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Quatre nouvelles sections !!

Bonjour,

Beaucoup de travail depuis quelques semaines… mais j’ai finalement terminé la section « Les Whiskies » ainsi que ses sous-sections sur les « Single malts », les « Blended/Vatted » et le « Bourbon ».

Vous pouvez maintenant les trouver dans la page d’accueil dans l’onglet « Les Whiskies » ou en cliquant sur ces liens:

Les Whiskies

Single Malt

Blended/Vatted

Le Bourbon

La prochaine section sur laquelle je vais travailler sera sûrement un petit lexique aidant à comprendre les divers termes utilisés dans le merveilleux monde des whiskies !!

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et questions !

Frank

Alberta Premium – 30 ans (# 15)

015 F Alberta Premium 30 ans

 

Nom : Alberta Premium – 30 ans

Type : Canadien 100% Rye (seigle)

Région : Alberta, Canada 

Taux d’alcool : 40% 

Site web : n/a 

Prix : 49,95$ 

Disponibilité : LCBO, disponibilité limitée.  Non disponible à la SAQ

 

Alberta Distillers Ltd est située évidemment à Calgary, Alberta. Elle produit le très réputé et populaire « Alberta Premium », un whisky 100% fait de seigle (rye).  Il ne fait pas état d’âge, mais il serait en fait un 5 ans d’âge.  Dans le passé, ils ont également produit une version 25 ans qui a été louangée par les critiques, mais qui semble malheureusement complètement épuisée.

La présente dégustation porte sur leur dernière édition limitée, le Alberta Premium 30 ans.  Après ces 30 années passées en barrique et après que les « Anges » aient pris leur part à chaque année, il restait du précieux liquide que pour 8400 bouteilles malgré un embouteillage à 40% d’alcool.  Malheureusement, cette édition est déjà pratiquement épuisée à la LCBO.  Fait intéressant, avec ses 30 années de vieillissement, il serait le plus vieux « Rye Whisky » au monde!

Merci à mon ami Louis pour ce magnifique cadeau, très apprécié.

Un autre merci à www.canadianwhisky.org pour les informations complémentaires puisqu’elles sont plutôt manquantes sur internet.  Vous pouvez également lire les critiques très complètes de Davin de Kergommeaux, critique professionnel et auteur de ce remarquable site dédié aux whiskies canadiens.  Voici ces critiques pour le 30 ans et le 25 ans.

Ma dégustation : 

Couleur : orange dorée 

Nez : Boisé et épicé, puis cannelle, muscade, zeste de citron, faible odeur de seigle 

Goût : Boisé, tabac, vanille, muscade, caramel, seigle, poivre 

Finale : sucrée et acidulée, tannique, moyennement persistante. 

Les odeurs sont assez complexes.  Très épicé et boisé, on perçoit les odeurs de bois de la barrique ainsi que les notes épicées qu’elles apportent.  Après un certain temps, les odeurs prennent toutes leurs places, elles s’ouvrent.  On peut alors percevoir les épices comme la cannelle et la muscade.  Vient ensuite des odeurs d’agrumes, principalement le zeste de citron.  On peut également sentir le seigle, légèrement sucré, qui est présent à l’arrière plan.

En bouche, « kaboom!!! », quelle explosion de saveur, mais en toute élégance et sans robustesse!  Le chêne est très présent puis, une pointe de tabac frais fait subitement son apparition laquelle est plutôt inattendue.  Ensuite on fait place à la vanille et la muscade et on sent toute l’ampleur des tanins du bois sur la langue.  Une petite pointe de cannelle se joint au portrait.  Ensuite un butterscotch crémeux se mélange avec l’arrivée du seigle tout en douceur.  Une note assez poivrée fait son apparition pour préparer la finale.

La finale entre avec un poivré qui est agréablement accompagné des tanins qui sont maintenant partout en bouche.  Puis un caramel brûlé s’installe pour une bonne période.

Je me demande comment aurait été ce whisky si on avait poussé le taux d’alcool à 46% ?

Avec ces trente longues années passées en barrique, on peut constater que le temps fait très bien son travail.  Ce whisky est le plus âgé que j’ai dégusté à ce jour.  Une très belle découverte.  Si je pouvais mettre la main sur une deuxième bouteille et la mettre à la réserve afin de pouvoir prolonger cette expérience…

Définitivement un magnifique whisky !

Caol Ila 1999 – Signatory Vintage (# 14)

 

Nom : Signatory Vintage – Caol Ila 1999

Type : Single Malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 46%

Site web : aucun

Prix : 69,95$US

Disponibilité : www.sherry-lehmann.com, NYC

 

 

Petite histoire :

La distillerie de Caol Ila (prononcer « kul-eela », qui se traduirait par « le son d’Islay »), est située du côté Nord-est de l’île d’Islay, directement devant le détroit séparant les îles d’Islay et de Jura. Elle a été construite en 1846 par Hector Henderson. Quant à Signatory Vintage, c’est l’un des premiers embouteilleurs indépendants d’Écosse. La compagnie fut fondée par Andrew et Brian Symington en 1988. Elle possède maintenant sa propre usine d’embouteillage à Newhaven près d’Édimbourg. Elle serait la deuxième en importance dans le monde.

Le scotch de cette dégustation est un embouteillage faisant partie de leur « un-chillfiltered Collection ». Cette collection offre également des embouteillages provenant des distilleries de Laphroaig, Highland Park, Glenrothes, et Cargganmore, pour ne nommer que ceux là. Ce scotch est un embouteillage dit « single cask », ou « single barrel », c’est-à-dire que le contenu de la bouteille provient d’une seule barrique. Cette bouteille (#232 de 401) provient de la barrique numéro 3/1073. L’étiquette indique que ce scotch a été distillé le 22 novembre 1999 et mis en bouteille le 22 septembre 2010, ce qui lui donnerait un âge un peu inférieur à 11 ans.

Ma dégustation :

Couleur : Jaune très pâle, particules en suspension

Nez : Fumée et tourbe légère, pain fraîchement sorti du four, agrumes

Goût : Tourbé, fumé, salin, bord de mer, épices

Finale : Saline, tourbe revient, longue et persistante

Ce scotch est de couleur dorée très pâle, un peu comme un jaune Chardonnay. L’étiquette fait mention qu’aucun colorant n’y a été ajouté, c’est donc sa couleur naturelle. Il est également non filtré à froid (un-chillfiltered) et on peut effectivement y apercevoir quelques petites particules en suspension. Si placé dans un endroit assez frais ou de l’eau froide y soit ajoutée, il pourrait devenir trouble.

Au nez, fumée et tourbe, les deux tout en douceur. La fumée semble à peine plus dominante. Ensuite une nouvelle odeur jamais rencontrée à ce jour, celle du pain ou plutôt la mie fraîchement sortie du four, encore fumante. Serait-ce l’odeur que plusieurs attribuent la levure (yeast)? Puis finalement, loin à l’arrière plan, un petit sucré-acidulé de zeste d’agrumes, mais vraiment en toute finesse.

En bouche, c’est un bon mélange assez équilibré de tourbe et de fumée qui arrive en trombe. Par la suite, arrive le bord de la mer, les algues, le salin et l’iode. En début de finale une petite note épicée se fait sentir sur la langue, un peu poivrée, ou plutôt de poivre de Jamaïque (allspice)? À confirmer!

En finale c’est encore tourbé et assez salin. La sensation saline perdurera plusieurs minutes après la dernière gorgée. La fumée se fait plutôt timide en finale.

Somme toute, un très bon scotch d’Islay, bien équilibré, et avec quelques saveurs particulières qui donne simplement le goût d’en reprendre un autre verre… Ah, mais j’oubliais, c’est la bouteille d’un bon ami et je dois rester raisonnable !

Bowmore – Legend (# 13)

013 F Bowmore LegendNom : Bowmore – Legend

Type : Scotch single malt

Région : Islay, Écosse

Taux d’alcool : 40%

Site web : www.bowmore.com

Prix : 27$ US

Disponibilité : « Liquor store », État de NY, USA

Fondée en 1779 par John Simpson, la distillerie de Bowmore est l’une des plus anciennes d’Écosse et serait la première sur l’île d’Islay (prononcer « eye-la »). Elle est située en bordure de la mer, dans le Loch Indaal (baie), la même que Bruichladdich, son voisin d’en face! Après quelques transactions au fil du temps, c’est en 1963 qu’elle passe aux mains du groupe Morrison Bowmore Ltd, lequel fut acheté par le géant japonais Suntory en 1994. La distillerie utilise toujours son propre plancher de maltage et de séchage traditionnel lequel est alimenté par un feu de tourbe. Fait intéressant, le chai #1, où se trouve les barriques de prestiges, situé sous le niveau de la mer, contribue à apporter le goût typique à Bowmore.

Ici, c’est l’entrée de gamme de Bowmore, le Legend. L’âge n’est pas indiqué sur la bouteille, par contre mes recherches sur internet semblent laisser croire à un 7-8 ans d’âge.

Ma dégustation :

Couleur : dorée pâle

Nez : agrumes, zeste d’orange, fumée légère, le tout en subtilité

Goût : léger caramel, tourbe et salin léger

Finale : amère, tourbée, épicée, saline

La couleur est légèrement dorée, voire assez pâle.

Au nez, c’est plutôt timide, ce sont des agrumes, particulièrement le zeste d’orange, avec une légère touche de fumée. Fait anodin, une fois le whisky versé dans le verre et en période d’ouverture (avant de le déguster), la pièce se remplit de l’odeur de fumée et saline typique aux scotchs d’Islay. Je me disais que ce serait tout une expérience. À première approche, je fut un peu surpris de constater que les odeurs étaient en toute subtilité.

En bouche, la première gorgée nous offre un doux caramel doré qui entre en première ligne. Ensuite, tout en douceur, s’ajoute une pointe tourbée et très légèrement fumée. Une touche saline de bord de mer vient ensuite, comme si on prenait une marche sur le bord d’un rivage à marée basse. Tout comme les odeurs, c’est encore en toute timidité.

La finale est légèrement amère et tourbée. Vient ensuite une petite touche épicée surprenante et inattendue. Le sel et l’iode prennent ensuite toute la place. La finale en soi est plutôt courte mais la sensation saline perdure quelques moments. La fumée semble absente de la finale?

Somme toute, un scotch d’entrée de gamme qui, pour le prix demandé, livre quand même la marchandise, un excellent rapport qualité/prix. Il n’est quand même pas de calibre pour rivaliser avec ses grands frères, ni ses autres adversaires d’Islay.

Je vous partage ma découverte de l’été, un « Smoky Rusty Nail ». Dans un verre « old fashioned » quelques glaçons avec ¾ Bowmore Legend et ¼ Drambuie. Laissez reposer 2-3 minutes et savourez…

Auchentoshan – Three Wood (# 12)

 

Nom : Auchentoshan – Three Wood 

Type : Scotch single malt

Région : Lowlands, Écosse 

Taux d’alcool : 43% 

Site web : www.auchentoshan.com 

Prix : environ 60$ 

Disponibilité : N’est plus disponible à la SAQ

 

Petite histoire :

La distillerie d’Auchetoshan est située en banlieue de Glasgow, la plus grande ville d’Écosse.  Elle fut fondée en 1823, du moins c’est ce que prétend l’emballage, mais après quelques recherches sur internet j’ai trouvé les dates de 1800, 1817 et 1822.  Probablement que la date « officielle » est 1823.  Une particularité intéressante de cette distillerie est qu’ils utilisent la technique de triple distillation, contrairement à la grande majorité des autres distilleries d’Écosse, qui eux utilisent la double distillation.  Le site web d’Auchentoshan explique vraiment bien leur procédé de triple distillation, voici le lien : 

http://www.auchentoshan.com/triple-distillation-(our-way)/triple-distillation.aspx 

Maintenant concernant le Triple Wood, c’est un single malt whisky qui a été vieillit dans trois différents fûts (de là le nom de « Three Wood »), soit de bourbon américain, de sherry Oloroso et de Pedro Ximenez.

Ma dégustation : 

Couleur : ambrée foncée, texture sirupeuse 

Nez : légèrement fruité, butterscotch, bois torréfié (?) 

Goût : très boisé, butterscotch crémeux, léger picotement d’alcool

Finale : boisée, légère amertume et finale assez courte 

La couleur est d’un ambré assez foncé tirant légèrement sur le rouge, coloration qui vient fort probablement du passage en barrique de sherry.  Le liquide est assez sirupeux et laisse de belle « jambes » sur le rebord du verre.

Le nez est, à première approche, assez présent mais les différentes odeurs sont plutôt discrètes et difficiles à identifier.  À l’arrière plan, c’est légèrement fruité avec une touche de butterscotch.  Je perçois aussi une petite note de bois torréfié mais je ne suis pas certain (la meilleure description serait la coupe d’une planche de chêne dont la scie aurait forcée et que le bois a chauffé) un peu bizarre!  Ces odeurs sont plutôt subtiles dans l’ensemble.

En bouche, c’est très boisé et les tanins du bois sont en force et très présents.  Un léger picotement d’alcool réchauffe l’intérieur, mais sans brûlure.  Le butterscotch est crémeux et onctueux.  Après avoir ajouté quelques gouttes d’eau, le tout s’adoucit délicatement, le sherry fait finalement son apparition (à moins que ce soit moi qui le cherche trop?).  Après l’ajout de quelques gouttes d’eau le caramel prend également plus de place.

La finale est encore boisée et les tanins du bois sur la langue et les joues se font sentir un bon moment.  Le caramel-butterscotch est tout en douceur en début de finale et une légère amertume prend doucement place. Par contre, une fois les tanins disparus de la bouche, la finale s’écourte et disparaît assez rapidement.

Un scotch d’entrée de gamme et j’aimerais bien le comparer avec les 10 et 12 ans de Auchentoshan.  Il me rappelle un peu le boisé des bourbons, mais sans les belles notes sucrées et épicées de ces derniers.  C’est tout de même un bon scotch d’entrée de gamme et bien parfait comme « everyday sipper » pour l’amateur de boisé.

Sur une note plus personnelle, ce scotch m’avait enchanté il y a un an, surtout pour son prix et ses notes boisées, mais maintenant il me laisse un peu sur mon appétit, ou plutôt sur ma soif.

Finger Lakes Distilling – McKenzie Rye (# 11)

011 F McKenzie RyeNom : Finger Lakes Distilling – McKenzie Rye, Batch 4 (2011) 

Type : Rye Whisky 

Région : New York (état), ÉU 

Taux d’alcool : 45,5% 

Site web : www.fingerlakesdistilling.com 

Prix : 39$ US à la distillerie 

Disponibilité : à la distillerie directement et points de ventes locaux

En mai 2011, ma douce et moi avons fait un petit séjour en amoureux dans la magnifique région des « Finger Lakes » dans l’état de New York.  Nous avons visité plusieurs vignobles, quelques « brewers » et je tenais également à faire un arrêt à la distillerie.  Je ne l’ai vraiment pas regretté, superbe belle place, bien aménagée, le personnel y est accueillant dans le « tasting room », bref une belle expérience.

L’histoire de « The Finger Lakes Distilling » débute en 2007 lorsque Brian McKenzie rencontre Thomas Earl McKenzie dans une conférence de micro-distilleurs.  Un fait cocasse, les deux hommes partagent le même nom de famille, mais ne sont aucunement apparentés!  Ils partagent aussi la même passion, celle des alcools fins et de qualité.  Depuis ce temps, les deux hommes réalisent leur rêve, celui d’opérer une distillerie et d’offrir des produits issus de leur travail et de leurs idées.

Ma dégustation :

Couleur : ambrée foncée, légèrement rougeâtre

Nez : seigle, cannelle, zeste d’agrumes

Goût : seigle (pain), muscade, clou de girofle, caramel (chaleur d’alcool)

Finale : seigle, légèrement piquante, un peu amère et sèche

La couleur est ambrée assez foncée, avec une teinte légèrement rougeâtre, qui vient probablement de son passage en barrique de sherry provenant des vignobles avoisinants.

Au nez, ça sent vraiment le seigle, un peu comme si vous ouvriez un sac contenant un pain de seigle encore chaud provenant de la petite boulangerie du coin.  C’est aussi légèrement épicé, la cannelle, la muscade ainsi qu’une légère odeur de zeste d’agrumes.

En bouche c’est encore le seigle, comme une bouchée de pain de seigle.  Le coté épicé semble pencher plus sur la douceur de la muscade plutôt que le piquant de la cannelle, vient ensuite une légère pointe de clou de girofle.  Un sucré de caramel, de cassonade apparaît à la toute fin jumelé à une sensation de chaleur liée à l’alcool (45,5%), mais pas une brûlure, juste cette sensation chaude.

La finale, c’est bien, mais sans surprise.  Le seigle l’emporte encore.  Elle est légèrement piquante et un peu amère.  Le goût amer demeure un certain temps mais la finale en soi est peu persistante.

C’est mon premier « Rye whisky », il est alors difficile pour moi d’en faire une comparaison.  L’expérience en vaut la peine et les saveurs sont très intéressantes.  Le fait que le seigle domine et que les autres saveurs sont plus en subtilité m’amène à me demander si le whisky pourrait gagner en complexité avec un peu plus de vieillissement?

La distillerie « Finger Lake Distilling » est un très bel endroit à visiter, qui offre des produits vraiment intéressants et prometteurs.  La distillerie va sûrement continuer d’évoluer au fil du temps.

Vidéo: blogue SAQ Cellier sur les whiskies d’Islay

Voici une entrevue par Frédéric Fortin du blogue SAQ Cellier avec Philippe Letellier, spécialiste du scotch. Ils parlent des scotchs très typés de l’île d’Islay.

Voici le lien vers le blogue SAQ Cellier: http://blogue.saq.com/category/cellier/