur les parois du verre se dissipent rapidement et se transforment en gouttes après quelques instants.

Au nez, c’est discret mais en même temps complexe. Fumée et tourbe se croisent au milieu d’une odeur maritime plaisante. Un parfum sucré qui se mélange subtilement à une odeur de noix, ou plutôt de noisettes grillées tentent tous deux de prendre leur place à l’arrière scène.

En bouche c’est pas mal moins discret! Dès l’entrée en bouche, la tourbe arrive en trombe avec une bouffée de fumée! Cette bousculade de saveurs laisse ensuite place à des traces épicées et légèrement sucrées, un peu comme un caramel qui aurait légèrement brûlé. On peut également ressentir les tanins du bois sur le palais et à l’intérieur des joues. Le salin fait ensuite son entrée pour nous accompagner vers la finale.

La finale est quand même assez persistante. Elle est très fumée, tourbée et également salée et océanique. Une amertume de torréfaction (espresso) prend également une petite place dans cette finale magnifique!

Un scotch qui selon moi est un icône représentatif de l’île d’Islay. La majorité des caractéristiques typiques de l’île mythique y sont. Fumée, tourbe, notes salines et océaniques sont présentes et toutes magnifiquement bien équilibrées.

Tout au long de cette dégustation, pleins de souvenirs ont jailli dans mon esprit. Tout en me remémorant ces excellents moments, je me suis rendu compte d’un fait : depuis ce jour magique avec mon père et mon frère où l’étincelle de la passion du whisky jaillit en moi, je n’avais jamais eu la chance de goûter à nouveau à ce magnifique scotch! Un achat en devenir?…à moins que je penche pour le Distiller’s Edition?

Oh! et en terminant,

Merci papa! Sláinte!

Laphroaig – 18 ans (# 23)

 

Nom : Laphroaig – 18 ans

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 48%

Site web : www.laphroaig.com

Prix : SAQ 156$ (payé 99$US Virginia, USA)

Disponibilité : SAQ #11484979

 

Laphroaig est sans aucun doute l’une des distilleries les plus connues d’Islay. Cette île d’Écosse est réputée pour offrir des scotchs uniques, très tourbés, fumés et iodés. Ces saveurs sont toutes présentes dans les scotchs offerts par Laphroaig. En bonus, on retrouve dans leurs scotchs des notes médicinales plutôt uniques à Laphroaig, ce qui en fait en quelque sorte leur « signature » typique.

Depuis 2009, le Laphroaig 18 ans remplace le « légendaire » 15 ans, que je n’ai jamais eu la chance de goûter.

J’ai relu mes notes de dégustation du 10 ans (que vous pouvez retrouver ICI) et voyons maintenant ce que ces 8 années de plus en barriques peuvent apporter.

Ma dégustation :

Couleur : Ambre pâle, tirant sur un léger cuivre

Nez : fumée, floral, tourbé, boisé

Goût : Tourbe, fumée, miel

Finale : Tourbe, fumée, tanins, très persistante

La couleur ambre est pâle et les reflets sont plutôt cuivrés (le 10 ans est plutôt doré). Il est assez sirupeux et laisse des coulisses sur le rebord du verre mais elles ne demeurent pas en place bien longtemps.

Au nez, c’est assez présent mais tout en douceur. En toute délicatesse une fumée se mélange avec des notes florales et tourbées. On discerne également une odeur un peu sucrée et boisée. On sent déjà que les années supplémentaires passées en barriques ont assagi les notes plus robustes que l’on retrouve dans le 10 ans. Aussi, les notes médicinales habituelles de Laphroaig ne sont pas vraiment perceptibles au nez.

En bouche, simplement magnifique! Complexe et puissant mais sans être agressif. Les saveurs de tourbe et de fumée se mélangent à des notes un peu florales et sucrées. Une touche légèrement sucrée plutôt mielleuse tente de prendre sa place à côté des notes boisées et épicées. La sensation d’alcool est peu perceptible (48%). Une légère amertume prend place en début de finale. En ajoutant un peu d’eau, les notes de tourbe, de miel et les saveurs florales prennent encore plus de place. C’est la première fois que j’ajoute de l’eau et que je vois une aussi grande différence dans les saveurs.

Pour la finale, la tourbe, la fumée et les tanins du bois accompagnent une belle amertume qui perdure pour de longs et mémorables instants. Les notes médicinales et salines tardent à venir mais semblent timidement vouloir s’installer tout au long de la finale. Plus elle s’étire, plus le salin prend le dessus.

Finalement, je peux constater que ces huit années supplémentaires lui ont permis de se raffiner et de se complexifier. Il passe de fougueux et robuste à racé et complexe.

J’ai toujours aimé les scotchs de Laphroaig, c’est un peu ma distillerie chouchou. Le 10 ans et le Quarter Cask m’ont toujours emballé et j’ai maintenant toujours une bouteille de l’un ou l’autre à la maison. Mais là, je dois avouer qu’avec ce 18 ans, Laphroaig vient de gagner sa place de choix au sommet de mes distilleries favorites. À 156$ à la SAQ c’est un peu cher mais je dois admettre que c’est (pour moi) un bon investissement. À 99$US et avec le Dollars Canadien à ±1,05$, au moment de l’achat , comme on dit en anglais, c’est un « no-brainer »…

Ardbeg – Alligator (# 21)

 

Nom : Ardbeg  Alligator

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 51,2%

Site web : www.ardbeg.com

Prix : ±98$ can (75€)

Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)

 

L’« Alligator » est l’embouteillage à édition limitée d’Ardbeg pour 2011, lequel serait limité à environ 5760 bouteilles. Pour cette édition, Ardbeg a utilisé des barriques neuves de chêne américain et on y a appliqué la technique « Alligator Charring ». Le terme « Alligator » correspond à une technique de préparation des barriques. Cette technique consiste en une carbonisation (charring) à l’extrême de l’intérieur de la barrique, ce qui donne au bois l’aspect d’une peau d’alligator. Ce procédé est très utilisé pour le vieillissement des whiskeys américains. L’application de cette méthode sur les barriques apportera forcément tout au long du vieillissement des notes différentes et intéressantes à ce scotch.

Ma dégustation :

Couleur : légèrement cuivrée

Nez : tourbe, fumée, agrumes (zeste), sucré

Goût : sucré, tourbe, fumée, épices

Finale : amère, tourbée, caramel, saline

D’une couleur légèrement cuivrée et ayant une texture qui m’apparaît moyennement sirupeuse, les coulisses apparaissant sur les parois du verre semblent similaires à celles laissées par le Supernova. De plus, ce scotch est assez foncé pour un Ardbeg comparativement à ceux déjà goûtés.

Les premiers parfums, tout en étant un peu timide, sont définitivement typiques d’Ardbeg, ceux qui vous accrochent automatiquement un sourire aux lèvres. La tourbe, une fumée légère et le bord de mer salin. Puis apparaissent soudainement les agrumes, le citron ou peut-être même le pamplemousse.

En bouche, ce qui me surprend de cet Ardbeg, c’est la pointe sucrée qui arrive en premier, laquelle est rapidement engourdie par la tourbe et la fumée d’un feu de camp. Le caramel brûlé, la vanille, la cannelle et la muscade prennent ensuite place au milieu de cette fanfare de saveurs. On perçoit également les tanins du bois sur la langue et les joues. Note intéressante, ces saveurs ressemblent à celles que l’on retrouve dans un Bourbon, mais sans le goûter. Cela provient sûrement des barriques neuves de chêne américain rudement carbonisées de l’intérieur.

Je n’ai pas encore parlé de la brûlure d’alcool? Elle est bien là et elle a du « mordant », elle fait partie de l’expérience, après tout, la bête a bien le droit de se défendre!!

La finale commence sur une note amère de torréfaction et un peu tourbée. Cette dernière est légèrement adoucie par le sucré d’un caramel. Par la suite, revient la fumée d’un feu de camp. La tourbe refait surface et vient se mêler à un salin océanique, tous deux perdurent pour plusieurs instants.

Ce scotch m’a jeté par terre, il est mystérieux et demande à être dégusté de nouveau. Avec cette édition très limitée, Ardbeg sort légèrement de sa zone de confort et c’est fort apprécié. Ces nouvelles saveurs sont bien intégrées aux saveurs typiques, ce qui donne une expérience des plus intéressante! Ce qui me surprend de l’Alligator, c’est que l’alcool y est plus perceptible ( avec « seulement » 52,1%) que le Supernova, qui lui, fait un solide 60,1%.

Merci Charles qui a réussi à mettre la main sur cette bouteille.

En bonus, voici une vidéo (en anglais) racontant une légende d’Islay…

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=WguBC9IlRfE]