Archives de catégorie : Dégustation Whisky
CWM: Old Fitzgerald 1849 & Der Drachenorden de Kruhnen (# 113)
Nom : Old Fitzgerald 1849 Straight Bourbon
Type : Kentucky Straight Bourbon
Taux d’alcool : 45%
Bière: Kruhnen – Der Drachenorden
Le Old Fitzgerald 1849 est un Bourbon distillé dans la renommée Heaven Hill au Kentucky. Avec son mélange de l’obligatoire maïs et du moins conventionnel blé (plus fréquemment le seigle) apportera sûrement une différence marquante.
La Der Drachenorden est brassée par Ovi Bercan, brasseur-propriétaire de la microbrasserie Kruhnen de Blainville. M. Bercan est d’origine roumaine, pays qui se situe dans la région que l’on appelait jadis la Transylvanie, endroit où habitait Vlad II Dracul membre de « l’Ordre du Dragon ». La Transylvanie se transpose beaucoup dans le nom et dans la présentation des produits de Kruhnen, qui selon moi, sont de grande qualité.
Voici mes notes pour l’Old Fitzgerald :
Au nez dès les premiers effluves c’est inconditionnellement un Bourbon ! De la vanille et des cerises confites sont présentes à la tonne. Par la suite, des épices, du bois et un sucré de céréales « Corn Pops » font acte de présence.
En bouche, céréales et maïs crémeux se mêlent à un caramel épicé aux cerises et des notes de bois bien franches. Le piquant de la cannelle et une petite touche de réglisse se joignent au rendez-vous. Le boisé-caramel revient en force en début de finale.
La finale est pas mal mais un peu courte, elle laisse un goût de céréales et de bois assez présent mais qui disparaissent rapidement.
Côté Bière, elle est épicée et démontre une belle amertume franche. Malt rôti et pain aux noix apparaissent ensuite. La signature « Kruhnen » (l’épice secrète?) est bien présente et m’intrigue toujours…mais je commence à m’en douter un peu, ça ne peut pas être si simple ? À suivre…
Ici l’accord bière et Bourbon donne des ailes au Bourbon tout le côté sucré et boisé du whiskey est accentué et gagne en présence.
Quant à l’accord Bourbon et bière, le Bourbon laisse toutes les belles propriétés de la bière en place mais en augmente les complexités, tout semble plus défini et plus « mature ».
Message à M. Ovi Bercan, c’est pour quand une Der Drachenorden vieillie en fût de Bourbon ? Ce serait selon moi « malade » !
CWM: Glenfarclas 12 ans & Old Jock Ale de Broughton (# 112)
Type : Scotch Single Malt Scotch
Taux d’alcool : 40%
Bière: Broughton – Old Jock Ale (importation privée)
Le Glenfarclas 12 ans, un classique du Speyside, il est le deuxième dans la famille Grant, c’est un beau petit scotch de détente dont la renommée n’est plus à faire.
La Broughton Old Jock Ale, une scotch ale à 6,7% fait avec du malt d’orge. Elle est disponible en importation privée via l’agence Marchands des Amériques Inc.
Au nez, le Glenfarclas est plutôt délicat et sucré, pomme-caramel au beurre et quelques notes de fruits confits sont en arrière-plan.
En bouche, raisins « gloden » dans le chocolat, cerises et fruits confits dans le porto tawny, le style gâteau aux fruits.
La finale est sucrée, très sherry et fruits confits extra cerises marasquin.
Côté Bière, La Old Jock Ale est crémeuse et soyeuse en bouche, le malt caramélisé est présent mais un peu retenu. Par la suite des notes de figues et de pruneaux séchés arrivent avec une légère amertume. Belle petite « Scotch Ale », mais je les préfère avec un peu plus de tonus.
Ici l’accord bière/scotch est assez magique, la bière donne des ailes aux saveurs du scotch et accentue les saveurs de fruits confits et fait ressortir le boisé et une bouffée d’épices. WOW! Quant au scotch/bière, il semble donner un peu plus de robustesse à la bière et en augmente les saveurs maltées.
Quelques gouttes de scotch dans une gorgée de bière font ressortir une saveur rappelant le cidre de pomme.
CWM: Auchentoshan Three Wood & London Ruby des Brasseurs de Montréal (# 111)
Nom : Auchentoshan – Three Wood
Type : Scotch Single Malt
Taux d’alcool : 40%
Bière: Brasseur de Montréal – London Ruby
Pour le « Bois # 3 » (Three Wood) je vous invite à lire ma fiche complète qui date un peu (Three Wood – août 2011). La présente dégustation va me permettre une petite mise à jour de cette fiche.
La London Ruby quant à elle est une rousse de type anglaise brassée par Les Brasseurs de Montréal. Son faible taux d’alcool et ses notes de malts torréfiés en font une bière facile à boire et relativement accessible.
Maintenant, voici mes « nouvelles » notes pour le Three Wood :
Le nez est bien présent et offre des parfums de confits, de caramel au beurre et de bois « toasté ». Petite touche poivrée que je n’avais pas perçue lors de ma première dégustation.
En bouche, c’est le boisé qui domine avec quelques notes de fruits confits et de marmelade. Par la suite, l’alcool et le caramel au beurre légèrement brûlé prennent les devants.
La finale est très boisée et la présence des fruits confits s’étirent. Une amertume s’installe mais est rapidement conquise par le butterscotch.
Pour ce qui est de la bière, elle démontre de belles notes de céréales dorées et de caramel avec une amertume très légère et agréable, avec son 4%, c’est sûrement une bonne bière de session.
L’accord entre les deux est assez particulier. lorsqu’on goûte à la bière après une mince gorgée de scotch, elle devient un peu plus maltée et des notes de pain aux noix apparaissent. La torréfaction s’étire et devient un peu moins amer, bien plaisant. Le scotch suivi d’une gorgée de bière devient plus boisé et légèrement moins sucré.
Ici le scotch est définitivement au service de la bière, il la rend beaucoup plus “mature” et lui fait ressortir quelques notes plus complexes.
CWM: Powers Gold Label & Le Sang d’Encre de Trou du Diable (# 110)
Type : Whiskey irlandais (blend)
Taux d’alcool : 40%
Bière: Trou du Diable – Le Sang d’Encre
Le Powers Gold Label est un blend irlandais avec un haut pourcentage de whiskey « Pot Still » (±70%). Selon Wikipedia, ce serait le whiskey le plus populaire d’Irlande.
Quant à « Le Sang d’Encre », un Stout de style irlandais qui fait maintenant partie de la gamme régulière de la brasserie Trou du Diable depuis l’ouverture de la Shop dans l’ancienne usine Wabasso à Shawinigan.
Maintenant, voici mes notes pour le whiskey :
Au nez, le Powers Gold Label est très « Irish », c’est très vert et on sent immédiatement les fruits frais et légèrement acidulés. Après quelque temps, un sucre vanillé et des noix salées finissent par apparaître.
En bouche c’est très doux, un léger sucre blanc légèrement caramélisé se mélange à la pomme Granny Smith et la poire encore verte. Très « crémeux » en bouche.
La finale, plutôt sucrée mais quasi inexistante.
Quant à la bière, dans cet Irish Dry Stout, on peut constater que le malt est bien torréfié, tant au nez qu’en bouche, c’est du café fraîchement moulu et du chocolat amer, la finale est sèche et le houblon finit par trancher. Petit bémol, un goût un peu métallique est au milieu du spectre gustatif.
L’accord entre le whiskey et cette bière est assez intéressant car l’un et l’autre semble « corriger » l’autre. La bière fait ressortir le côté sucré et accentue les céréales du whiskey. Quant au whiskey, il rend la bière plus crémeuse et onctueuse et élimine l’énorme sécheresse en bouche, qui n’est tout de même pas un défaut.
Belle combinaison.
President’s Choice – The Decadent Soda (# 109)
Nom : The Decadent Soda – President’s Choice
Type : Soda à saveur de biscuits brisures de chocolat
Région : Canada
Taux d’alcool : NA
Site web : http://www.presidentschoice.ca
Prix : 0,99$
Disponibilité : pour un temps limité dans les Loblaws, Maxi et Provigo
En 1984, Dave Nicols, le Président de la compagnie Loblaws Companies Ltd, voulait créer une marque offrant des produits de plus grande qualité à sa clientèle. Le premier produit à apparaître sous la marque « Le Choix du Président » était un emballage de café moulu de qualité supérieure. Ce fut une réussite puisqu’il est devenu rapidement le meilleur vendeur de Loblaws.
M. Nichols étant un amateur de chocolat et de biscuit, désira créer le meilleur biscuit aux pépites de chocolat au monde. Ils trouvèrent la recette parfaite, ils n’étaient pas délicieux, ils étaient simplement décadents !
Afin de commémorer le 25e anniversaire de leur biscuit le plus vendu ils décidèrent de créer un soda inspiré par la saveur de ce fameux biscuit « Le Décadent ».
En voyant ce cola sur la tablette je ne pouvais cacher mon fou rire et mon incrédulité. Afin de combler ma curiosité, je me voyais déjà en faire une dégustation.
La voici donc, et ce, avec tout le « sérieux » du monde.
Couleur : brun noir foncé, bulles fines et généreuses.
Nez : très sucré, fudge, gâteau à la vanille
Goût : très sucré, fudge chocolat noir, vanille, caramel
Finale : courte, sucrée, vanille
D’un brun foncé tirant sur le noir, le soda offre également de fines bulles qui sont bien visibles sur les parois du verre. La texture est peu sirupeuse, chose normale pour un cola.
Au-dessus du verre, c’est très sucré et ce même si le soda est très froid. Par la suite un parfum de fudge au chocolat noir apparaît avec des notes de gâteau à la vanille. Une légère odeur de caramel de confiserie est perceptible à l’arrière-plan.
En bouche, c’est effectivement très sucré, mais la finesse des bulles apporte heureusement une certaine légèreté. Finalement, le tant attendu goût des biscuits aux brisures de chocolat « Le Décadent » finit par prendre place. Puis, la vanille et le caramel de cola se joignent à cette danse gustative plutôt inusitée.
La finale est courte, et encore très sucrée, un caramel à la vanille semble cette fois vouloir prendre le dessus.
Décidément, c’est assez particulier et inusité comme mélange. Le goût des biscuits aux brisures de chocolat « Le Décadent » est bien là, et c’est un peu ça le problème, veut-on vraiment boire des biscuits aux pépites de chocolat? Mais une chose est certaine, Le Président a encore bien réussi dans la création d’un produit assez unique et particulier. Il ne manque plus que les biscuits au Cola.
On boit le tout? Heu pas vraiment, étant diabétique, disons que mon goût pour les colas hyper-sucrés est chose du passé. Mais pour tenter l’expérience avec des chums, ou pour se faire un « floater » crème glacée vanille française, ce ne serait pas une mauvaise idée non plus. Honnêtement, j’ai de fort doute que quelqu’un puisse envisager de boire le litre au complet en regardant son film préféré…
The Toronto Distilling Co. – White Dog (# 108)
Twitter Tasting #C2CC Pt. 2 – The Toronto Distilling Co.
Le 26 novembre 2013 à 20h 30 (heure de Montréal) je participais encore à un « Twitter Tasting ». Pour cette deuxième édition du « Coast to Coast Twitter Tasting » (#C2CC) Johanne McInnis (aka Whisky Lassie) réitère avec une dégustation pancanadienne. Cette fois, non pas un whisky proprement dit mais plutôt un « White Dog », un « Moonshine » ou encore un « New Make », différentes appellations pour identifier un distillat qui sort directement de l’alambic après le processus de distillation (qui est ensuite filtré et coupé à 50% d’alcool).
Une nouvelle distillerie ontarienne, la Toronto Distilling Company, désirait avoir le pouls concernant leur whisky « en devenir ». En effet, les deux propriétaires (Charles et Jesse) ont toujours leur travail à temps plein et ils se questionnent à savoir s’ils doivent faire le grand saut dans leur toute nouvelle entreprise. Ils pensent que leur « white dog » est sur la bonne voie et à un bon potentiel, mais ils ne sont pas encore prêts à mettre le tout en barriques pour vieillissement puisque cela nécessite de grandes sommes d’argent supplémentaires. Avant de le faire, ils veulent avoir une opinion honnête et franche sur les qualités et les capacités de leur produit. Quoi de mieux qu’un Twitter Tasting canadien!
Alors Mme McInnis organise le tout et ayant déjà l’expérience avec le Tweeddale, elle avait déjà l’expérience et une belle gang de passionnés dans sa poche.
Voici un résumé de mes commentaires de dégustation :
Il était question d’un alcool distillé à partir de grains de « Winter Wheat » (blé hivernal?) 100% biologique et embouteillé le 10 octobre 2013 à un taux de 50% d’alcool.
Nom : The Toronto Distilling Co. – White Dog
Taux d’alcool : 50%
Prix : pas encore disponible
Site web : http://torontodistillery.ca/
Au nez, dès les premiers instants c’est définitivement de la mie de pain de ménage bien chaude sortant tout juste du fourneau de la boulangerie. Par la suite une petite odeur un peu verte me rappelle une bonne tequila 100% agave avec un peu de lime. Par la suite, une odeur de mon enfance, les Weetabix ramollis dans l’eau chaude. Avec le temps, des odeurs de baies de Genièvres et de réglisse se développent.
En bouche c’est extrêmement « hot ! » pas chaud en alcool, mais piquant de piments chilis. Par la suite, des fruits amers comme le pamplemousse et le citron sont bien présents. La céréale encore verte, le foin et un petit arrière-goût de thé vert font également acte de présence.
La finale est plutôt courte et laisse quelques saveurs de coquille de noix, d’amande verte et une petite touche de réglisse apparaissent. Ensuite vient un « feeling » de Saké bien chaud bien présent.
C’était mon tout premier « White Dog » et j’ai quand même été très impressionné, surtout par la palette de saveurs offerte. Je m’attendais plutôt à un alcool neutre ! J’espère avoir la chance de goûter un jour à leur whisky et d’en voir l’évolution.
Encore BRAVO à Johanne McInnis et The Toronto Distilling Co. pour avoir mis en place ce Twitter Tasting ainsi que pour l’échantillon
Ardbeg – Airigh Nam Beist (# 107)
Nom : Ardbeg – Airigh Nam Beist
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : inconnu
Disponibilité : très limitée
L’Ardbeg Uigeadail prend son nom de la source dans laquelle la distillerie Ardbeg puise son eau. Airigh Nam Beist est le « hill loch » (genre de cours d’eau) qui apporte l’eau du Loch Uigeadail à la distillerie ! C’est-ce qu’on appelle avoir de la suite dans les idées ! En gaélique, Airigh Nam Beist (se prononce « arry nam baysht ») pourrait se traduire par quelque chose comme « l’endroit où se cache la bête » ! Un peu effrayant…
Les stocks de whisky pour l’Airigh Nam Beist ont tous été distillés en 1990 et placés dans des fûts de chêne (ex-Bourbon ?). Par la suite trois embouteillages ont eu lieu en 2006, 2007 et 2008, donnant droit à des scotchs âgés entre 16 et 18 ans. Celui que je vous présente est l’embouteillage 2006.
Ma dégustation :
Couleur : dorée très pâle reflets orangés
Nez : tourbe sucrée, fumée, nez très discret
Goût : fumée, zeste d’oranges confites, tourbe.
Finale : saline, tourbée, sucrée, feu de camp
L’Airigh Nam Beist est d’une couleur très pâle avec des reflets légèrement orangés. Sa texture est assez sirupeuse mais les coulisses retombent rapidement au fond du verre.
Au nez, c’est relativement « Ardbeg », la tourbe sucrée et une fumée sont au premier plan, mais très « sur les brakes ». Aux premières approches, je peux dire que le nez est plutôt doux, du moins pour un Ardbeg. Puis, du zeste d’agrumes et de la mie de pain frais s’entrecroisent pour être finalement dominés par la fumée. Le nez de cet Ardbeg est l’un des plus timides à date.
En bouche, c’est plus présent, plus Ardbeg ! Fumée et zeste d’oranges confites se joignent à une tourbe sucrée et légèrement maritime. Puis, l’alcool apparaît (pas la brûlure mais plutôt son goût) et se mélange à des notes d’épices et de sucre brûlé et finalement, une dominance d’un salin maritime ouvre la porte vers la finale.
La finale est bien saline, légèrement tourbée et un peu sucrée. La fumée d’un feu de camp tout juste éteint revient légèrement. Cet amalgame de saveurs bien typiques d’Islay s’étire pour de longs et agréables moments.
Ce scotch est-il à la hauteur d’un bon Ardbeg? Oui. Suis-je déçu ? Pas vraiment, mais en même temps, je crois que mes attentes de cet embouteillage plutôt rare étaient peut être trop hautes ou trop ambitieuses. Les similarités avec différents Ardbeg sont bien là, mais je m’attendais à un gros coup de poing sur la gueule et j’ai eu droit à une gifle ! Mais une petite gifle amicale…
Merci à Charles L. pour l’échantillon.



