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Laphroaig – 10 ans (# 18)
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : www.laphroaig.com
Prix : SAQ 79,75$ (payé 42,99$US dans le Maine, USA)
Disponibilité : SAQ #11534876
La distillerie de Laphroaig (prononcé « La-froigk ») est située dans le sud de l’île d’Islay, entre celle de Lagavulin et de la mythique Port Elen (inactive à ce jour) et tout près d’Ardbeg. Elle fut fondée en 1815 par les frères Alexander et Donald Johnston. Originalement, les plans des deux frères étaient d’en faire une ferme! Heureusement pour les amateurs de scotch d’Islay, alors qu’en 1926, leur premier embouteillage officiel eut lieu. Depuis ce temps, tout comme ses proches voisins, Laphroaig offre des scotchs au style très tourbé, fumé, maritimes et avec en prime certaines notes médicinales plutôt particulières.
Ah! Laphroaig, comment dire? Humm? L’une de mes distilleries préférées, je dirais même ma préférée! Oups, ce sera un peu difficile de rester objectif! Allez, essayons…
Ma dégustation :
Couleur : Ambre plutôt pâle, tirant sur le doré
Nez : Tourbe, fumée, médicinal
Goût : Tourbe, fumée, antiseptique, salin
Finale : amère, tourbée, très persistante
La couleur ambre est plutôt pâle, tirant plutôt sur le doré. Le whisky est moyennement sirupeux et laisse des coulisses vagues sur le rebord du verre.
Au nez, c’est assez puissant, en laissant reposer le verre quelques minutes, on sent les odeurs se répandre dans la pièce! Des odeurs de tourbe légèrement fumée accompagnent des notes un peu médicinales. Assez discrètement, un petit côté maritime se marie avec une fine pointe épicée de cannelle.
En bouche, c’est puissant, mais pas autant que le nez le laissait paraître. Des saveurs de tourbe, de fumée et d’antiseptique (le Listerine jaune) sont toutes présentes et bien en force. La sensation l’alcool est peu présente et c’est plutôt les saveurs médicinales qui nous laissent croire en un taux d’alcool un peu plus fort que 43%. Une amertume se fait percevoir en début de finale.
Un petit sucré fait son apparition en tout début de finale mais qui est rapidement remplacé par la tourbe et le salin océanique typique au scotch d’Islay. Cette finale est interminable! Sans blague, elle perdure presque jusqu’au lendemain matin… Wow!
Comme pour le Ardbeg, il faut déjà avoir marché sur les sentiers aventureux d’Islay pour l’apprécier pleinement. Si c’est une première visite, on risque de s’égarer et malheureusement de ne plus retrouver son chemin vers Islay!
J’avais goûté ce Laphroaig pour la première fois il y a une dizaine d’année et j’avais été bien triste d’apprendre qu’il n’était plus disponible à la SAQ. Quelques années plus tard, il a été remplacé par le Quarter Cask (un autre excellent Laphroaig). Cet été, lors d’un passage aux États-Unis, je me suis dis pourquoi ne pas renouer avec un de mes premiers amours, ce 10 ans. Vous constatez que je n’ai aucun regret. Amateurs d’Islay, une bonne nouvelle pour vous, depuis cet automne il est de retour sur les tablettes de la SAQ!
Bowmore – 16 ans Bordeaux cask finish (# 17)

Nom : Bowmore – 16 ans Bordeaux cask finish
Type : Scotch single malt (cask strength)
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 53,5%
Site web : www.bowmore.com
Prix : 126$
Disponibilité : SAQ #11064739
Petite histoire :
Ce Bowmore âgé de 16 ansfait partie d’une série spéciale de « cask finish ». Celui-ci est fini dans des barriques ayant contenu du vin de Bordeaux (les autres éditions étant Bourbon, Oloroso et Porto). Il a été distillé en 1992 puis mis en barriques de Bourbon pour une durée de six ans. Ensuite, le 20 novembre 1998 il fut transféré dans des fûts ayant contenu du vin de Bordeaux pour un autre dix ans. En Juillet 2008, ayant atteint son apogée, il fut alors embouteillé à la « puissance du fût », non altéré de 53,5%.
Ma dégustation :
Couleur : ambre foncé, reflets cuivrés
Nez : Fumée légère, fruits rouges (cerises, framboises), butterscotch
Goût : Sucré et légèrement tourbé, boisé, vin (complexe)
Finale : Caramel, fumée, saline, tourbe persistante
De couleur ambre plutôt foncé avec de beaux reflets cuivrés. Ce scotch est également assez sirupeux tout en laissant de belles « jambes » sur les rebords du verre.
Au nez, l’odeur d’une fumée légère entre en jeu avec celle des petits fruits rouges comme la cerise mure et la framboise. Le butterscotch et un petit bord de mer légèrement salin font leur apparition à l’arrière plan.
L’entrée en bouche est plutôt sucrée mais est vite bousculée par la tourbe et la fumée qui, malgré leur délicatesse prennent maintenant toute la place. Puis le boisé et ses tanins se joignent à cette danse plutôt complexe. Ce petit boisé (oaky) est accompagné d’une sensation de vin, je dirais plutôt de porto tawny (un peu caramel). Toutes ces saveurs semblent bien balancées. Aussi, malgré ses 53,5% d’alcool, la brûlure est quand même très minime.
La finale persiste pour l’éternité!, enfin presque. Le porto-caramel se mélange avec la fumée et la tourbe, cette dernière revient avec un salin maintenant très perceptible.
Un scotch single malt tout de même très complexe pour mon palais si peu expérimenté. Un apprentissage très enrichissant et plaisant. J’avais ce scotch depuis un certain temps sans l’avoir vraiment dégusté à fond! Maintenant que c’est fait, je constate qu’il est bien dommage qu’il m’en reste à peine pour un service!
Caol Ila 1999 – Signatory Vintage (# 14)
Nom : Signatory Vintage – Caol Ila 1999
Type : Single Malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : aucun
Prix : 69,95$US
Disponibilité : www.sherry-lehmann.com, NYC
Petite histoire :
La distillerie de Caol Ila (prononcer « kul-eela », qui se traduirait par « le son d’Islay »), est située du côté Nord-est de l’île d’Islay, directement devant le détroit séparant les îles d’Islay et de Jura. Elle a été construite en 1846 par Hector Henderson. Quant à Signatory Vintage, c’est l’un des premiers embouteilleurs indépendants d’Écosse. La compagnie fut fondée par Andrew et Brian Symington en 1988. Elle possède maintenant sa propre usine d’embouteillage à Newhaven près d’Édimbourg. Elle serait la deuxième en importance dans le monde.
Le scotch de cette dégustation est un embouteillage faisant partie de leur « un-chillfiltered Collection ». Cette collection offre également des embouteillages provenant des distilleries de Laphroaig, Highland Park, Glenrothes, et Cargganmore, pour ne nommer que ceux là. Ce scotch est un embouteillage dit « single cask », ou « single barrel », c’est-à-dire que le contenu de la bouteille provient d’une seule barrique. Cette bouteille (#232 de 401) provient de la barrique numéro 3/1073. L’étiquette indique que ce scotch a été distillé le 22 novembre 1999 et mis en bouteille le 22 septembre 2010, ce qui lui donnerait un âge un peu inférieur à 11 ans.
Ma dégustation :
Couleur : Jaune très pâle, particules en suspension
Nez : Fumée et tourbe légère, pain fraîchement sorti du four, agrumes
Goût : Tourbé, fumé, salin, bord de mer, épices
Finale : Saline, tourbe revient, longue et persistante
Ce scotch est de couleur dorée très pâle, un peu comme un jaune Chardonnay. L’étiquette fait mention qu’aucun colorant n’y a été ajouté, c’est donc sa couleur naturelle. Il est également non filtré à froid (un-chillfiltered) et on peut effectivement y apercevoir quelques petites particules en suspension. Si placé dans un endroit assez frais ou de l’eau froide y soit ajoutée, il pourrait devenir trouble.
Au nez, fumée et tourbe, les deux tout en douceur. La fumée semble à peine plus dominante. Ensuite une nouvelle odeur jamais rencontrée à ce jour, celle du pain ou plutôt la mie fraîchement sortie du four, encore fumante. Serait-ce l’odeur que plusieurs attribuent la levure (yeast)? Puis finalement, loin à l’arrière plan, un petit sucré-acidulé de zeste d’agrumes, mais vraiment en toute finesse.
En bouche, c’est un bon mélange assez équilibré de tourbe et de fumée qui arrive en trombe. Par la suite, arrive le bord de la mer, les algues, le salin et l’iode. En début de finale une petite note épicée se fait sentir sur la langue, un peu poivrée, ou plutôt de poivre de Jamaïque (allspice)? À confirmer!
En finale c’est encore tourbé et assez salin. La sensation saline perdurera plusieurs minutes après la dernière gorgée. La fumée se fait plutôt timide en finale.
Somme toute, un très bon scotch d’Islay, bien équilibré, et avec quelques saveurs particulières qui donne simplement le goût d’en reprendre un autre verre… Ah, mais j’oubliais, c’est la bouteille d’un bon ami et je dois rester raisonnable !
Bowmore – Legend (# 13)
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 40%
Site web : www.bowmore.com
Prix : 27$ US
Disponibilité : « Liquor store », État de NY, USA
Fondée en 1779 par John Simpson, la distillerie de Bowmore est l’une des plus anciennes d’Écosse et serait la première sur l’île d’Islay (prononcer « eye-la »). Elle est située en bordure de la mer, dans le Loch Indaal (baie), la même que Bruichladdich, son voisin d’en face! Après quelques transactions au fil du temps, c’est en 1963 qu’elle passe aux mains du groupe Morrison Bowmore Ltd, lequel fut acheté par le géant japonais Suntory en 1994. La distillerie utilise toujours son propre plancher de maltage et de séchage traditionnel lequel est alimenté par un feu de tourbe. Fait intéressant, le chai #1, où se trouve les barriques de prestiges, situé sous le niveau de la mer, contribue à apporter le goût typique à Bowmore.
Ici, c’est l’entrée de gamme de Bowmore, le Legend. L’âge n’est pas indiqué sur la bouteille, par contre mes recherches sur internet semblent laisser croire à un 7-8 ans d’âge.
Ma dégustation :
Couleur : dorée pâle
Nez : agrumes, zeste d’orange, fumée légère, le tout en subtilité
Goût : léger caramel, tourbe et salin léger
Finale : amère, tourbée, épicée, saline
La couleur est légèrement dorée, voire assez pâle.
Au nez, c’est plutôt timide, ce sont des agrumes, particulièrement le zeste d’orange, avec une légère touche de fumée. Fait anodin, une fois le whisky versé dans le verre et en période d’ouverture (avant de le déguster), la pièce se remplit de l’odeur de fumée et saline typique aux scotchs d’Islay. Je me disais que ce serait tout une expérience. À première approche, je fut un peu surpris de constater que les odeurs étaient en toute subtilité.
En bouche, la première gorgée nous offre un doux caramel doré qui entre en première ligne. Ensuite, tout en douceur, s’ajoute une pointe tourbée et très légèrement fumée. Une touche saline de bord de mer vient ensuite, comme si on prenait une marche sur le bord d’un rivage à marée basse. Tout comme les odeurs, c’est encore en toute timidité.
La finale est légèrement amère et tourbée. Vient ensuite une petite touche épicée surprenante et inattendue. Le sel et l’iode prennent ensuite toute la place. La finale en soi est plutôt courte mais la sensation saline perdure quelques moments. La fumée semble absente de la finale?
Somme toute, un scotch d’entrée de gamme qui, pour le prix demandé, livre quand même la marchandise, un excellent rapport qualité/prix. Il n’est quand même pas de calibre pour rivaliser avec ses grands frères, ni ses autres adversaires d’Islay.
Je vous partage ma découverte de l’été, un « Smoky Rusty Nail ». Dans un verre « old fashioned » quelques glaçons avec ¾ Bowmore Legend et ¼ Drambuie. Laissez reposer 2-3 minutes et savourez…
Vidéo: blogue SAQ Cellier sur les whiskies d’Islay
Voici une entrevue par Frédéric Fortin du blogue SAQ Cellier avec Philippe Letellier, spécialiste du scotch. Ils parlent des scotchs très typés de l’île d’Islay.
Voici le lien vers le blogue SAQ Cellier: http://blogue.saq.com/category/cellier/
Ardbeg – 10 ans (# 10)

Nom : Ardbeg – 10 ans
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : 90,25$
Disponibilité : SAQ 00560474
Petite histoire :
Cette bouteille m’a été donnée par mes deux amours à la Fête des Pères 2011. Merci à vous deux pour ce magnifique présent !
La distillerie d’Ardbeg est située dans la partie sud de l’ile d’Islay, près des distilleries de Lagavulin et de Laphroaig. Elle fut fondée en 1815 par la famille MacDougall. La distillerie ferma entre 1983 et 1989 et une ouverture partielle jusqu’en 1997. Depuis 1998, la distillerie est complètement opérationnelle.
Ma dégustation :
Couleur : dorée très pâle (consistance sirupeuse)
Nez : tourbe, fumée légère, terre humide, noisette(?)
Goût : tourbe et fumée, salin, légère brûlure d’alcool (boisé ou tanin du bois?)
Finale : Très longue, persistante, salée, tourbée, retour de fumée, poivre noir
Ce scotch est de couleur dorée très pâle. Il laisse également de belles coulisses sur le rebord du verre, démontrant une texture assez sirupeuse. C’est un scotch qui est non filtré à froid, il pourrait alors se troubler s’il est refroidi ou si de l’eau froide y est ajoutée.
Les odeurs, qui ont tendance à beaucoup s’ouvrir après quelques minutes en verre, sont remarquablement bien balancées, celles de la tourbe très présente, avec une belle fumée et de sel marin assez subtil. Une odeur de « terre » humide semble se retrouver à l’arrière plan jumelée avec une odeur d’écales de noix (de noisette?).
En bouche, les goûts de tourbe et de fumée sont bien balancés et le salin est bien présent. La légère brûlure d’alcool donne du corps et s’équilibre bien avec les autres goûts robustes. (Goût ou sensation à déterminer, boisé ou tanin du bois?) En début de finale, un léger « butterscotch » fait une petite apparition mais rapidement étouffé par la finale.
La finale est très longue et persistante, salée et tourbée. La fumée refait surface avec une légère touche boisée. Après quelques instants une note de poivre noir (fraichement moulu) fait son apparition.
Un scotch merveilleux, les odeurs et saveurs sont très bien équilibrées, définitivement Islay! La persistance de la finale fait en sorte qu’on en redemande et quand le verre est malheureusement vide, il est difficile de ne pas en reprendre!
Le Ardbeg 10 ans a été couronné « World Whisky of the Year » et « Scotch Single Malt of the Year » dans le « Jim Murray’s Whisky Bible 2008 ».
Mise en garde, il faut avoir « fais ses devoirs » avant d’y gouter car pour un premier essai sur l’ile d’Islay, ça risque d’être une aventure assez mouvementée !
Bruichladdich – Waves (# 4)
Nom : Bruichladdich – Waves
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.bruichladdich.com
Prix : 58,50$
Disponibilité au Québec : SAQ 11367959
Petite histoire :
Construite en 1881 par la famille Harvey, la distillerie de Bruichladdich (prononcé «brooikladdie») est située sur l’ile d’ « Islay », dans la partie nord de la baie (loch) de Lochindaal. Son voisin d’en face (de l’autre côté de la baie) est nul autre que la distillerie Bowmore.
Pour la confection de ce single malt, plusieurs millésimes vieillis en barrique de Bourbon et de Madère ont été sélectionnées. Le « Master distiller » de la distillerie, Jim McEwan, a également voulu réduire le niveau de tourbe (aux alentours de 15ppm) afin de le rendre plus accessible. L’âge de ce single malt n’est pas indiqué sur la bouteille. Après quelques recherches sur internet, ce serait possiblement un sept ans. Ne pas mentionner l’âge sur la bouteille est sûrement une décision purement marketing.
Ma dégustation :
Couleur : dorée avec légère teinte rosée
Nez : très léger, odeur de bord de mer (salée), légèrement tourbée, barrique de vin(?)
Goût : faible goût de tourbe, pointe de fumée, sensation d’alcool
Finale : Assez longue, tourbe plus présente et boisée, un peu sucrée
De couleur dorée avec une légère teinte de rosée. Cela vient probablement de l’affinage en barrique de madère. C’est un scotch qui est non filtré à froid, et aucun caramel de coloration n’a été ajouté.
Pour le nez, je dois avouer que j’ai eu de la difficulté. Un nez qui n’est pas très présent, voir plutôt subtile. Une faible odeur de bord de mer (sel), une tourbe effectivement assez modérée pour un « Islay » et la fumée est très peu présente. Quelques notes sucrées sont également palpables. Petite parenthèse, à la maison, j’ai un fumoir pour viande et poisson. Pour ce faire j’ai des bâtonnets de chêne provenant d’un tonneau de vin. L’odeur de ce bois m’est venue lors de ma dégustation?
En bouche, la tourbe est effectivement présente, mais vraiment modérée, voir pas assez. Une sensation d’alcool un peu trop présente semble anesthésier les saveurs. Un peu salé en bouche avec une finale un peu sucrée (vanillée ou mielleuse?). J’ai ajouté quelques gouttes d’eau de source et les saveurs semblaient plus présentes, plus ouvertes.
La finale est relativement longue, mais pas persistante. Boisée, assez salée et la tourbe refait un peu surface. On peut maintenant goûter un peu plus les notes sucrées de miel et de vanille. Le goût restant est définitivement le sel.
En conclusion, un single malt pas mal, mais un peu effacé. Il semble vouloir faire tout ce que « Islay » peut offrir, mais sans jamais finalement atteindre le but visé ? On dirait qu’on en voudrait plus !
Selon moi, une personne voulant s’initier à la robustesse des scotchs du style d’« Islay », mais sans être mis K.O. à la première gorgée, ce single malt serait un excellent point de départ.





