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Lagavulin 12 ans « Cask strength » 2011 Limited Edition (# 29)
Nom : Lagavulin 12 ans « Cask strength » 2011 LE
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 57,5%
Site web : aucun
Prix : 116,25$
Disponibilité : SAQ 10332893
Cette fois-ci, je vais déguster la version 12 ans du Lagavulin, mais pas une version standard, plutôt l’Édition Limitée « Natural Cask Strength » embouteillée en 2011.
Qu’est-ce que le « Cask strength »? En français, on pourrait traduire par « à la puissance du fût », c’est-à-dire tel qu’il était dans la barrique. En temps normal, le « Master distiller » sélectionne différentes barriques pour créer son assemblage dit « 12 ans » (ce qui correspond à l’âge du whisky le plus jeune de l’assemblage). Il va ensuite y ajouter de l’eau afin d’en réduire le pourcentage d’alcool à un taux désiré, majoritairement entre 40% et 46%. Dans le cas du « Cask strength », rien n’est ajouté au whisky, c’est la pleine puissance, tel qu’il se trouvait dans la barrique. Les taux sont rarement sous les 55% d’alcool et il faut souvent ajouter un peu d’eau afin d’en ouvrir les saveurs. Il faut également être prudent lors de sa consommation car la tête peut subitement se mettre à tourner!
Ma dégustation :
Couleur : dorée pâle avec reflets cuivrés, moyennement sirupeux
Nez : fumée, algues salées, tourbe, noisette
Goût : brûlure d’alcool, fumée, tourbe, océanique
Finale : fumée, tourbée, océanique
La couleur du Lagavulin 12 ans est d’un doré pâle avec des reflets légèrement cuivrés. En comparaison avec le Lagavulin 16 ans dégusté il y a quelques semaines, le 12 ans semble plus pâle. Côté texture, ça semble par contre similaire, moyennement sirupeuse et les jambes, encore une fois se dissipent rapidement tout en se transformant en petites gouttelettes sur les parois du verre.
Au nez, c’est assez présent et la brûlure d’alcool est légèrement perceptible. La fumée, très abondante est accompagnée d’odeurs salines et océaniques. En comparaison avec le 16 ans, la tourbe est un peu plus discrète. Également un parfum légèrement sucré et « nutty » (noisette) est présent.
Dès l’entrée en bouche, l’alcool frappe fort! La fumée prend le contrôle et la tourbe est de retour à son poste. Un salin maritime et une certaine amertume s’installent et se mélangent avec un léger boisé-épicé. Les tanins du bois se font légèrement ressentir sur la langue. En y ajoutant un peu d’eau c’est beaucoup plus docile. Un caramel sucré et vanillé se marie maintenant avec la fumée. La brûlure d’alcool est également diminuée de beaucoup.
La finale est très Lagavulin, persistante, fumée, tourbée et très océanique et l’amertume perdure tout aussi longtemps. Avec l’ajout d’eau, la finale est légèrement plus sucrée et l’amertume beaucoup moins présente, voir pratiquement disparue.
Personnellement, j’ajoute rarement de l’eau à mes whiskies. Je préfère les déguster plein de force et de vigueur, même pour les « cask sterngth ». Il est arrivé à quelques occasions où c’était absolument nécessaire, je pense au Bourbon Booker’s avec ses 63,4% d’alcool! Ce Lagavulin 12 ans est un « cask strength » qui, selon moi, nécessite aussi une certaine quantité d’eau afin d’en libérer ses vraies saveurs. En fait en y ajoutant de l’eau, il semble se rapprocher un peu plus du 16 ans mais sans avoir toute sa complexité.
Une petite réflexion toute personnelle : À quoi bon payer la bouteille 10$ de plus pour ensuite devoir y ajouter de l’eau?
Glenmorangie 10 ans (# 28)
Type : Scotch single malt
Région : Highland, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : www.glenmorangie.com
Prix : 63,50$
La distillerie de Glenmorangie était à l’origine une brasserie. C’est en 1843 que William Matherson la transforma en distillerie. Au fil des ans, Glenmorangie s’est démarquée avec la popularisation des affinages dans des fûts non conventionnels. En effet elle fut la première à offrir des éditions dites « wood finish », technique d’affinage qui consiste à transférer le scotch dans une barrique ayant déjà contenu du vin, du porto, du rhum ou d’autres alcools, dans le but d’aller chercher des saveurs supplémentaires et de donner à leurs scotchs des caractères uniques et non conventionnels.
Cette dégustation est pour le 10 ans, connu maintenant comme « The Original ». Fait intéressant, en faisant quelques recherches sur internet, tous ceux que j’ai vus (l’ancien 10 ans et l’actuel « The Original ») semblent avoir un taux d’alcool de 40% alors que le mien est de 43%?
Ma dégustation :
Couleur : Jaune doré assez pâle
Nez : Floral, agrumes, caramel au beurre
Goût : Sucré, zestes d’agrumes, miel, orge
Finale : Maltée, sucrée et assez persistante
Lorsqu’on le regarde à travers la lumière, la couleur de ce scotch est d’un magnifique jaune doré relativement pâle. La texture est assez sirupeuse, les coulisses se tiennent et redescendent assez lentement.
Au nez c’est discret, frais et délicat. Un bouquet floral mélangé aux zestes d’agrumes, d’orange et de lime. Ensuite vient à l’arrière-plan un sucré onctueux tel un caramel au beurre légèrement vanillé. Dans tout ce mélange, on peut ressentir une légère touche céréalière.
En bouche c’est sucré, vif et très chaleureux. On est immédiatement touché par le zeste de l’orange et le sucré d’un bonbon au sucre d’orge. Vient ensuite un goût légèrement mielleux, accompagné d’une amertume délicate et citronnée. On peut aussi ressentir une petite chaleur interne (provenant sûrement du 43% d’alcool). Très réconfortant et agréable. L’ajout d’un peu d’eau semble faire ressortir le sucre et le mielleux mais étouffe l’amertume et dilue les saveurs.
La finale est maltée et légèrement amère. Le sucré du miel semble maintenant remplacer par un caramel au beurre, ce qui adoucit le tout. La finale est d’une longueur quand même assez surprenante. Le malt demeure longuement en bouche et l’amertume se dissipe afin de laisser la place à un retour des agrumes.
C’est un whisky dont la renommée est légendaire, et ça se goutte. Il est léger et se laisse boire aisément. Avec un certain degré de complexité, surtout pour un 10 ans, il constitue un très bon rapport qualité/prix. Selon moi, il serait un excellent point de départ pour quiconque voudrait s’initier au monde des scotchs en général.
Lagavulin – 16 ans (# 27)
Nom : Lagavulin 16 ans
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : aucun
Prix : 106,75$
Disponibilité : SAQ 00207126
La distillerie Lagavulin est située sur la côte sud de l’île d’Islay tout près de deux autres distilleries de renom soit Ardbeg et Laphroaig. Elle fut officiellement fondée en 1816 suite à la fusion de deux distilleries, l’une appartenant à John Jonston et l’autre à Archibald Campbell. Elle appartient maintenant au géant Diageo.
Pour moi, Lagavulin, c’est là où tout a commencé. Mon père aimait beaucoup le whisky, il faut croire que la pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre. Un jour, mon frère et moi avons offert un beau cadeau à notre père, une bouteille de Lagavulin 16 ans. Voulant partager sa joie, il tenait absolument à nous le faire goûter. Boom! Ce fut le coup de foudre! Depuis ce jour, les whiskies en général et plus particulièrement les scotchs en provenance d’Islay sont définitivement mes préférés!
Ma dégustation :
Couleur : Cuivré assez foncé, reflets orangés, moyennement sirupeux
Nez : Nez discret de fumée, de tourbe, sel maritime, noisette
Goût : fumée et tourbe, épices, caramel brûlé
Finale : Fumée, tourbée, saline
La couleur de ce whisky est assez foncée et offre des reflets d’un orangé ardent. La texture semble être moyennement sirupeuse car les jambes laissées sur les parois du verre se dissipent rapidement et se transforment en gouttes après quelques instants.
Au nez, c’est discret mais en même temps complexe. Fumée et tourbe se croisent au milieu d’une odeur maritime plaisante. Un parfum sucré qui se mélange subtilement à une odeur de noix, ou plutôt de noisettes grillées tentent tous deux de prendre leur place à l’arrière scène.
En bouche c’est pas mal moins discret! Dès l’entrée en bouche, la tourbe arrive en trombe avec une bouffée de fumée! Cette bousculade de saveurs laisse ensuite place à des traces épicées et légèrement sucrées, un peu comme un caramel qui aurait légèrement brûlé. On peut également ressentir les tanins du bois sur le palais et à l’intérieur des joues. Le salin fait ensuite son entrée pour nous accompagner vers la finale.
La finale est quand même assez persistante. Elle est très fumée, tourbée et également salée et océanique. Une amertume de torréfaction (espresso) prend également une petite place dans cette finale magnifique!
Un scotch qui selon moi est un icône représentatif de l’île d’Islay. La majorité des caractéristiques typiques de l’île mythique y sont. Fumée, tourbe, notes salines et océaniques sont présentes et toutes magnifiquement bien équilibrées.
Tout au long de cette dégustation, pleins de souvenirs ont jailli dans mon esprit. Tout en me remémorant ces excellents moments, je me suis rendu compte d’un fait : depuis ce jour magique avec mon père et mon frère où l’étincelle de la passion du whisky jaillit en moi, je n’avais jamais eu la chance de goûter à nouveau à ce magnifique scotch! Un achat en devenir?…à moins que je penche pour le Distiller’s Edition?
Oh! et en terminant,
Merci papa! Sláinte!
Isle of Jura – 16 ans (# 26)
Nom : Isle of Jura – 16 ans
Type : Scotch single malt
Région : Île de Jura, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : www.isleofjura.com
Prix : 68,99$US Total Wine de Miami
Disponibilité : Pas disponible à la SAQ
La distillerie de l’Île de Jura, a été fondé en 1810 par Archibald Campbel et portait originalement le nom de « Small Isles Distillery ». Au fil des décennies elle changea souvent de propriétaire et fut même détruite au début du XXe siècle. Finalement elle sera reconstruite au début des années soixante. La distillerie comme nous la connaissons aujourd’hui a été inaugurée le 23 avril 1963. À ses débuts, elle produisait des scotchs très tourbés, tout comme les distilleries se trouvant chez sa voisine immédiate, l’île d’Islay.
Ma dégustation :
Couleur : cuivrée, reflets orangés, texture assez sirupeuse
Nez : agrumes, cèdres, sucré (à la Bourbon)
Goût : pin, cèdre, toffee vanille et épices
Finale : assez courte, amère et sucrée
La couleur est d’un cuivré assez orangé et le liquide a une texture très sirupeuse, voir huileuse.
Au nez, c’est plutôt discret, on peut légèrement sentir les agrumes ainsi qu’une odeur légèrement résineuse, un peu comme le cèdre, mais pas les branches, plutôt la planche de cèdre. C’est également légèrement sucré comme un « toffee » vanillé, semblable à un Bourbon, mais pas aussi présent.
D’entrée de jeu, le whisky est frais et vif et sa texture en bouche est assez sirupeuse et tapisse la langue aisément. À cette sensation, s’ajoute le goût des agrumes (orange et citron) lesquels sont par contre assez discrets. Vient ensuite un très subtil goût de « sapinage », d’aiguilles de pin, de branches de cèdre. Puis, c’est sucré, comme un caramel mou à la vanille et aux épices.
La finale est franche mais courte, elle laisse une légère amertume (style café ou cacao?) laquelle se mélange avec un sucré rappelant encore un peu le Bourbon, mais sans toutes ses subtilités.
Un scotch pas mauvais, mais pas explosif non plus. Pour un 16 ans, je m’attendais à plus de corps, plus de charpente et plus de complexité. De belles subtilités mais plutôt isolées et difficiles à ressortir. Avec les souvenirs que j’ai du 10 ans, ce 16 ans me créait des attentes et me laissait entrevoir un scotch mémorable. Je crois que je me dois de goûter à nouveau au 10 ans car actuellement, j’en conclus que ce 16 ans est peut être une légère déception. À suivre…
The Arran Malt – 10 ans (# 25)
Type : Scotch single malt
Région : Ile d’Arran, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.arranwhisky.com
Prix : 46,50$
Disponibilité : SAQ #10784144
La Distillerie d’Arran est bien évidemment située sur l’île d’Arran. Avec ses 432 km2, elle est la septième plus grande île d’Écosse (la populaire Islay fait 620 km2). La distillerie débuta ses opérations en 1993, mais fut officiellement fondée en 1995, ce qui en fait l’une des plus jeunes distilleries d’Écosse. À ses débuts, elle offrit des embouteillages spéciaux sans mentions d’âges, lesquels étaient assez bien reçus par les amateurs de scotch whisky malgré leurs très jeunes âges (entre 3 et 7 ans). Maintenant on peut trouver des embouteillages de 10 ans et de 14 ans. Ils ont également des éditions « single cask » Sherry et Bourbon (tous deux disponibles à la SAQ) et des éditions « cask finish » Amarone (disponible à la SAQ), Sauterne et Porto (non disponibles à la SAQ). Je vous présente maintenant le 10 ans.
Ma dégustation :
Couleur : dorée pâle, assez sirupeux
Nez : zeste d’agrumes, céréales, sucre d’orge
Goût : agrumes, fruits, malté
Finale : assez persistante, sucrée, légère
La couleur de ce single malt et plutôt dorée pâle et il est assez sirupeux pour laisser de belles coulisses sur le rebord du verre.
Au nez, c’est frais, vif, sucré et céréalier. On sent une certaine fraîcheur et une vivacité émanant des fruits et du zeste de différents agrumes, plus particulièrement l’orange. C’est également sucré, un sucre d’orge bien caramélisé. Le tout est très agréable et bien balancé.
En bouche, c’est tout aussi agréable et rempli de fruits et de douceur, mais avec une certaine vivacité rafraîchissante. Les agrumes et les fruits prennent le premier plan et sont accompagnés par une amertume bien balancée. Un très léger salin, pas aussi fort que certains d’Islay, tente faire sa place, mais est rapidement remis à l’arrière-plan par les fruits. Il y a également un sucré, qui n’est pas vraiment caramélisé mais plutôt malté, lequel est constamment présent en bouche, ce qui apporte une certaine douceur.
La finale est assez persistante pour un scotch de 10 ans. Elle est sucrée et maltée et on goûte encore les fruits. On ressent également la vivacité et l’amertume des agrumes et de leurs zestes et très tard en finale, le salin refait surface. Très agréable et léger comme whisky.
Cette distillerie me surprend beaucoup! Elle est d’une jeunesse frappante et pourtant elle démontre du savoir-faire et de l’expérience dans la confection de ce single malt. Je crois que je vais me laisser tenter par une autre de leurs éditions, soit le Amarone cask finish ou le Bourbon single cask, lesquelles sont apparemment pas mal du tout !
Pour le prix demandé, c’est vraiment un bon scotch. Tout en étant vif et frais, il se laisse boire facilement et agréablement. Un scotch qui se dégustera sûrement très bien sur la terrasse lors des chaudes fins de soirées d’été, et ce, bien entendu sans glaçon, mais ceci est bien sûr une simple question de goût !
Laphroaig – 18 ans (# 23)
Nom : Laphroaig – 18 ans
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 48%
Site web : www.laphroaig.com
Prix : SAQ 156$ (payé 99$US Virginia, USA)
Disponibilité : SAQ #11484979
Laphroaig est sans aucun doute l’une des distilleries les plus connues d’Islay. Cette île d’Écosse est réputée pour offrir des scotchs uniques, très tourbés, fumés et iodés. Ces saveurs sont toutes présentes dans les scotchs offerts par Laphroaig. En bonus, on retrouve dans leurs scotchs des notes médicinales plutôt uniques à Laphroaig, ce qui en fait en quelque sorte leur « signature » typique.
Depuis 2009, le Laphroaig 18 ans remplace le « légendaire » 15 ans, que je n’ai jamais eu la chance de goûter.
J’ai relu mes notes de dégustation du 10 ans (que vous pouvez retrouver ICI) et voyons maintenant ce que ces 8 années de plus en barriques peuvent apporter.
Ma dégustation :
Couleur : Ambre pâle, tirant sur un léger cuivre
Nez : fumée, floral, tourbé, boisé
Goût : Tourbe, fumée, miel
Finale : Tourbe, fumée, tanins, très persistante
La couleur ambre est pâle et les reflets sont plutôt cuivrés (le 10 ans est plutôt doré). Il est assez sirupeux et laisse des coulisses sur le rebord du verre mais elles ne demeurent pas en place bien longtemps.
Au nez, c’est assez présent mais tout en douceur. En toute délicatesse une fumée se mélange avec des notes florales et tourbées. On discerne également une odeur un peu sucrée et boisée. On sent déjà que les années supplémentaires passées en barriques ont assagi les notes plus robustes que l’on retrouve dans le 10 ans. Aussi, les notes médicinales habituelles de Laphroaig ne sont pas vraiment perceptibles au nez.
En bouche, simplement magnifique! Complexe et puissant mais sans être agressif. Les saveurs de tourbe et de fumée se mélangent à des notes un peu florales et sucrées. Une touche légèrement sucrée plutôt mielleuse tente de prendre sa place à côté des notes boisées et épicées. La sensation d’alcool est peu perceptible (48%). Une légère amertume prend place en début de finale. En ajoutant un peu d’eau, les notes de tourbe, de miel et les saveurs florales prennent encore plus de place. C’est la première fois que j’ajoute de l’eau et que je vois une aussi grande différence dans les saveurs.
Pour la finale, la tourbe, la fumée et les tanins du bois accompagnent une belle amertume qui perdure pour de longs et mémorables instants. Les notes médicinales et salines tardent à venir mais semblent timidement vouloir s’installer tout au long de la finale. Plus elle s’étire, plus le salin prend le dessus.
Finalement, je peux constater que ces huit années supplémentaires lui ont permis de se raffiner et de se complexifier. Il passe de fougueux et robuste à racé et complexe.
J’ai toujours aimé les scotchs de Laphroaig, c’est un peu ma distillerie chouchou. Le 10 ans et le Quarter Cask m’ont toujours emballé et j’ai maintenant toujours une bouteille de l’un ou l’autre à la maison. Mais là, je dois avouer qu’avec ce 18 ans, Laphroaig vient de gagner sa place de choix au sommet de mes distilleries favorites. À 156$ à la SAQ c’est un peu cher mais je dois admettre que c’est (pour moi) un bon investissement. À 99$US et avec le Dollars Canadien à ±1,05$, au moment de l’achat , comme on dit en anglais, c’est un « no-brainer »…
Ardbeg – Alligator (# 21)
Nom : Ardbeg Alligator
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 51,2%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : ±98$ can (75€)
Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)
L’« Alligator » est l’embouteillage à édition limitée d’Ardbeg pour 2011, lequel serait limité à environ 5760 bouteilles. Pour cette édition, Ardbeg a utilisé des barriques neuves de chêne américain et on y a appliqué la technique « Alligator Charring ». Le terme « Alligator » correspond à une technique de préparation des barriques. Cette technique consiste en une carbonisation (charring) à l’extrême de l’intérieur de la barrique, ce qui donne au bois l’aspect d’une peau d’alligator. Ce procédé est très utilisé pour le vieillissement des whiskeys américains. L’application de cette méthode sur les barriques apportera forcément tout au long du vieillissement des notes différentes et intéressantes à ce scotch.
Ma dégustation :
Couleur : légèrement cuivrée
Nez : tourbe, fumée, agrumes (zeste), sucré
Goût : sucré, tourbe, fumée, épices
Finale : amère, tourbée, caramel, saline
D’une couleur légèrement cuivrée et ayant une texture qui m’apparaît moyennement sirupeuse, les coulisses apparaissant sur les parois du verre semblent similaires à celles laissées par le Supernova. De plus, ce scotch est assez foncé pour un Ardbeg comparativement à ceux déjà goûtés.
Les premiers parfums, tout en étant un peu timide, sont définitivement typiques d’Ardbeg, ceux qui vous accrochent automatiquement un sourire aux lèvres. La tourbe, une fumée légère et le bord de mer salin. Puis apparaissent soudainement les agrumes, le citron ou peut-être même le pamplemousse.
En bouche, ce qui me surprend de cet Ardbeg, c’est la pointe sucrée qui arrive en premier, laquelle est rapidement engourdie par la tourbe et la fumée d’un feu de camp. Le caramel brûlé, la vanille, la cannelle et la muscade prennent ensuite place au milieu de cette fanfare de saveurs. On perçoit également les tanins du bois sur la langue et les joues. Note intéressante, ces saveurs ressemblent à celles que l’on retrouve dans un Bourbon, mais sans le goûter. Cela provient sûrement des barriques neuves de chêne américain rudement carbonisées de l’intérieur.
Je n’ai pas encore parlé de la brûlure d’alcool? Elle est bien là et elle a du « mordant », elle fait partie de l’expérience, après tout, la bête a bien le droit de se défendre!!
La finale commence sur une note amère de torréfaction et un peu tourbée. Cette dernière est légèrement adoucie par le sucré d’un caramel. Par la suite, revient la fumée d’un feu de camp. La tourbe refait surface et vient se mêler à un salin océanique, tous deux perdurent pour plusieurs instants.
Ce scotch m’a jeté par terre, il est mystérieux et demande à être dégusté de nouveau. Avec cette édition très limitée, Ardbeg sort légèrement de sa zone de confort et c’est fort apprécié. Ces nouvelles saveurs sont bien intégrées aux saveurs typiques, ce qui donne une expérience des plus intéressante! Ce qui me surprend de l’Alligator, c’est que l’alcool y est plus perceptible ( avec « seulement » 52,1%) que le Supernova, qui lui, fait un solide 60,1%.
Merci Charles qui a réussi à mettre la main sur cette bouteille.
En bonus, voici une vidéo (en anglais) racontant une légende d’Islay…
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=WguBC9IlRfE]







