Archives de catégorie : Dégustation Whisky
Ole Smoky – Apple Pie (#173)
Type : Moonshine aromatisé
Région : Tennessee, ÉU
Taux d’alcool : 35%
Un autre Moonshine mais cette fois aromatisée « Apple Pie », soit pomme et cannelle. La grande tendance pour le Moonshine est de l’aromatiser et les saveurs sont nombreuses. Pour avoir un aperçu de l’éventail des saveurs, vous pouvez consulter la liste sur le site de Ole Smoky. J’ai choisi une saveur automnale et réconfortante, soit la tarte aux pommes.
Ma dégustation :
La Couleur est d’un léger doré rappelant brièvement le sirop d’érable clair. La texture est beaucoup plus sirupeuse que le White Lightnin’, probablement due à l’ajout de sucre.
Le Nez est rempli de pommes cuites, de cassonade et de cannelle, l’effet « apple pie » est bien réussi. L’alcool est plutôt effacé.
En Bouche, c’est très sucré, peut-être un peu trop à mon goût. La tarte aux pommes est omniprésente et se mélange avec quelques notes d’épices de boulangerie et de caramel au beurre. On sent légèrement la chaleur de l’alcool sans nécessairement en subir la brûlure.
La Finale, est sucrée avec des notes de pommes cuites à la cannelle. Elle est relativement courte et s’efface rapidement, mais la cannelle et la muscade perdurent.
Pas mal moins « tord-boyaux » que son frère « White Lightnin’ », mais également beaucoup trop sucré/dessert à mon goût. Je crois que lors de mes prochains voyages aux États-Unis je vais m’en tenir aux Bourbons…
Ole Smoky – White Lightnin’ (#172)
Nom : Ole Smoky – White Lightnin’
Type : Moonshine
Région : Tennessee, ÉU
Taux d’alcool : 50%
Le Moonshine est un alcool de grains contenant majoritairement du maïs, qui a longtemps été associé à la contrebande aux États-Unis, surtout pendant La Prohibition. Le « white whisky » ou « white lighnting » (autres noms pour désigner le Moonshine) n’était donc pas vieilli en barriques de chêne et pouvait alors être embouteillé dans des pots Masson ou de simple cruchons afin d’être revendu plus rapidement.
De nos jours, la fabrication du Moonshine est contrôlée et la qualité en est assurée et ce, tout en gardant un petit look de « contrebande » car certains l’embouteille encore dans le traditionnel pot Masson. Il est cependant important de mentionner qu’il y a encore un gros marché illégal.
Ma dégustation :
La Couleur est inexistante, complètement translucide, la texture est légèrement sirupeuse et laisse quelques coulisses en suspens, rien de plus à signaler.
Le Nez est immédiatement brulé par la force de l’alcool si on n’est pas prudent à l’approche du verre. Par la suite quelques notes légèrement herbacées prennent place tout en se laissant généreusement accompagner par le sucré du maïs.
En bouche, un Goût d’alcool fort prend immédiatement l’offensive. Par la suite c’est le maïs légèrement sucré et ses feuilles qui viennent un peu adoucir cette attaque d’alcool.
La Finale est sucrée mais relativement courte et s’efface vite. La chaleur d’alcool demeure cependant un bon moment.
C’était mon tout premier Moonshine, est ce que c’est le meilleur disponible sur le marché? Je ne saurais dire. C’est un peu « tord-boyaux » et un peu ennuyeux à déguster « straight ». C’est très unilatéral comme alcool et je l’utiliserais plutôt en cocktail.
Bulleit Frontier Bourbon 10 ans (# 170)
Nom : Bulleit Frontier Bourbon 10 ans
Type : Straight Bourbon Whiskey
Région : Kentucky, É-U
Taux d’alcool : 45,6%
Site web : bulleit.com/whiskey/bulleit-bourbon-10-year-old
Prix : 50$
Disponibilité : SAQ #12820292
Avec cette fiche, je vais pouvoir boucler la boucle de la gamme régulière des whiskies Bulleit. En effet, le grand frère de 10 ans d’âge est le dernier offert de cette gamme, du moins pour le moment. Il serait composé du même mélange de grains que le Bulleit Frontier, soit environ 2/3 maïs et 1/3 seigle avec un peu d’orge malté, le tout vieilli dans des tonneaux de chêne américain carbonisés. La différence se trouve dans le nombre d’années que le précieux liquide a séjourné dans ces derniers, soit 10 années plutôt que les 5 à 7 ans du Frontier de base. Un peu plus de raffinement, d’adoucissement et de rondeur sont à envisager.
Ma dégustation :
Couleur : Cuivre profond, reflets ambre orangé, sirupeux
Nez : seigle, maïs, épices, zeste d’agrumes
Goût : seigle, maïs, épices, marmelade, boisé
Finale : moyenne, boisée, épices sucrées
La couleur du 10 ans semble (de mémoire) légèrement plus foncée que le Frontier régulier et offre quelques reflets ambrés. Sa texture est bien sirupeuse, les nombreuses coulisses demeurent longtemps figées aux rebords du verre.
Au nez, c’est une explosion de seigle, de maïs et d’épices. Les épices prennent le dessus et se mélangent à quelques notes de zeste d’agrumes compotés à la cassonade légèrement brûlée. Puis, tout comme dans le Bulleit Rye 95, à l’arrière-plan je note une petite pointe de plastique brûlé.
L’entrée en bouche est ce qu’il y a de plus classique comme Bourbon. Tout d’abord, le seigle et le maïs se mélangent à la cannelle et la muscade, le tout baignant dans un sirop de cassonade légèrement chauffé. Par la suite, les agrumes en marmelade sont accompagnés d’une fine touche de cerise noire. De douces notes boisées et légèrement brûlées font acte de présence et lentement prennent le contrôle.
La finale, d’une longueur moyenne et délicatement boisée, s’étire de longs moments et offre un petit retour des épices légèrement sucrées.
C’est un bon bourbon, les quelques années supplémentaires en barriques lui ont donné la chance de développer quelques saveurs supplémentaires, plus de douceur et de rondeurs. Un bon petit « upgrade » !
Tomatin 18 ans (# 168)
Type : Scotch single malt
Région : Highlands, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : tomatin.com/18-year
Prix : 142,60$
Disponibilité : LCBO #435859
La distillerie Tomatin est située tout près d’Inverness dans le nord des Highlands. Elle fut fondée en 1897 par John MacDougall, John MacLeish et Alexander Allan lesquels décidèrent eux aussi de profiter du « Whisky Boom » de la fin du 19e siècle. La gamme principale des whiskies de Tomatin est quand même relativement large, l’entrée de gamme est le Legacy et il est suivi du 12 ans, 14 ans, 18 ans et 36 ans. Un « Cask Strength » et un Millésime 1988 sont également offerts.
Je vous parle aujourd’hui du Tomatin 18 ans, lequel est affiné en fût de sherry Oloroso.
Ma dégustation :
Couleur : Cuivre foncé, reflets ambre orangé, légèrement sirupeux
Nez : fruits confits, marmelade à l’orange, épicé, boisé
Goût : fruits secs et confits, marmelade au miel, épices
Finale : légèrement sucrée, boisée, très sèche
Au visuel, c’est très joli, un beau cuivre bien foncé avec quelques reflets ambre tirant légèrement sur l’orange brûlée, belle coloration offerte par les fûts d’Oloroso en fin de maturation. Côté texture, c’est légèrement sirupeux, plusieurs fines coulisses se forment et redescendent rapidement au fond du verre.
Au nez, ce sont de délicats parfums de fruits confits et de marmelade à l’orange qui nous accueille. Par la suite la marmelade devient épicée et s’accompagne de notes boisées et mielleuses. Plus le whisky se repose et s’ouvre, plus les notes sucrées rappellent le miel et le sirop d’érable.
En bouche, c’est l’influence de l’Oloroso qui ouvre la parade, fruits secs et confits tels la figue, les dattes et les raisins Sultana qui macèrent tout bonnement dans un mélange de marmelade au miel et d’alcool. Par la suite, le boisé et les épices de boulangerie viennent raviver l’expérience en ajoutant une petite pointe piquante. Puis, un caramel au beurre d’érable légèrement chauffé se pointe le bout du nez.
La finale est légèrement sucrée en début et plus elle s’étire plus elle devient épicée, boisée et sèche. À la longue, l’assèchement de la bouche et de la langue est plus que notable et un peu déroutant.
Somme toute un bon whisky « Olorosé ». Il est tout en finesse et offre des saveurs bien typiques, mais qui, à mon goût, manque juste un peu de kick ! J’aurais voulu juste un peu plus de punch en bouche et que la finale donne l’eau à la bouche plutôt qu’un assèchement relativement aride…
Petite réflexion, quand tu réalises que tu as payé ce scotch 54,99$US au NH Liquor Store au lieu du 142$ demandé par la LCBO, il est soudainement pas mal du tout, même avec le taux de change actuel !
John E. Fitzgerald – Larceny (# 167)
Nom : John E. Fitzgerald – Larceny
Type : Straight Bourbon whiskey
Région : Kentucky, É-U
Taux d’alcool : 46%
Site web : larcenybourbon.com
Prix : non disponible à la SAQ
Disponibilité : États-Unis
Aujourd’hui, un petit bourbon plutôt méconnu de la grande famille Heaven Hill Distillery, le « John F. Fitzgerald Larceny ». Pour faire une histoire courte, Heaven Hill Distillery a acheté en 1999 la gamme « Old Fitzgerald ». Ce Bourbon à haute teneur en blé, plutôt que le traditionnel seigle, est préparé en petits lots de moins de 100 barriques, lesquelles ont maturé pendant une période variant entre 6 et 12 ans.
Merci à Alex Atman pour l’échantillon et la photo !
Ma dégustation :
Couleur : cuivre pâle, reflets orangés, sirupeux
Nez : maïs, sucre brûlé, épices, alcool
Goût : sucré, maïs, cerises Marasquin, boisé
Finale : alcool, épices, boisée, courte
Ce Bourbon offre une couleur tirant sur le cuivre assez pâle et lorsque ses reflets sont d’une couleur orangée légèrement cuivrée. Après quelques tournoiements du liquide dans le verre, de nombreuses et minces jambes apparaissent sur les parois et restent en place de longs moments, pour finalement redescendre tranquillement au fond du verre.
Au nez, c’est doux et délicat. Le maïs et quelques notes de vanille sont bien installés à l’avant-plan. Puis, un sucre vanillé et légèrement brûlé se mélange à des notes rappelant les épices de boulangerie, plus particulièrement la muscade. À l’arrière-plan, l’alcool (acétone?) et quelques notes de cerises noires font acte de présence.
Dès l’entrée en bouche, c’est doux, velouté et légèrement sucré, le maïs est bien présent et s’accompagne à merveille de quelques notes de cerises Marasquin. Par la suite, la cassonade et la vanille s’offrent une danse avec les épices de boulangerie et quelques délicates notes de bois sec. Petite pointe d’alcool sucré s’étire sur la finale.
La finale débute sur une chaleur d’alcool légèrement poivré et finit par laisser sa place à un léger sucre épicé et boisé. Elle est cependant un peu courte.
Un bon petit Bourbon d’été. Si on l’aborde sans prétention avec quelques cubes de glace en fin d’après-midi sur la terrasse avec les « boys », la bouteille pourrait baisser assez rapidement… et avoir droit à un petit rappel de la tendre moitié :
– « Chéri, j’espère que tu as pensé mettre les poulets sur le tournebroche ? »
…Oops !
Cutty Sark – Prohibition Edition (# 166)
Nom : Cutty Sark – Prohibition Edition
Type : Blended scotch whisky
Région : Écosse
Taux d’alcool : 50%
Site web : cutty-sark.com/the-whisky
Prix : 35,25$
Disponibilité : SAQ #12276400
Pendant les années 20 c’était l’époque de la Prohibition aux États-Unis. Cette époque fut très profitable pour plusieurs « importateurs » de contrebande qui réussissaient à importer des caisses d’alcool aux États-Unis. Ayant pour but de faire un maximum de profit sans se faire prendre par les autorités, la piètre qualité de l’alcool était souvent au rendez-vous. L’un d’entre eux était par contre beaucoup plus soucieux de la qualité de son produit et ce fut assez payant pour lui. En effet, le Capitaine William McCoy faisait la contrebande d’un blended whisky écossais, le Cutty Sark. La qualité du Cutty Sark était tellement supérieure comparativement aux autres choix de contrebande disponible, que les clients demandaient « don’t gimme the cheap stuff, gimme the real thing ‘ya know…the Real McCoy stuff.. », d’où l’expression populaire de nos jours « The Real McCoy », du moins c’est ce que l’équipe de marketing de Cutty Sark tente de nous faire croire…
Le Cutty Sark Prohibition Edition se veut un petit clin d’œil à cette époque. On peut dire que c’est assez réussi avec le look plutôt vintage de sa bouteille brune très foncé et son étiquette rappelant les whiskies de cette époque. Ce scotch whisky de petit lot est vieilli en barrique de chêne américain et tire un généreux 50% d’alcool.
Ma dégustation :
Couleur : jaune or, reflets d’or, sirupeux
Nez : sucre à glacer, poivre, fruits verts
Goût : fruits frais, miel, barrique, fumée légère
Finale : courte, légèrement fruitée et boisée, poivre
Le Cutty Sark Prohibition Edition offre une robe d’un jaune relativement pâle tirant sur l’or avec des reflets scintillants et cristallins. La texture est sirupeuse et bien collante, plusieurs jambes se forment sur les rebords du verre et redescendent lentement au fond.
Au nez, des parfums de sucre à glacer, de vanille et de poivre viennent à la rencontre du miel et du chêne mouillé. Par la suite, puissance d’alcool et fruits verts frais complémentent l’ensemble, plus particulièrement la poire fraîche.
L’entrée en bouche est bien mielleuse et sucrée. Les fruits baignant dans le miel et la vanille sont par la suite brusqués par une poussée d’alcool et de poivre. Quelques notes légères de barriques « toasté » et de fumée se joignent à l’ensemble. Un peu de malt légèrement sucré arrive en début de finale.
La finale, relativement courte, est fruitée et boisée en même temps. Par la suite, le poivre et le sucre légèrement brûlé s’étire un peu. Petit bémol, on voudrait avoir peut-être un peu plus de longueur et de profondeur à la finale.
À première vue, on pourrait s’imaginer un autre blend insipide avec un marketing du tonnerre. Effectivement, le département du marketing a fait un excellent travail, mais détrompez-vous, nous avons affaire à un blend qui sort de l’ordinaire et offre un degré de complexité relativement intéressant et qui dépasse les attentes. On pourrait penser qu’il est fait pour des cocktails, mais c’est un excellent whisky à déguster « neat » ou « on the rock », comme à l’époque de la Prohibition, et à 35$, c’est pratiquement un prix de contrebande !





