Isle of Jura – 16 ans (# 26)
Nom : Isle of Jura – 16 ans
Type : Scotch single malt
Région : Île de Jura, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : www.isleofjura.com
Prix : 68,99$US Total Wine de Miami
Disponibilité : Pas disponible à la SAQ
La distillerie de l’Île de Jura, a été fondé en 1810 par Archibald Campbel et portait originalement le nom de « Small Isles Distillery ». Au fil des décennies elle changea souvent de propriétaire et fut même détruite au début du XXe siècle. Finalement elle sera reconstruite au début des années soixante. La distillerie comme nous la connaissons aujourd’hui a été inaugurée le 23 avril 1963. À ses débuts, elle produisait des scotchs très tourbés, tout comme les distilleries se trouvant chez sa voisine immédiate, l’île d’Islay.
Ma dégustation :
Couleur : cuivrée, reflets orangés, texture assez sirupeuse
Nez : agrumes, cèdres, sucré (à la Bourbon)
Goût : pin, cèdre, toffee vanille et épices
Finale : assez courte, amère et sucrée
La couleur est d’un cuivré assez orangé et le liquide a une texture très sirupeuse, voir huileuse.
Au nez, c’est plutôt discret, on peut légèrement sentir les agrumes ainsi qu’une odeur légèrement résineuse, un peu comme le cèdre, mais pas les branches, plutôt la planche de cèdre. C’est également légèrement sucré comme un « toffee » vanillé, semblable à un Bourbon, mais pas aussi présent.
D’entrée de jeu, le whisky est frais et vif et sa texture en bouche est assez sirupeuse et tapisse la langue aisément. À cette sensation, s’ajoute le goût des agrumes (orange et citron) lesquels sont par contre assez discrets. Vient ensuite un très subtil goût de « sapinage », d’aiguilles de pin, de branches de cèdre. Puis, c’est sucré, comme un caramel mou à la vanille et aux épices.
La finale est franche mais courte, elle laisse une légère amertume (style café ou cacao?) laquelle se mélange avec un sucré rappelant encore un peu le Bourbon, mais sans toutes ses subtilités.
Un scotch pas mauvais, mais pas explosif non plus. Pour un 16 ans, je m’attendais à plus de corps, plus de charpente et plus de complexité. De belles subtilités mais plutôt isolées et difficiles à ressortir. Avec les souvenirs que j’ai du 10 ans, ce 16 ans me créait des attentes et me laissait entrevoir un scotch mémorable. Je crois que je me dois de goûter à nouveau au 10 ans car actuellement, j’en conclus que ce 16 ans est peut être une légère déception. À suivre…
The Arran Malt – 10 ans (# 25)
Type : Scotch single malt
Région : Ile d’Arran, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.arranwhisky.com
Prix : 46,50$
Disponibilité : SAQ #10784144
La Distillerie d’Arran est bien évidemment située sur l’île d’Arran. Avec ses 432 km2, elle est la septième plus grande île d’Écosse (la populaire Islay fait 620 km2). La distillerie débuta ses opérations en 1993, mais fut officiellement fondée en 1995, ce qui en fait l’une des plus jeunes distilleries d’Écosse. À ses débuts, elle offrit des embouteillages spéciaux sans mentions d’âges, lesquels étaient assez bien reçus par les amateurs de scotch whisky malgré leurs très jeunes âges (entre 3 et 7 ans). Maintenant on peut trouver des embouteillages de 10 ans et de 14 ans. Ils ont également des éditions « single cask » Sherry et Bourbon (tous deux disponibles à la SAQ) et des éditions « cask finish » Amarone (disponible à la SAQ), Sauterne et Porto (non disponibles à la SAQ). Je vous présente maintenant le 10 ans.
Ma dégustation :
Couleur : dorée pâle, assez sirupeux
Nez : zeste d’agrumes, céréales, sucre d’orge
Goût : agrumes, fruits, malté
Finale : assez persistante, sucrée, légère
La couleur de ce single malt et plutôt dorée pâle et il est assez sirupeux pour laisser de belles coulisses sur le rebord du verre.
Au nez, c’est frais, vif, sucré et céréalier. On sent une certaine fraîcheur et une vivacité émanant des fruits et du zeste de différents agrumes, plus particulièrement l’orange. C’est également sucré, un sucre d’orge bien caramélisé. Le tout est très agréable et bien balancé.
En bouche, c’est tout aussi agréable et rempli de fruits et de douceur, mais avec une certaine vivacité rafraîchissante. Les agrumes et les fruits prennent le premier plan et sont accompagnés par une amertume bien balancée. Un très léger salin, pas aussi fort que certains d’Islay, tente faire sa place, mais est rapidement remis à l’arrière-plan par les fruits. Il y a également un sucré, qui n’est pas vraiment caramélisé mais plutôt malté, lequel est constamment présent en bouche, ce qui apporte une certaine douceur.
La finale est assez persistante pour un scotch de 10 ans. Elle est sucrée et maltée et on goûte encore les fruits. On ressent également la vivacité et l’amertume des agrumes et de leurs zestes et très tard en finale, le salin refait surface. Très agréable et léger comme whisky.
Cette distillerie me surprend beaucoup! Elle est d’une jeunesse frappante et pourtant elle démontre du savoir-faire et de l’expérience dans la confection de ce single malt. Je crois que je vais me laisser tenter par une autre de leurs éditions, soit le Amarone cask finish ou le Bourbon single cask, lesquelles sont apparemment pas mal du tout !
Pour le prix demandé, c’est vraiment un bon scotch. Tout en étant vif et frais, il se laisse boire facilement et agréablement. Un scotch qui se dégustera sûrement très bien sur la terrasse lors des chaudes fins de soirées d’été, et ce, bien entendu sans glaçon, mais ceci est bien sûr une simple question de goût !
Laphroaig – 18 ans (# 23)
Nom : Laphroaig – 18 ans
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 48%
Site web : www.laphroaig.com
Prix : SAQ 156$ (payé 99$US Virginia, USA)
Disponibilité : SAQ #11484979
Laphroaig est sans aucun doute l’une des distilleries les plus connues d’Islay. Cette île d’Écosse est réputée pour offrir des scotchs uniques, très tourbés, fumés et iodés. Ces saveurs sont toutes présentes dans les scotchs offerts par Laphroaig. En bonus, on retrouve dans leurs scotchs des notes médicinales plutôt uniques à Laphroaig, ce qui en fait en quelque sorte leur « signature » typique.
Depuis 2009, le Laphroaig 18 ans remplace le « légendaire » 15 ans, que je n’ai jamais eu la chance de goûter.
J’ai relu mes notes de dégustation du 10 ans (que vous pouvez retrouver ICI) et voyons maintenant ce que ces 8 années de plus en barriques peuvent apporter.
Ma dégustation :
Couleur : Ambre pâle, tirant sur un léger cuivre
Nez : fumée, floral, tourbé, boisé
Goût : Tourbe, fumée, miel
Finale : Tourbe, fumée, tanins, très persistante
La couleur ambre est pâle et les reflets sont plutôt cuivrés (le 10 ans est plutôt doré). Il est assez sirupeux et laisse des coulisses sur le rebord du verre mais elles ne demeurent pas en place bien longtemps.
Au nez, c’est assez présent mais tout en douceur. En toute délicatesse une fumée se mélange avec des notes florales et tourbées. On discerne également une odeur un peu sucrée et boisée. On sent déjà que les années supplémentaires passées en barriques ont assagi les notes plus robustes que l’on retrouve dans le 10 ans. Aussi, les notes médicinales habituelles de Laphroaig ne sont pas vraiment perceptibles au nez.
En bouche, simplement magnifique! Complexe et puissant mais sans être agressif. Les saveurs de tourbe et de fumée se mélangent à des notes un peu florales et sucrées. Une touche légèrement sucrée plutôt mielleuse tente de prendre sa place à côté des notes boisées et épicées. La sensation d’alcool est peu perceptible (48%). Une légère amertume prend place en début de finale. En ajoutant un peu d’eau, les notes de tourbe, de miel et les saveurs florales prennent encore plus de place. C’est la première fois que j’ajoute de l’eau et que je vois une aussi grande différence dans les saveurs.
Pour la finale, la tourbe, la fumée et les tanins du bois accompagnent une belle amertume qui perdure pour de longs et mémorables instants. Les notes médicinales et salines tardent à venir mais semblent timidement vouloir s’installer tout au long de la finale. Plus elle s’étire, plus le salin prend le dessus.
Finalement, je peux constater que ces huit années supplémentaires lui ont permis de se raffiner et de se complexifier. Il passe de fougueux et robuste à racé et complexe.
J’ai toujours aimé les scotchs de Laphroaig, c’est un peu ma distillerie chouchou. Le 10 ans et le Quarter Cask m’ont toujours emballé et j’ai maintenant toujours une bouteille de l’un ou l’autre à la maison. Mais là, je dois avouer qu’avec ce 18 ans, Laphroaig vient de gagner sa place de choix au sommet de mes distilleries favorites. À 156$ à la SAQ c’est un peu cher mais je dois admettre que c’est (pour moi) un bon investissement. À 99$US et avec le Dollars Canadien à ±1,05$, au moment de l’achat , comme on dit en anglais, c’est un « no-brainer »…
Jack Daniel’s Old No. 7 (# 22)
Nom : Jack Daniel’s Old No.7
Type : Tennessee Whiskey (sour mash)
Région : Tennessee, États-Unis
Taux d’alcool : 40%
Site web : http://www.jackdaniels.com/
Prix : 29,80$
Disponibilité : SAQ 00041384
Le bon vieux « Jack », vous y avez sûrement déjà goûté, sur glace, en « shooter », avec du Coke ou dans d’autres mélanges de boissons. Il n’est pas un Bourbon, et n’osez pas l’appeler ainsi à Lynchburg où il est distillé, vous serez « lynché » sur place! C’est plutôt un Tennessee whiskey. En effet, comme je l’expliquais sur ma page à propos du Bourbon, lors de sa création, une étape supplémentaire a été ajoutée, laquelle se nomme le « Lincoln County Process ». Ce procédé consiste à filtrer le liquide dans une épaisse couche de charbon de bois d’érable avant la mise en barriques pour le vieillissement. Cette étape adoucirait le whiskey.
Ma dégustation :
Couleur : cuivrée pâle
Nez : fruité, sucré, aigre, bois brûlé
Goût : sucré, épices, aigreur, vanille
Finale : sèche et courte
D’une couleur cuivrée assez pâle et très peu sirupeux, les coulisses ne tardent pas à redescendre le long des parois du verre.
Le nez est plutôt timide, légèrement fruité (cerises) et sucré tout en ayant une touche assez aigre, l’odeur très typique au Jack Daniel’s. Ensuite apparaissent le bois brûlé, le caramel et la vanille, le tout assez subtil.
En bouche, c’est légèrement sucré et épicé accompagné par le caramel et la vanille. Il y a aussi une amertume ou une aigreur en bouche assez soutenue. La brûlure d’alcool est aussi assez présente et c’est un peu surprenant pour un whiskey à « seulement » 40%.
La finale est franche et sèche mais beaucoup trop courte, elle se termine sur l’amertume et l’aigreur très typique de ce whiskey, ce qui a un peu fait la marque de Jack Daniel’s au fil des ans.
Pour conclure, c’est un whiskey de tous les jours, plutôt unidimensionnel, les bonnes notes sont là mais rien ne semble se démarquer, mis à part peut-être cette aigreur typique. Il ne décoiffe pas vraiment, mais entre amis au bord d’un feu de camp, un bon «Jack & Coke», comme un de mes amis dirait, « ça fait la job »!
Ardbeg – Alligator (# 21)
Nom : Ardbeg Alligator
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 51,2%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : ±98$ can (75€)
Disponibilité : Le Comptoir Irlandais (Paris)
L’« Alligator » est l’embouteillage à édition limitée d’Ardbeg pour 2011, lequel serait limité à environ 5760 bouteilles. Pour cette édition, Ardbeg a utilisé des barriques neuves de chêne américain et on y a appliqué la technique « Alligator Charring ». Le terme « Alligator » correspond à une technique de préparation des barriques. Cette technique consiste en une carbonisation (charring) à l’extrême de l’intérieur de la barrique, ce qui donne au bois l’aspect d’une peau d’alligator. Ce procédé est très utilisé pour le vieillissement des whiskeys américains. L’application de cette méthode sur les barriques apportera forcément tout au long du vieillissement des notes différentes et intéressantes à ce scotch.
Ma dégustation :
Couleur : légèrement cuivrée
Nez : tourbe, fumée, agrumes (zeste), sucré
Goût : sucré, tourbe, fumée, épices
Finale : amère, tourbée, caramel, saline
D’une couleur légèrement cuivrée et ayant une texture qui m’apparaît moyennement sirupeuse, les coulisses apparaissant sur les parois du verre semblent similaires à celles laissées par le Supernova. De plus, ce scotch est assez foncé pour un Ardbeg comparativement à ceux déjà goûtés.
Les premiers parfums, tout en étant un peu timide, sont définitivement typiques d’Ardbeg, ceux qui vous accrochent automatiquement un sourire aux lèvres. La tourbe, une fumée légère et le bord de mer salin. Puis apparaissent soudainement les agrumes, le citron ou peut-être même le pamplemousse.
En bouche, ce qui me surprend de cet Ardbeg, c’est la pointe sucrée qui arrive en premier, laquelle est rapidement engourdie par la tourbe et la fumée d’un feu de camp. Le caramel brûlé, la vanille, la cannelle et la muscade prennent ensuite place au milieu de cette fanfare de saveurs. On perçoit également les tanins du bois sur la langue et les joues. Note intéressante, ces saveurs ressemblent à celles que l’on retrouve dans un Bourbon, mais sans le goûter. Cela provient sûrement des barriques neuves de chêne américain rudement carbonisées de l’intérieur.
Je n’ai pas encore parlé de la brûlure d’alcool? Elle est bien là et elle a du « mordant », elle fait partie de l’expérience, après tout, la bête a bien le droit de se défendre!!
La finale commence sur une note amère de torréfaction et un peu tourbée. Cette dernière est légèrement adoucie par le sucré d’un caramel. Par la suite, revient la fumée d’un feu de camp. La tourbe refait surface et vient se mêler à un salin océanique, tous deux perdurent pour plusieurs instants.
Ce scotch m’a jeté par terre, il est mystérieux et demande à être dégusté de nouveau. Avec cette édition très limitée, Ardbeg sort légèrement de sa zone de confort et c’est fort apprécié. Ces nouvelles saveurs sont bien intégrées aux saveurs typiques, ce qui donne une expérience des plus intéressante! Ce qui me surprend de l’Alligator, c’est que l’alcool y est plus perceptible ( avec « seulement » 52,1%) que le Supernova, qui lui, fait un solide 60,1%.
Merci Charles qui a réussi à mettre la main sur cette bouteille.
En bonus, voici une vidéo (en anglais) racontant une légende d’Islay…
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=WguBC9IlRfE]Maker’s 46 (# 20)
Type : Bourbon
Région : Kentucky, États-Unis
Taux d’alcool : 47%
Site web : www.makersmark.com/makers46
Prix : 50$ (payé 23$ Maine US)
Disponibilité : SAQ #11467204
La distillerie de Maker’s Mark débuta ses opérations en 1954, lorsque T. William Samuels Senior acheta une distillerie du nom de « Burk’s Distillery » dans la ville de Loretto, Kentucky. C’est en 1958 que la première bouteille de Maker’s Mark fut embouteillée et porta le fameux sceau en cire rouge. Pendant plus de cinq décennies, le Maker’s Mark fut embouteillé selon la même recette et sans qu’aucune autre variante ne soit produite par la distillerie.
Puis, en 2009, pour la première fois de son histoire, un nouveau produit fait son apparition avec le fameux sceau de cire rouge, le Maker’s 46. Un Bourbon auquel des bâtonnets de chêne carbonisés ont été ajoutés dans la barrique en cours de vieillissement. La présentation est vraiment réussie, avec ses formes plus arrondies, la bouteille fait très sexy…!
Ma dégustation :
Couleur : cuivre foncé, texture sirupeuse
Nez : butterscotch, cannelle, érable, fruité
Goût : épices, fruité (cerises, pêches) boisé
Finale : sucrée, cannelle, vanille, bois brûlé
D’un ambre rougeâtre et très cuivré, on peut dire que pour un Bourbon, c’est assez représentatif, une belle couleur qui est très « Bourbon »! La texture est aussi assez onctueuse et sirupeuse, les coulisses sur le rebord du verre semblent se figer en place.
Au nez, un caramel (butterscotch) assez présent, un peu d’épices (cannelle) se mélange avec le sirop d’érable foncé, ça me rappelle un peu le bon pain doré d’un beau dimanche matin ensoleillé! Il semble y avoir une petite touche fruitée en arrière plan. Ça sent comme un bon Bourbon!
En bouche, c’est une chaleur explosive d’épices et de fruits. En effet, la cannelle et la muscade sont incorporées à une sensation de chaleur (47% d’alcool) et le tout s’apprête à accueillir des saveurs fruitées telles les cerises mûres et les pêches en conserve. Les tanins du bois sont également bien présents et prennent toute la place sur la langue et les joues. Le maïs et la vanille typique du Bourbon se font enfin percevoir, mais c’est plutôt à l’arrière plan.
La finale est assez sucrée, comme un bon Bourbon. Le sirop d’érable foncé et une cannelle envoûtante se mélangent finalement avec un soupçon de vanille et de bois brûlé. La finale est moyennement longue mais les tanins demeurent un bon moment.
En révisant mes notes express lors de mes vacances cet été, je constate que le Maker’s 46 est une version un peu plus complexe et intéressante que le Maker’s Mark original que j’avais dégusté à ce moment. Finalement, les 12,25$ supplémentaires à la SAQ pour le Maker’s 46 sont, selon moi, un bon investissement.








