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CWM: Pittyvaich – 20 ans (# 94)
Taux d’alcool : 57,5%
Prix : 405,50$
Disponibilité : SAQ #11262858
Le troisième scotch offert pour la soirée du 19 septembre 2013 était encore en provenance d’une distillerie disparue, Pittyvaich, la distillerie dont on pourrait dire « aussitôt ouverte, aussitôt fermée » ! En effet, elle fut construite en 1974 et ferma ses portes en 1993, elle a été complètement démolie en 2002! Ce scotch de 20 ans est donc plus vieux que l’existence entière de la distillerie !
Nez : Au nez, c’est un peu particulier, de la poire Bartlett encore verte ainsi que des notes de beurre à l’érable. À l’arrière-plan, se développent des odeurs de bois, mais ce bois ne me semble pas propre, un peu vieux ou trop mouillé ? Attention à l’alcool, il est assez présent.
Goût : En bouche, la poire et la pomme se manifestent dès les premiers instants. Par la suite, des saveurs de grains sucrés et maltés se développent en tandem avec la morsure de l’alcool, laquelle est très prenante. Le boisé du nez fait un rappel et maintenant évoque un peu plus la noisette humide, voir rancie. La chaleur d’alcool se fait ressentir tant en bouche que dans le corps. Un peu bizarre et plutôt moyen…
Finale : Elle est d’une longueur quand même assez persistante et laisse des saveurs de pommes et de poires fraîches cuisant dans un caramel au beurre légèrement brûlé. Aussi, la fameuse noisette légèrement rancie s’étire encore, mais diminue en intensité et finit par s’atténuer devant une légère touche de fumée de feu de camp et de caramel brûlé.
Le plus cher des trois, mais aussi le plus bizarre et…Bon OK, je vais le dire, le plus décevant ! Mais pas juste pour moi, à la fin de la soirée en discutant avec les autres membres, les commentaires sur ce scotch était vraiment peu élogieux! Je vous épargne des commentaires… L’ensemble est acceptable, mais en même temps il semble y avoir quelque chose qui cloche dans l’ensemble, s’agirait-il d’un mauvais tonneau? Aussi, c’est peut-être juste moi…
CWM: Convalmore 1984 – Gordon & MacPhail (# 93)
Nom : Convalmore 1984 – Gordon & MacPhail
Taux d’alcool : 43%
Prix : 277$
Disponibilité : SAQ #11941156
Le deuxième scotch de cette soirée « législative » du 19 septembre 2013 est un embouteillage indépendant de Gordon & MacPhail en provenance de de la distillerie de Convalmore. Cette dernière fut fondée en 1893 et était située dans le Speyside, tout près de Glenfiddich. Très peu d’embouteillages originaux étaient disponibles car ils distillaient majoritairement pour la confection de blends. Elle ferma définitivement ses portes en 1985 et maintenant les installations servent à l’entreposage de tonneaux en vieillissement pour Glenfiddich et Balvenie.
Nez : le nez est très doux et fruité, les fruits frais tels la pomme et la poire se mélange à des notes de gazon fraîchement coupé (grassy).
Goût : en bouche c’est la pomme Granny Smith et de la poire Bartlett qui se mélangent à des notes boisées et vanillées qui parviennent à rendre le tout enivrant. Aussi une saveur ou plutôt une sensation de cire d’abeille semble vouloir se développer en début de finale.
Finale : les fruits et les notes de boisé et de vanille revienne en force et s’étire de long moments.
Un membre me suggère d’y ajouter un peu d’eau, chose que je fais rarement, encore moins avec un whisky à 43%… et boom! Les saveurs en ressortent beaucoup plus franche et définies.
De loin mon préféré de la soirée, et je crois que je n’étais pas le seul. À la première approche il semblait effacé, voir lointain, et plus le temps avançait, plus il s’ouvrait. Distillé en 1984 et embouteillé 26 ans plus tard (2010), il avait sûrement besoin d’un peu d’air pour se dégourdir !
CWM: Littlemill 20 ans (# 92)
Nom : LittleMill 20 ans (Old Malt Cask)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 180$
Disponibilité : SAQ #11917922
Le premier scotch en provenance d’une distillerie disparue présenté aux membres lors de l’assemblée annuelle 2013 est le Littlemill 20 ans de la série Old Malt Cask de Douglas Laing.
Littlemill était l’une des plus vieilles distilleries d’Écosse, elle aurait été fondée vers 1772 ! Située près de Glasgow, à la limite des Highlands et des Lowlands. Elle a malheureusement connu officiellement la fin de ses jours en 1996.
Nez : au nez, dès les premiers effluves ce sont les fruits frais et le grain qui nous accueillent. Puis, un genre de sucre brun vanillé et grillé tente de prendre toute la place.
Goût : en bouche c’est encore des fruits frais (la pomme et la poire) qui sont bien accompagnés d’une crème à la vanille et d’un léger boisé, lequel n’est pas trop intense. À l’arrière-plan une petite touche d’anis tente de se faire valoir!
Finale : La finale est d’une longueur tout de même convenable. Une légère fumée accompagne les notes boisées et vanillées, lesquelles finissent par prendre le dessus.
Un scotch très doux et agréable, mais avec lequel je voudrais bien passer plus de temps pour le décortiquer pleinement…
Ardbeg – Galileo (# 89)
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 49%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : 155$
Disponibilité : SAQ #11940583
Une nouvelle édition par Ardbeg, le Galileo. Une édition lancée afin de célébrer une expérience d’Ardbeg, en partenariat avec une société de recherche américaine NanoRacks LLC, afin de lancer quelques fioles contenant des composés micro organiques dans l’espace afin d’analyser certains paramètres…ouf! pour plus d’info ICI (en anglais), disons que c’est assez technique et scientifique ! Disons que l’équipe de marketing d’Ardbeg ne manque pas d’imagination !
En attendant de voir ce qui adviendra de cette « expérience », attardons-nous plutôt sur la présentation du Galileo. Le lettrage et le graphisme de l’emballage donnent un look très « sci-fi-rétro-futuriste » des années cinquante rappelant un peu l’environnement de l’excellente et très populaire série de jeu vidéo Fallout, les geeks et les gamers parmi vous feront certainement le lien. Quant au whisky, il fut distillé en 1999 et embouteillé en 2012 et aurait passé ces quelques années dans d’ex-fûts de Bourbon et de Marsala et il est embouteillé à 49%. Assez intéressant ! La recette semble gagnante, voyons voir.
Ma dégustation :
Couleur : Caramel doré, texture mince
Nez : Tourbe, fumée légère, pain aux noix grillées, végétal
Goût : Tourbe, salin, boisé, floral
Finale : Tourbe sucrée/salée, fumée, maritimes
Assez pâle, la couleur est d’un caramel doré tirant légèrement sur le roux. Quant à la texture, en faisant tournoyer le précieux liquide dans le verre, il laisse de nombreuses et minces coulisses sur les parois du verre, lesquelles tardent à redescendre au fond du verre et finissent par se transformer en gouttelettes.
Au nez, c’est bien présent et très Islay, même ma blonde assise à l’autre extrémité de la pièce a eu des effluves ! De la tourbe et une fumée légère se mélangent à des odeurs de pain aux noix grillées ainsi qu’à des notes végétales et florales. Un nez complexe dont on ne se lasse pas ! Typiquement Ardbeg !
En bouche, c’est de la tourbe sucrée et le salin maritime qui attaquent dès les premiers instants. Par la suite, des notes boisées, vanillées et épicées ainsi que la chaleur de l’alcool font acte de présence. Puis, la fumée et quelques notes florales se mélangent à une légère saveur de réglisse (ou est-ce l’anis étoilé ?) Le tout se fait en parfaite harmonie et nous transporte vers la finale…
La finale, en un mot, ce serait WOW ! Elle perdure de très longs moments et le rappel des saveurs se fait sur toutes les sphères. La tourbe sucrée/salée et de la cassonade brûlée se joignent à la fumée. Sur la langue, la sensation râpeuse et piquante des épices et des tanins du bois se font bien sentir. L’anis étoilé (ou est-ce la réglisse?) revient légèrement, puis les notes salines finissent par prendre le dessus et demeurent de longs moments.
Encore un bon coup d’Ardbeg, tant pour le whisky que pour la campagne de publicité ! En effet cette histoire de molécule dans l’espace à fait beaucoup jaser sur le net et dans les réseaux sociaux ! Les attentes étaient hautes pour le Galileo, et la marchandise a bien été livrée, tant sur Terre que dans la Station Spatiale Internationale !
Maintenant attendons la suite de cette fameuse expérience hors du commun…
Encore une fois, merci à Charles pour l’échantillon.
Ardmore – Traditional Cask (# 87)
Nom : Ardmore – Traditional Cask
Type : Scotch single malt
Région : Highlands, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : http://www.ardmorewhisky.com/
Prix : environ 50$ US
Disponibilité : pas disponible à la SAQ ou LCBO
Premièrement, merci à Peter Lemon de la communauté Whisky Bloggers sur Facebook pour la belle photo. Voici le lien vers l’article à propos de l’Ardmore Traditional Cask sur son magnifique blog The Casks .
Ardmore serait l’une des plus grandes distilleries d’Écosse. Elle demeure quand même quelque peu méconnue car la très grande majorité de son distillat est réservée pour l’assemblage du Teacher’s, un blend très populaire. Aussi, le manque d’embouteillage officiel contribue à la garder légèrement dans l’ombre. À ma connaissance, seulement le Traditionnal Cask ainsi que des versions de 25 et 30 ans sont embouteillées comme single malt sur une base régulière. On peut également trouver des versions d’embouteilleurs indépendants, tels Signatory et Gordon & MacPhail.
Le Traditional Cask commence son vieillissement dans d’ex-fûts de Bourbon, pour être ensuite transféré dans des « quarter casks » afin d’en accélérer le vieillissement.
Nez : Tourbe, odeurs médicinales, pain aux noix grillées
Goût : Tourbe médicinale, citron frais, boisé
Finale : boisée, tourbée, feu de camp
Au nez c’est assez surprenant, je ne m’attendais vraiment pas à cela de ce petit « Speysider » ! Quand même assez délicates mais bien présentes, des odeurs de tourbe médicinale et de pain aux noix grillées sont au premier plan. Les senteurs médicinales sont très « Pharmacy », tels les diachylons et le Polysporin. Aussi, une petite touche de plastique brûlé se mélange à de légers parfums de noix grillées. Loin derrière, un petit sucré de fruits rouges tente de faire sa place.
En bouche, une tourbe médicinale et sucrée fait immédiatement son entrée! Ma foi, cette distillerie est-elle bien située dans le Speyside (ou est-ce les Highlands ?) ou alors elle se situe à quelque part entre Laphroaig et Caol Ila? Par la suite, citron frais et notes médicinales se mélangent à des saveurs végétales et florales. Un caramel légèrement salé fait ensuite acte de présence. Des épices, du bois et ses tanins arrivent ensuite et nous transportent vers la finale.
La finale est de longueur raisonnable, avec du bois, de la tourbe, une petite fumée de feu de camp et un sucré qui semble légèrement brûlé. L’ensemble est fort agréable et très surprenant.
Il est dommage que nous n’ayons pas ce scotch à la SAQ car pour le prix, il est fort intéressant et il serait très certainement capable de satisfaire et de surprendre (peut-être même à l’aveugle?) les amateurs d’Islay. Je crois qu’il pourrait très assurément faire honneur en remplacement d’un Laphroaig Quarter Cask.
Merci à JF Pilon de Whisky Plus pour l’échantillon.
Ardbog (# 86)
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 52,1%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : 120$US
Disponibilité : Sherry-Lehmann (NYC)
La distillerie Ardbeg récidive pour 2013 et elle a fait du 2 juin le Jour Ardbeg (Ardbeg Day), et encore une fois cette année, les amateurs de cette distillerie ont droit à une édition limitée qui se nomme, non pas « Ardbeg Day 2013 » mais plutôt Ardbog! Un jeu de mot avec le nom de la distillerie faisant aussi référence au « bog » (marais de tourbes) qui sont si présents sur l’ile d’Islay et qui sont également responsables des saveurs de tourbe et de fumée d’une bonne majorité des scotchs d’Islay. Cette tourbe est un peu devenue la « signature » des scotchs d’Islay. Cet embouteillage en édition limitée à ±12 000 bouteilles.
Cette année il est question d’un assemblage de scotch ayant séjourné 10 ans (sans mention d’âge sur la bouteille) dans d’ex-fûts de Bourbon et de Manzanilla, un vin rouge espagnol (Xérès) d’appellation d’origine contrôlée. Ce bel assemblage de fûts devrait apporter des saveurs complexes bien enfouies dans un marais de tourbe saline et de boucane !
Ça s’annonce bien !!
Ma dégustation :
Couleur : Ambre pâle avec reflets rose-orangés
Nez : Maritime, tourbe, fumée, fruits confits, pain aux noix
Goût :Salin, tourbe, noix grillés, fruits confits, espresso
Finale : Longue, salée, tourbée, boisée, sucrée
D’un ambre assez pâle avec des reflets laissant apparaître des couleurs teintées de rose et d’orange. La texture semble quand même assez sirupeuse, les coulisses sont fines et nombreuses sur le verre.
Ardbeg? Oh que oui! De la tourbe sucrée, des odeurs salines, maritimes et fumées à profusion! Il faut aussi faire attention à la morsure d’alcool, laquelle est quand même bien présente. Derrière cette barrière quasi impénétrable de robustes parfums, on peut tout de même déceler qu’une certaine complexité est bien présente. Des effluves de pain aux noix grillés, de fruits confits ainsi que des notes légères de bois et de vanille réussissent à s’imposer dans l’ensemble, Impressionnant!
L’entrée en bouche est immédiatement imprégnée de saveurs salines et maritimes. Puis la tourbe et la fumée arrivent et sont également accompagnées de saveurs rappelant les noix grillées et salées. Tranquillement, des saveurs de fruits confits ayant cuits dans un sirop (à l’érable?) viennent adoucir le tout et apporter un peu de dentelle. Puis on reprend du mouvement, café espresso fraîchement moulu, tanins bien marqués et saveurs boisées, tout en nous transportant allègrement vers la finale.
Longue, salée, tourbée, boisée, sucrée… La finale est longue, persistante et enveloppante. Les papilles jonglent avec les notes salines et tourbées tout en se frottant à des saveurs de boisées et des tanins bien en place. Plus elle s’étire plus elle est sucrée/salée.
Hé bien, je dois avouer que l’Ardbog est, selon moi, de beaucoup supérieur à l’Ardbeg Day original (édition 2012). Aussi, ayant une période de vieillissement similaire à l’Ardbeg Ten il est difficile de ne pas les comparer. L’Ardbog me semble être plus équilibré et raffiné, c’est un peu comme si l’Ardbeg Ten s’était vêtu de sa plus belle tenue de gala. Bon OK comparaison douteuse…
Merci à Charles pour l’échantillon.
CWM: Michel Couvreur – L’Unique (# 84)
Avant de passer au 5e de la soirée, je voulais quand même prendre quelques instants pour parler du 4e whisky: le très délicieux Laphroaig Quarter Cask. Ayant déjà fait une fiche pour ce dernier, je voulais quand même glisser quelques lignes sur l’accord suggéré qui était constitué de fromages québécois, à savoir L’étoile de St-Rémi, le Perron 4 ans et le Hercule de Charlevoix. Selon moi, l’accord avec le cheddar Perron et le bleu L’étoile de St-Rémi étaient les meilleurs ! Je vais sûrement répéter l’expérience avec des amis à la maison. Je m’étais gardé un peu de saumon fumé pour le Laphroaig car je m’attendais à un match parfait, mais non, le saumon était complètement dominé par cette petite merveille qu’est le Quatrer Cask.
Voici ma fiche du Laphroaig Quarter Cask
Maintenant :
Nom : Michel Couvreur – L’Unique (whisky de grain)
Taux d’alcool : 44%
Prix : 53$
Disponibilité : SAQ #10943731
Accord suggéré : Chocolats
Le cinquième whisky de la soirée était un whisky de grain, le Michel Couvreur – L’Unique. C’était la première fois que je goûtais à un whisky de grain. L’accord suggéré était des petites bouchées de chocolat blond préparées par le très sympathique Narada Brind’Amour, chocolatier et propriétaire de la Chocolaterie Le Cacaoyer de l’Assomption. Je me dois d’aller y faire un petit tour !
Nez : Nez très léger et délicat, petit fruits caramélisés et sucrés.
Goût : En bouche c’est du caramel onctueux à la vanille le tout avec quelques petites saveurs d’épices de boulangerie.
Finale : Un peu courte et sucrée et légèrement boisée.
L’accord était bon, mais selon moi, la bouchée de chocolat était tellement délicieuse qu’elle prenait le dessus sur l’ensemble. Bravo à notre chocolatier M. Brind’Amour !
Pour ce qui est du whisky, je suis bien content d’avoir finalement goûté à une whisky de grain mais je suis tout de même demeurer sur mon appétit, ou plutôt sur ma soif…
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En conclusion de cette soirée sur les accords whisky et bouffe, ce fut très enrichissant et encore une fois j’ai pu faire de belles découvertes.
En ce qui concerne les accords, selon moi, la meilleure façon de faire pour agencer les mets et les whiskies, tout comme avec le vin et la bière, c’est de ne pas avoir peur de faire des erreurs, d’oser et d’essayer des combinaisons d’accords différents et insolites. Souvent, l’idée que l’on pourrait se faire d’un accord pourrait donner des résultats surprenants et même un peu inattendus !




