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Lagavulin – 16 ans (# 27)


Nom : Lagavulin 16 ans

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 43%

Site web : aucun

Prix : 106,75$

Disponibilité : SAQ 00207126

La distillerie Lagavulin est située sur la côte sud de l’île d’Islay tout près de deux autres distilleries de renom soit Ardbeg et Laphroaig. Elle fut officiellement fondée en 1816 suite à la fusion de deux distilleries, l’une appartenant à John Jonston et l’autre à Archibald Campbell. Elle appartient maintenant au géant Diageo.

Pour moi, Lagavulin, c’est là où tout a commencé. Mon père aimait beaucoup le whisky, il faut croire que la pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre. Un jour, mon frère et moi avons offert un beau cadeau à notre père, une bouteille de Lagavulin 16 ans. Voulant partager sa joie, il tenait absolument à nous le faire goûter. Boom! Ce fut le coup de foudre! Depuis ce jour, les whiskies en général et plus particulièrement les scotchs en provenance d’Islay sont définitivement mes préférés!

Ma dégustation :

Couleur : Cuivré assez foncé, reflets orangés, moyennement sirupeux

Nez : Nez discret de fumée, de tourbe, sel maritime, noisette

Goût : fumée et tourbe, épices, caramel brûlé

Finale : Fumée, tourbée, saline

La couleur de ce whisky est assez foncée et offre des reflets d’un orangé ardent. La texture semble être moyennement sirupeuse car les jambes laissées sur les parois du verre se dissipent rapidement et se transforment en gouttes après quelques instants.

Au nez, c’est discret mais en même temps complexe. Fumée et tourbe se croisent au milieu d’une odeur maritime plaisante. Un parfum sucré qui se mélange subtilement à une odeur de noix, ou plutôt de noisettes grillées tentent tous deux de prendre leur place à l’arrière scène.

En bouche c’est pas mal moins discret! Dès l’entrée en bouche, la tourbe arrive en trombe avec une bouffée de fumée! Cette bousculade de saveurs laisse ensuite place à des traces épicées et légèrement sucrées, un peu comme un caramel qui aurait légèrement brûlé. On peut également ressentir les tanins du bois sur le palais et à l’intérieur des joues. Le salin fait ensuite son entrée pour nous accompagner vers la finale.

La finale est quand même assez persistante. Elle est très fumée, tourbée et également salée et océanique. Une amertume de torréfaction (espresso) prend également une petite place dans cette finale magnifique!

Un scotch qui selon moi est un icône représentatif de l’île d’Islay. La majorité des caractéristiques typiques de l’île mythique y sont. Fumée, tourbe, notes salines et océaniques sont présentes et toutes magnifiquement bien équilibrées.

Tout au long de cette dégustation, pleins de souvenirs ont jailli dans mon esprit. Tout en me remémorant ces excellents moments, je me suis rendu compte d’un fait : depuis ce jour magique avec mon père et mon frère où l’étincelle de la passion du whisky jaillit en moi, je n’avais jamais eu la chance de goûter à nouveau à ce magnifique scotch! Un achat en devenir?…à moins que je penche pour le Distiller’s Edition?

Oh! et en terminant,

Merci papa! Sláinte!

Laphroaig – 18 ans (# 23)

 

Nom : Laphroaig – 18 ans

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 48%

Site web : www.laphroaig.com

Prix : SAQ 156$ (payé 99$US Virginia, USA)

Disponibilité : SAQ #11484979

 

Laphroaig est sans aucun doute l’une des distilleries les plus connues d’Islay. Cette île d’Écosse est réputée pour offrir des scotchs uniques, très tourbés, fumés et iodés. Ces saveurs sont toutes présentes dans les scotchs offerts par Laphroaig. En bonus, on retrouve dans leurs scotchs des notes médicinales plutôt uniques à Laphroaig, ce qui en fait en quelque sorte leur « signature » typique.

Depuis 2009, le Laphroaig 18 ans remplace le « légendaire » 15 ans, que je n’ai jamais eu la chance de goûter.

J’ai relu mes notes de dégustation du 10 ans (que vous pouvez retrouver ICI) et voyons maintenant ce que ces 8 années de plus en barriques peuvent apporter.

Ma dégustation :

Couleur : Ambre pâle, tirant sur un léger cuivre

Nez : fumée, floral, tourbé, boisé

Goût : Tourbe, fumée, miel

Finale : Tourbe, fumée, tanins, très persistante

La couleur ambre est pâle et les reflets sont plutôt cuivrés (le 10 ans est plutôt doré). Il est assez sirupeux et laisse des coulisses sur le rebord du verre mais elles ne demeurent pas en place bien longtemps.

Au nez, c’est assez présent mais tout en douceur. En toute délicatesse une fumée se mélange avec des notes florales et tourbées. On discerne également une odeur un peu sucrée et boisée. On sent déjà que les années supplémentaires passées en barriques ont assagi les notes plus robustes que l’on retrouve dans le 10 ans. Aussi, les notes médicinales habituelles de Laphroaig ne sont pas vraiment perceptibles au nez.

En bouche, simplement magnifique! Complexe et puissant mais sans être agressif. Les saveurs de tourbe et de fumée se mélangent à des notes un peu florales et sucrées. Une touche légèrement sucrée plutôt mielleuse tente de prendre sa place à côté des notes boisées et épicées. La sensation d’alcool est peu perceptible (48%). Une légère amertume prend place en début de finale. En ajoutant un peu d’eau, les notes de tourbe, de miel et les saveurs florales prennent encore plus de place. C’est la première fois que j’ajoute de l’eau et que je vois une aussi grande différence dans les saveurs.

Pour la finale, la tourbe, la fumée et les tanins du bois accompagnent une belle amertume qui perdure pour de longs et mémorables instants. Les notes médicinales et salines tardent à venir mais semblent timidement vouloir s’installer tout au long de la finale. Plus elle s’étire, plus le salin prend le dessus.

Finalement, je peux constater que ces huit années supplémentaires lui ont permis de se raffiner et de se complexifier. Il passe de fougueux et robuste à racé et complexe.

J’ai toujours aimé les scotchs de Laphroaig, c’est un peu ma distillerie chouchou. Le 10 ans et le Quarter Cask m’ont toujours emballé et j’ai maintenant toujours une bouteille de l’un ou l’autre à la maison. Mais là, je dois avouer qu’avec ce 18 ans, Laphroaig vient de gagner sa place de choix au sommet de mes distilleries favorites. À 156$ à la SAQ c’est un peu cher mais je dois admettre que c’est (pour moi) un bon investissement. À 99$US et avec le Dollars Canadien à ±1,05$, au moment de l’achat , comme on dit en anglais, c’est un « no-brainer »…

Ardbeg – Alligator (# 21)

 

Nom : Ardbeg  Alligator

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 51,2%

Site web : www.ardbeg.com

Prix : ±98$ can (75€)

Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)

 

L’« Alligator » est l’embouteillage à édition limitée d’Ardbeg pour 2011, lequel serait limité à environ 5760 bouteilles. Pour cette édition, Ardbeg a utilisé des barriques neuves de chêne américain et on y a appliqué la technique « Alligator Charring ». Le terme « Alligator » correspond à une technique de préparation des barriques. Cette technique consiste en une carbonisation (charring) à l’extrême de l’intérieur de la barrique, ce qui donne au bois l’aspect d’une peau d’alligator. Ce procédé est très utilisé pour le vieillissement des whiskeys américains. L’application de cette méthode sur les barriques apportera forcément tout au long du vieillissement des notes différentes et intéressantes à ce scotch.

Ma dégustation :

Couleur : légèrement cuivrée

Nez : tourbe, fumée, agrumes (zeste), sucré

Goût : sucré, tourbe, fumée, épices

Finale : amère, tourbée, caramel, saline

D’une couleur légèrement cuivrée et ayant une texture qui m’apparaît moyennement sirupeuse, les coulisses apparaissant sur les parois du verre semblent similaires à celles laissées par le Supernova. De plus, ce scotch est assez foncé pour un Ardbeg comparativement à ceux déjà goûtés.

Les premiers parfums, tout en étant un peu timide, sont définitivement typiques d’Ardbeg, ceux qui vous accrochent automatiquement un sourire aux lèvres. La tourbe, une fumée légère et le bord de mer salin. Puis apparaissent soudainement les agrumes, le citron ou peut-être même le pamplemousse.

En bouche, ce qui me surprend de cet Ardbeg, c’est la pointe sucrée qui arrive en premier, laquelle est rapidement engourdie par la tourbe et la fumée d’un feu de camp. Le caramel brûlé, la vanille, la cannelle et la muscade prennent ensuite place au milieu de cette fanfare de saveurs. On perçoit également les tanins du bois sur la langue et les joues. Note intéressante, ces saveurs ressemblent à celles que l’on retrouve dans un Bourbon, mais sans le goûter. Cela provient sûrement des barriques neuves de chêne américain rudement carbonisées de l’intérieur.

Je n’ai pas encore parlé de la brûlure d’alcool? Elle est bien là et elle a du « mordant », elle fait partie de l’expérience, après tout, la bête a bien le droit de se défendre!!

La finale commence sur une note amère de torréfaction et un peu tourbée. Cette dernière est légèrement adoucie par le sucré d’un caramel. Par la suite, revient la fumée d’un feu de camp. La tourbe refait surface et vient se mêler à un salin océanique, tous deux perdurent pour plusieurs instants.

Ce scotch m’a jeté par terre, il est mystérieux et demande à être dégusté de nouveau. Avec cette édition très limitée, Ardbeg sort légèrement de sa zone de confort et c’est fort apprécié. Ces nouvelles saveurs sont bien intégrées aux saveurs typiques, ce qui donne une expérience des plus intéressante! Ce qui me surprend de l’Alligator, c’est que l’alcool y est plus perceptible ( avec « seulement » 52,1%) que le Supernova, qui lui, fait un solide 60,1%.

Merci Charles qui a réussi à mettre la main sur cette bouteille.

En bonus, voici une vidéo (en anglais) racontant une légende d’Islay…

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=WguBC9IlRfE]

Ardbeg – Supernova SN2010 (# 19)

 

Nom : Ardbeg – Supernova (SN2010)

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 60,1%

Site web : http://www.ardbeg.com

Prix : ±115$ can (86€)

Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)

 

Description/historique :

Le « Ardbeg Supernova » est l’un des scotchs qui possède le plus haut taux phénolique (concentration du gout de tourbe-fumée), soit un peu plus de 100 ppm. Son principal rival est le « Bruichladdich Octomore » avec 130 ppm. Quand on pense qu’un scotch considéré comme étant très « peated », son taux phénolique est rarement au dessus de 50 ppm! On peut voir alors que ces deux monstres de la tourbe et de la fumée sont plutôt seuls au sommet de cette montagne.

Ma dégustation :

Couleur : Dorée très pâle, légèrement sirupeux

Nez : Fumée, sucrée, odeurs de noix-bois (oak), délicat

Goût : Tourbe, fumée, amer-sucré

Finale : Tourbée, un peu fumée, saline, très persistante


La couleur de ce whisky est d’un doré très pâle, quasiment comme de l’eau.  Avec une telle couleur (tout comme son petit frère de 10 ans) on peut conclure qu’Ardbeg n’ajoute pas de caramel de coloration pour impressionner, il reste authentique et pur. Il est également légèrement sirupeux, mais par comparaison avec le 10 ans, je m’attendais à ce qu’il le soit un peu plus.

Au nez, une délicate odeur fumée et sucrée est au premier plan. Une tourbe légère se mélange ensuite au tout. Encore une fois c’est en toute timidité et en délicatesse, avec une légère perception de brûlure d’alcool. En arrière plan, encore un souvenir du 10 ans, cette odeur boisée de noix, j’irais peut-être en précisant le chêne, une « oakyness »?

En bouche, je suis scié en deux! En entrée de jeu, un sel marin est bien présent mais pour seulement une fraction de seconde. Il est immédiatement englouti par la tourbe et un peu de fumée et une chaleur, pas une brûlure, mais bien une chaleur réconfortante qui entre par la grande porte. Un bon feu de camp qui réchauffe l’âme. Vient ensuite une petite douceur qui a du mal à faire son chemin, un peu floral ou sucrée? Dure à dire avec tout ce « peat »! Cette douceur donne une sensation d’amertume ressemblant un peu à du zeste de pamplemousse. Avec l’ajout de quelques gouttes d’eau tout semble s’adoucir, mais sans s’ouvrir plus? Plutôt surprenant pour un scotch à 60,1%.

La finale est, elle aussi très tourbée avec une fumée un peu timide. Un sel marin revient finalement vers la fin de cette magnifique finale, laquelle persiste pour une longue et agréable soirée.

Pour terminer, ce whisky est très tourbé et fumé, mais suite à ce que j’avais entendu à son sujet, je m’attendais à un peu plus que ça mais c’est bien parfait ainsi. Trop ce serait comme pas assez, et ici, c’est juste parfait pour bien apprécier un bon Islay bien « peaty »!

Encore une fois, j’aimerais remercier mon bon ami Charles, qui, avec ses nombreux voyages et contacts, me permet de pouvoir apprécier d’excellents whiskies. Tout récemment, il a réussi à mettre la main sur une bouteille du prisé « Ardbeg – Alligator »! Dégustation à venir… du moins je l’espère!

Pour l’exercice et en guise de comparaison, à la fin, je me suis servi une demi-portion de mon Ardbeg 10 ans. Je vous suggère fortement d’en faire l’exercice… Une expérience plutôt enrichissante!

Laphroaig – 10 ans (# 18)

 

018 F Laphroaig 10 ansNom : Laphroaig – 10 ans

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 43%

Site web : www.laphroaig.com

Prix : SAQ 79,75$ (payé 42,99$US dans le Maine, USA)

Disponibilité : SAQ #11534876

La distillerie de Laphroaig (prononcé « La-froigk ») est située dans le sud de l’île d’Islay, entre celle de Lagavulin et de la mythique Port Elen (inactive à ce jour) et tout près d’Ardbeg.  Elle fut fondée en 1815 par les frères Alexander et Donald Johnston.  Originalement, les plans des deux frères étaient d’en faire une ferme!  Heureusement pour les amateurs de scotch d’Islay, alors qu’en 1926, leur premier embouteillage officiel eut lieu.  Depuis ce temps, tout comme ses proches voisins, Laphroaig offre des scotchs au style très tourbé, fumé, maritimes et avec en prime certaines notes  médicinales plutôt particulières.

Ah! Laphroaig, comment dire? Humm? L’une de mes distilleries préférées, je dirais même ma préférée!  Oups, ce sera un peu difficile de rester objectif!  Allez, essayons…

Ma dégustation :

Couleur : Ambre plutôt pâle, tirant sur le doré

Nez : Tourbe, fumée, médicinal

Goût : Tourbe, fumée, antiseptique, salin

Finale : amère, tourbée, très persistante

La couleur ambre est plutôt pâle, tirant plutôt sur le doré.  Le whisky est moyennement sirupeux et laisse des coulisses vagues sur le rebord du verre.

Au nez, c’est assez puissant, en laissant reposer le verre quelques minutes, on sent les odeurs se répandre dans la pièce!  Des odeurs de tourbe légèrement fumée accompagnent des notes un peu médicinales.  Assez discrètement, un petit côté maritime se marie avec une fine pointe épicée de cannelle.

En bouche, c’est puissant, mais pas autant que le nez le laissait paraître.  Des saveurs de tourbe, de fumée et d’antiseptique (le Listerine jaune) sont toutes présentes et bien en force.  La sensation l’alcool est peu présente et c’est plutôt les saveurs médicinales qui nous laissent croire en un taux d’alcool un peu plus fort que 43%.  Une amertume se fait percevoir en début de finale.

Un petit sucré fait son apparition en tout début de finale mais qui est rapidement remplacé par la tourbe et le salin océanique typique au scotch d’Islay. Cette finale est interminable! Sans blague, elle perdure presque jusqu’au lendemain matin… Wow!

Comme pour le Ardbeg, il faut déjà avoir marché sur les sentiers aventureux d’Islay pour l’apprécier pleinement.  Si c’est une première visite, on risque de s’égarer et malheureusement de ne plus retrouver son chemin vers Islay!

J’avais goûté ce Laphroaig pour la première fois il y a une dizaine d’année et j’avais été bien triste d’apprendre qu’il n’était plus disponible à la SAQ.  Quelques années plus tard, il a été remplacé par le Quarter Cask (un autre excellent Laphroaig).  Cet été, lors d’un passage aux États-Unis, je me suis dis pourquoi ne pas renouer avec un de mes premiers amours, ce 10 ans.  Vous constatez que je n’ai aucun regret.  Amateurs d’Islay, une bonne nouvelle pour vous, depuis cet automne il est de retour sur les tablettes de la SAQ!

Bowmore – 16 ans Bordeaux cask finish (# 17)

Crédit Photo: Québec Whisky
Nom : Bowmore – 16 ans Bordeaux cask finish

Type : Scotch single malt (cask strength)

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 53,5%

Site web : www.bowmore.com

Prix : 126$

Disponibilité : SAQ #11064739

 

 

Petite histoire :

Ce Bowmore âgé de 16 ansfait partie d’une série spéciale de « cask finish ». Celui-ci est fini dans des barriques ayant contenu du vin de Bordeaux (les autres éditions étant Bourbon, Oloroso et Porto). Il a été distillé en 1992 puis mis en barriques de Bourbon pour une durée de six ans. Ensuite, le 20 novembre 1998 il fut transféré dans des fûts ayant contenu du vin de Bordeaux pour un autre dix ans. En Juillet 2008, ayant atteint son apogée, il fut alors embouteillé à la « puissance du fût », non altéré de 53,5%.

Ma dégustation :

Couleur : ambre foncé, reflets cuivrés

Nez : Fumée légère, fruits rouges (cerises, framboises), butterscotch

Goût : Sucré et légèrement tourbé, boisé, vin (complexe)

Finale : Caramel, fumée, saline, tourbe persistante

De couleur ambre plutôt foncé avec de beaux reflets cuivrés. Ce scotch est également assez sirupeux tout en laissant de belles « jambes » sur les rebords du verre.

Au nez, l’odeur d’une fumée légère entre en jeu avec celle des petits fruits rouges comme la cerise mure et la framboise. Le butterscotch et un petit bord de mer légèrement salin font leur apparition à l’arrière plan.

L’entrée en bouche est plutôt sucrée mais est vite bousculée par la tourbe et la fumée qui, malgré leur délicatesse prennent maintenant toute la place. Puis le boisé et ses tanins se joignent à cette danse plutôt complexe. Ce petit boisé (oaky) est accompagné d’une sensation de vin, je dirais plutôt de porto tawny (un peu caramel). Toutes ces saveurs semblent bien balancées. Aussi, malgré ses 53,5% d’alcool, la brûlure est quand même très minime.

La finale persiste pour l’éternité!, enfin presque. Le porto-caramel se mélange avec la fumée et la tourbe, cette dernière revient avec un salin maintenant très perceptible.

Un scotch single malt tout de même très complexe pour mon palais si peu expérimenté. Un apprentissage très enrichissant et plaisant. J’avais ce scotch depuis un certain temps sans l’avoir vraiment dégusté à fond! Maintenant que c’est fait, je constate qu’il est bien dommage qu’il m’en reste à peine pour un service!

Caol Ila 1999 – Signatory Vintage (# 14)

 

Nom : Signatory Vintage – Caol Ila 1999

Type : Single Malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 46%

Site web : aucun

Prix : 69,95$US

Disponibilité : www.sherry-lehmann.com, NYC

 

 

Petite histoire :

La distillerie de Caol Ila (prononcer « kul-eela », qui se traduirait par « le son d’Islay »), est située du côté Nord-est de l’île d’Islay, directement devant le détroit séparant les îles d’Islay et de Jura. Elle a été construite en 1846 par Hector Henderson. Quant à Signatory Vintage, c’est l’un des premiers embouteilleurs indépendants d’Écosse. La compagnie fut fondée par Andrew et Brian Symington en 1988. Elle possède maintenant sa propre usine d’embouteillage à Newhaven près d’Édimbourg. Elle serait la deuxième en importance dans le monde.

Le scotch de cette dégustation est un embouteillage faisant partie de leur « un-chillfiltered Collection ». Cette collection offre également des embouteillages provenant des distilleries de Laphroaig, Highland Park, Glenrothes, et Cargganmore, pour ne nommer que ceux là. Ce scotch est un embouteillage dit « single cask », ou « single barrel », c’est-à-dire que le contenu de la bouteille provient d’une seule barrique. Cette bouteille (#232 de 401) provient de la barrique numéro 3/1073. L’étiquette indique que ce scotch a été distillé le 22 novembre 1999 et mis en bouteille le 22 septembre 2010, ce qui lui donnerait un âge un peu inférieur à 11 ans.

Ma dégustation :

Couleur : Jaune très pâle, particules en suspension

Nez : Fumée et tourbe légère, pain fraîchement sorti du four, agrumes

Goût : Tourbé, fumé, salin, bord de mer, épices

Finale : Saline, tourbe revient, longue et persistante

Ce scotch est de couleur dorée très pâle, un peu comme un jaune Chardonnay. L’étiquette fait mention qu’aucun colorant n’y a été ajouté, c’est donc sa couleur naturelle. Il est également non filtré à froid (un-chillfiltered) et on peut effectivement y apercevoir quelques petites particules en suspension. Si placé dans un endroit assez frais ou de l’eau froide y soit ajoutée, il pourrait devenir trouble.

Au nez, fumée et tourbe, les deux tout en douceur. La fumée semble à peine plus dominante. Ensuite une nouvelle odeur jamais rencontrée à ce jour, celle du pain ou plutôt la mie fraîchement sortie du four, encore fumante. Serait-ce l’odeur que plusieurs attribuent la levure (yeast)? Puis finalement, loin à l’arrière plan, un petit sucré-acidulé de zeste d’agrumes, mais vraiment en toute finesse.

En bouche, c’est un bon mélange assez équilibré de tourbe et de fumée qui arrive en trombe. Par la suite, arrive le bord de la mer, les algues, le salin et l’iode. En début de finale une petite note épicée se fait sentir sur la langue, un peu poivrée, ou plutôt de poivre de Jamaïque (allspice)? À confirmer!

En finale c’est encore tourbé et assez salin. La sensation saline perdurera plusieurs minutes après la dernière gorgée. La fumée se fait plutôt timide en finale.

Somme toute, un très bon scotch d’Islay, bien équilibré, et avec quelques saveurs particulières qui donne simplement le goût d’en reprendre un autre verre… Ah, mais j’oubliais, c’est la bouteille d’un bon ami et je dois rester raisonnable !