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CWM: Aberlour A’bunadh – Batch 42 (# 83)
Nom : Aberlour A’bunadh (batch #42)
Taux d’alcool : 60.3%
Prix : 94$ (augmentation, il était 91,25$ il y a quelques semaines)
Disponibilité : SAQ #00573352
Accord suggéré : Stick de bavette de bœuf « old fashion »
Voici maintenant le troisième de la soirée. En gaélique, « A’bunadh » signifie « de l’origine ». Pour chacune des éditions (batch), la distillerie d’Aberlour tenterait de recréer un scotch mythique datant de 1898 dont une bouteille fut retrouvée dans les entrailles de la distillerie. Il est entièrement maturé dans d’ex-fûts de sherry Oloroso et non filtré à froid et avec toute la puissance du fût, ou si vous préférez « cask strength ».
Nez : Boom! Alcool et épices sont bien présents et directement à l’avant. Après un petit recul, les noix, les pruneaux et abricots séchés font acte de présence.
Goût : Dès les premiers instants, la présence du fût de sherry est marquante. Des saveurs intenses de fruits rouges frais et confits sont au comité d’accueil. Par la suite, des épices et du gingembre bien piquant se mélangent à des notes boisées. Un sucré qui me rappelle légèrement la tire Ste-Catherine est également présent. L’alcool est vraiment tout en force mais tout de même bien équilibré avec les saveurs marquées de l’ensemble.
Finale : La finale est longue et réconfortante, les notes de fruits confits et d’épices perdurent pour de longs moments. L’ensemble apporte un sentiment de satisfaction totale.
L’accord avec le stick de bœuf « old fashion » était parfait, l’un des plus réussi de la soirée.
Quant au scotch, WOW! Quelle bombe de sherry. Avec la renommée du A’bunnadh, mes attentes étaient élevées, et elles ont toutes été comblées. Pour le prix et pour le taux d’alcool (60.3%), comme Jean-François Pilon (le Président du club et animateur de la soirée) a dit à la blague lors de la soirée « ça vous donne une bouteille et demie ! »… Une aubaine !
CWM: Dalwhinnie 15 ans (# 82)
Taux d’alcool : 43%
Prix : 83,75$
Disponibilité : SAQ #00238097
Accord suggéré : plateau de saumon fumé, câpres et oignons rouges émincés.
Le deuxième de la soirée est le Dalwhinnie 15 ans. Il fait partie de la gamme des « Classics Malts » de Diageo. Située dans le cœur des Highlands, la distillerie est également l’une des plus hautes en altitude d’Écosse. De plus, la pureté de l’eau en provenance de sa source (qui se nomme « Allt an t-Sluie Burn ») serait légendaire et plusieurs attribuent la douceur des malts de Dalwhinnie à cette eau.
Nez : Le nez est doux avec des fruits verts frais et des notes mielleuses.
Goût : En bouche, c’est un peu différent, le zeste d’orange, les fruits confits et un caramel crémeux se mélangent pour donner un ensemble assez doux et intéressant.
Finale : La finale est plutôt longue et les fruits confits dominent. Un boisé et des notes de miel arrivent par la suite pour compléter le tout.
L’accord avec le saumon était bien puisque le saumon était très peu fumé. Le gras du saumon avec les câpres donnait un « boost » aux saveurs de fruits confits du whisky.
Un whisky honnête et d’une douceur notable. Il livre la marchandise mais, selon moi, il manque un petit quelque chose…
CWM: Auchentoshan 12 ans (# 81)
Nom : Auchentoshan – 12 ans
Taux d’alcool : 40%
Prix : 58,50$
Disponibilité : SAQ #11156174
Accord suggéré : Mélange d’olives vertes et noires épicées.
Le premier de la soirée « Accords whiskies et mets » du Club Whisky Montréal est le Auchentoshan 12 ans. Cette distillerie se situe dans la région d’Écosse des Lowlands. Ce scotch est triple distillé et vieilli en fûts de Bourbon et de Sherry.
Nez : Les effluves sont très délicates, fruits blancs, framboise avec une petite touche florale. À l’arrière une touche de boisé tente de faire acte de présence.
Goût : En bouche, c’est bien fruité et légèrement sucré. Un goût de raisin vert et de framboise fraîche apporte une petite touche acidulée à l’ensemble.
Finale : De longueur moyenne, le boisé revient accompagner des saveurs de fruits.
L’accord entre les olives et le whisky est pas mal, le gras et le salé des olives semblent donner un goût plus sucré au whisky. Le whisky semble amplifier le piquant des olives épicées.
En ce qui concerne ce scotch, je n’ai malheureusement pas encore réussi à goûter un Auchentoshan qui me fait tripper…
Cragganmore – 12 ans (# 74)
Nom : Cragganmore – 12 ans
Type : Scotch single malt
Région : Speyside, Écosse
Taux d’alcool 40%
Site web : www.malts.com
Prix : 74,75$
Disponibilité : SAQ #00192732
Un Lundi soir bien tranquille, je suis en voyage pour le travail. Seul dans une chambre d’hôtel de Rimouski et bien sûr, rien de bon à la “ti-vi”. J’avais prévu le coup, car avant de partir j’ai glissé dans mes valises ce petit échantillon de 50 ml ainsi qu’un verre Glencairn. Pourquoi ne pas en profiter pour faire une petite dégustation !
Tout comme le Glen Elgin 12 ans dégusté plus tôt, le Cragganmore 12 ans fait partie de la gamme des « Classic Malts of Scotland » du géant Diageo.
Ma dégustation :
Couleur : miel doré et sirupeux
Nez : fruits, floral, céréales
Goût : miel, fruits, épices
Finale : fruitée, mielleuse, équilibrée
Ce single malt est visuellement réconfortant. En effet, il est vêtu d’un beau manteau de couleur miel doré, lequel est riche et somptueux. Il possède aussi une belle texture sirupeuse qui semble bien coller aux parois du verre.
Au nez, c’est plein de fruits et très floral. Des odeurs de pêche, de poire, de lilas et de miel se mélangent à celles des céréales sucrées. Une petite pointe d’alcool est perceptible à l’arrière-plan.
La bouche est franche et vive. Des saveurs de miel sucré accompagnent celles des fruits frais et des épices. À la toute fin, une légère touche de boisé fait acte de présence. Le tout semble bien intégré et balancé, et ce, à chacune des gorgées.
La finale, d’une longueur bien au-delà du raisonnable, est de plus, bien agréable et équilibrée. Tout en étant fruitée et mielleuse, un boisé légèrement épicé accompagne le tout. Une note de raisins secs dorés demeure en bouche un bon moment. Tout cela nous incite à vouloir en reprendre davantage.
Un bon scotch qui est bien équilibré et qui démontre de belles qualités. Selon moi, il mérite bien sa place parmi la gamme « Classic Malts of Scotland ». Il est plus qu’un « everyday drinker », c’est un bon scotch qui passe assez facilement et il nous incite à en redemander. J’en aurais justement bien pris un autre verre, mais mon échantillon est malheureusement terminé.
Glen Elgin – 12 ans (# 73)
Type : Scotch single malt
Région : Speyside, Écosse
Taux d’alcool : 43%
Site web : www.malts.com
Prix : 68,75$
Disponibilité : SAQ #10332009
La distillerie de Glen Elgin offre uniquement une version 12 ans de son single malt. Cette distillerie a déjà offert dans le passé quelques éditions spéciales, la plus connue est une édition « cask strength » de 16 ans d’âge qui aurait apparemment été embouteillée en 2007 dont seulement 9 954 exemplaires furent embouteillés, cette édition serait d’ailleurs très prisée des collectionneurs. Une des raisons pour laquelle le Glen Elgin est offert uniquement en édition 12 ans c’est que la majorité des stocks de la distillerie est utilisée dans différents « blends » pour le géant Diageo, plus particulièrement le fameux White Horse, lequel ne semble malheureusement pas disponible au Canada.
Aussi, le Glen Elgin 12 ans fait partie de la notable gamme « Classic Malts of Scotland », laquelle est composée de 10 autres scotchs, soit : Cragganmore 12 ans, Knockando 12 ans, Dalwhinnie 15 ans, Royal Lochnagar 12 ans, Clynelish 14 ans, Oban 14 ans, Lagavulin 16 ans, Caol Ila 12 ans, Talisker 10 ans et finalement Glenkinchie 10 ans. Ils ont tous été choisis pour leur personnalité et leur qualité représentatives du style de chacune des régions d’Écosse.
Ma dégustation :
Couleur : jaune doré pâle, assez sirupeux
Nez : pomme jaune, poire, miel
Goût : fruits, miel, alcool
Finale : longue, fruitée et mielleuse
La couleur de ce single malt est d’un jaune doré pâle offrant des reflets d’or, elle peut ressembler à la couleur d’un Pineau des Charentes. La texture apparaît assez sirupeuse, les jambes sur les rebords du verre sont longues, minces et élégantes. Elles tardent à redescendre au fond du verre.
Au-dessus du verre, c’est délicat et sucré. Au premier plan ce sont des odeurs de pomme jaune et de poire pas encore assez mûres qui se mélangent à un sucré légèrement mielleux. Après quelques instants, de légers parfums d’agrumes et de fleurs apparaissent à l’arrière-plan.
En bouche, c’est immédiatement un goût fruité et sucré qui se manifeste. Les mêmes saveurs de fruits frais au miel sont bien présentes et sont accompagnées d’une petite saveur céréalière. Une légère brûlure d’alcool est perceptible sur la langue et les joues, ce qui est assez surprenant dans un whisky à 43% d’alcool. Les notes fruitées et mielleuses demeurent en bouche un bon moment. Un léger zeste d’orange apparaît après quelques instants.
La finale est tout de même de bonne longueur et demeure fruitée et sucrée, le mielleux finit par prendre le dessus. La sensation de la brûlure d’alcool demeure également un certain temps en bouche.
Un scotch un peu « passe partout » et parfait pour l’apéro, il descend bien et c’est parfait ainsi. Bien sûr, il ne casse pas la baraque et ne reforgera pas les fondements du monde des single malts, mais il ne sera pas non plus choquant ou dérangeant pour le néophyte ou le débutant.
Il ne faut pas toujours faire une dégustation analytique, à l’occasion c’est bon de juste « prendre un bon p’tit scotch » et celui-ci fera amplement l’affaire.
Club Whisky Montréal: Soirée Islay!! (#55, 56, 57, 58, 59)

Mardi le 29 janvier 2013 en soirée, au Masonic Memorial Hall (2295, St-Marc, Montréal, Québec), se tenait le tout premier événement officiel du Club Whisky Montréal! Les membres inscrits se sont vu remettre leurs verres officiels du club. Six beaux verres Glencairn avec le logo du club gravé dessus. Une belle réussite, Bravo!
La soirée avait pour thème « Islay ». Pour le choix des scotchs, la même formule que la dernière fois a été retenue, c’est-à-dire quelques semaines avant l’événement, les participants avaient accès à un sondage Doodle sur internet afin de faire leurs choix de scotchs, tous évidemment de l’île mythique d’Islay. Voici donc les cinq ayant reçu le plus de votes qui ont été retenus pour la soirée :
Bruichladdich – The Laddie Ten (46%)
Douglas Laing – Bunnahabhain 10 ans (50%)
Douglas Laing – Caol Ila 16 ans (50%)
Bowmore 15 ans Darkest (43%)
Douglas Laing – Laphroaig 15 ans (50%)
Tout au long de cette soirée, Jean-François Pilon, Président du club nous a conduit avec main de maître dans ce petit voyage sur l’île d’Islay. Informations intéressantes sur les distilleries de l’île, des différentes façons de chacune d’elles de distiller, comment elles obtiennent leurs orges maltés et quels en sont les niveaux de phénols, les différents fûts utilisés et les différences entre ceux-ci. Aussi, pour chaque scotch dégusté, tant pour le nez, le goût et la finale, une interaction entre les membres et l’animateur prenait place, chacun y allait avec ses commentaires et observations. Ce fut très intéressant et instructif !!
Maintenant, voici mes appréciations pour ces cinq scotchs :
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Nom : Bruichladdich – The Laddie Ten (# 55)
Taux d’alcool : 46%
Prix : 64$
Disponibilité : LCBO
Whisky Montréal voudrait remercier Narada Brind’Amour de la boutique lecacaoyer.com pour « l’échantillon ».
Nez : Dès le versement dans le verre, une odeur de « Bubble gum » rose domine. Après quelques minutes elle disparaît et c’est maintenant la pomme verte et les poires fraîches qui s’installent. Ensuite, un sucré d’orge malté s’ajoute au bouquet.
Goût : Dès l’entrée en bouche c’est frais et sucré. Des saveurs de fruits frais, d’orge grillé et de caramel à la fleur de sel arrivent ensuite. Les tanins sont vifs et apportent un support à l’expérience.
Finale : La finale est assez boisée et sèche. Après quelques instants, un goût de pastilles aux cerises (Halls) se fait sentir. Plus la finale s’étire et plus le salin l’emporte.
Un scotch acceptable, mais je m’attendais à un peu plus, étant donné les éloges faites sur internet depuis son embouteillage. Peut-être un peu doux pour mes attentes d’un scotch d’Islay. Certains membres l’ont décrit comme un scotch « de femme » ! Peut-être…
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Nom : Douglas Laing – Bunnahabhain 10 ans (# 56)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 104$
Disponibilité : SAQ #11775987
Nez : Au nez, c’est immédiatement du caramel brûlé qui se mélange à des fruits secs comme des raisins Sultana et des pruneaux. À l’arrière-plan, une légère tourbe est présente et se marie à une odeur de bois sec.
Goût : Au goût, l’orange au chocolat est bien présente. Par la suite, les pruneaux se mélangent aux épices. Le boisé, qui semble légèrement grillé, est également bien marqué.
Finale : La finale est bien enrobante et bien fruitée avec des goûts d’orange, de pruneaux et de figues séchées. Le tout s’allonge sur un salin océanique.
Wow !! Belle découverte, j’ai déjà goûté leur OB 12 ans, j’avais bien aimé. Mon voisin de table, qui possède une bouteille de 12 ans chez lui, me mentionnait que ce 10 ans lui apparaissait plus complexe.
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Nom : Douglas Laing – Caol Ila 16 ans (# 57)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 149$
Disponibilité : SAQ #11776111
Nez : À la première approche, l’alcool est bien présent. Par la suite, une douce fumée accompagne une légère odeur citron/limette. Des odeurs salines et maritimes sont également présentes à l’arrière-plan.
Goût : En bouche, une douce tourbe légèrement fumée nous accueille dès les premiers instants. Par la suite, le sucré d’une cassonade légèrement brûlée accompagne brillamment des notes d’agrumes, de vanille et des tanins chaleureux.
Finale : La fumée se joint à des notes vanillées et légèrement sucrées. Plus elle s’étire, plus des notes salines et maritimes dominent.
Oh Wow! Le Caol Ila 12 ans est magnifique, mais celui-ci est sublime!…rien à redire, à part que j’en voudrais encore!!
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Nom : Bowmore 15 ans Darkest (# 58)
Taux d’alcool : 43%
Prix : 95,75$
Disponibilité : SAQ #10870704
Nez : les effluves sont assez boisés, des notes de sherry (fruits secs) accompagnent la framboise, le chocolat et la cassonade.
Goût : en bouche, léger et plutôt floral. La lavande accompagne des notes de lilas. Par la suite, le sucre légèrement brûlé accompagne une fumée qui me rappelle un feu de camp en plein été.
Finale : la finale est très sherried, les fruits secs et des notes un peu vineuses accompagnent celles d’un feu de camp qui vient de s’éteindre. Une amertume marquée prend également place.
Je dois avouer que depuis plusieurs années je voulais m’acheter une bouteille de ce Bowmore, mais plus maintenant, ce fut définitivement ma déception de la soirée. En s’appelant « Darkest » je m’attendais à être écorché un peu plus.
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Nom : Douglas Laing Laphroaig 15 ans (# 59)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 152$
Disponibilité : SAQ #11776007
Nez : Au nez, dès les premiers instants, ce sont des noix grillées et fumées. Puis arrivent les notes médicinales (de l’Ozonol ou du Polysporin) et un petit côté marin prend place à l’arrière-plan.
Goût : En bouche, c’est du caramel brûlé, de la tourbe et de la fumée, les notes médicinales si typiques à Laphroaig sont maintenant bien en place.
Finale : La finale est digne d’un bon Laphroaig, c’est à dire des saveurs intense de fumée, de tourbe légèrement épicée et médicinale. Ce qui me surprend, c’est que, pour un Laphroaig, la finale est intense, mais excessivement courte, on dirait qu’elle augmente en intensité et puis, tout d’un coup, plus rien! Elle se termine.
Magnifique sur toute la ligne, mais la finale semble s’écourter beaucoup plus rapidement que les Laphroaig dit « OB »…
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En conclusion, Islay est vraiment une île mythique où tout peut se produire. Les amateurs s’attendent habituellement à ce que les scotchs en provenance d’Islay soient absolument très tourbés, fumés et océaniques alors qu’elle est capable des plus subtils parfums et des délicatesses inespérées. Peut-être faut-il s’ouvrir et laisser les attentes de côté et apprécier le produit pour ce qu’il est, un bon scotch biens fignolé, et non un scotch « d’Islay » avec des caractéristiques prédéterminées! La question est lancée…
Encore une fois Bravo à toute l’équipe de Whisky Montréal pour une soirée enrichissante et un beau voyage!
Prochain rendez-vous, le 26 mars à 19h et le thème sera : Les whiskies Irlandais !
Pour vous inscrire: www.whiskymontreal.ca
Isle of Jura – Prophecy (# 54)
Nom : Isle of Jura – Prophecy
Type : Scotch single malt
Région : Île de Jura, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.isleofjura.com
Prix : 83$
Disponibilité : SAQ #11632476 (plus disponible pour le moment)
La distillerie de l’Île de Jura offre de nos jours des scotchs qui sont habituellement de nature plus huileuse (oily). Par contre, il arrive à l’occasion qu’elle propose une édition dite « Heavily Peated », laquelle se rapproche un peu des caractéristiques de certains scotchs offerts par les distilleries de l’Ile d’Islay, sa voisine immédiate. C’est le cas pour ce Prophecy.
Qu’en est-il de cette fameuse prophétie? Nous savons que cette distillerie fût fondée en 1810 par Archibald Campbel (voir ma fiche du 16 ans) et sur son site web, on peut y trouver une référence à cette mythique prophétie de l’Île de Jura, en voici un résumé:
« Au début du 18ème siècle, les Campbell de Jura expulsèrent une sage voyante très âgée. Laissant libre cours à son ressentiment, elle prédit que le dernier des Campbell quitterait l’île borgne, avec ses maigres biens transportés dans un chariot tiré par un seul cheval blanc. Au fil du temps, cette histoire s’est transformée en légende et la prophétie est tombée dans l’oubli, jusqu’en 1938, date à laquelle Charles Campbell, ayant perdu un œil lors de la Première Guerre mondiale, tomba dans la déchéance et mena son vieux cheval blanc sur la jetée pour la dernière fois. »
Mythe ou réalité? Il faudrait se rendre sur l’île de Jura et poser quelques questions… En attendant, voici mes appréciations de ce scotch.
Ma dégustation :
Couleur : cuivre pâle reflets orangés, sirupeux
Nez : tourbe, fumée, noisette grillée, épices
Goût : malt et miel sucré, tourbe, bois brûlé, épices
Finale : charmeuse, tourbe, épices, océanique
Ce scotch est d’une belle couleur cuivrée démontrant des reflets tirant sur l’orangé. La texture est assez sirupeuse et le liquide laisse de belles coulisses sur les parois du verre, lesquelles tardent à redescendre.
Au dessus du verre, au premier plan c’est de la tourbe, mais pas la tourbe grasse et crasseuse de certains scotchs d’Islay, mais plutôt une tourbe légèrement sucrée et florale. Cette belle tourbe « propre » laisse passer une petite pointe de fumée. Par la suite, noisette grillée, épices et notes océaniques se joignent à ces parfums afin de compléter ce bouquet agréable et assez complexe.
L’entrée en bouche est surprenante, on s’attend à de la tourbe bien tranchante mais c’est plutôt un goût assez doux et sucré, légèrement mielleux et malté, le tout accompagné de saveurs un peu florales, voir plutôt savonneuses (soapy)! Puis, arrive en douce la tourbe carbonisée accompagnée de notes légèrement médicinales à la Laphroaig, mais en beaucoup plus subtil. À l’arrière-plan, c’est du bois légèrement brûlé et des épices boulangères telles la cannelle et la muscade. On peut également ressentir de légers tanins sur les joues et la langue.
La finale est longue et charmeuse, elle débute par une tourbe bien présente et des élans de fumées refont surface. Par la suite, le temps que les tanins se calment, un petit goût caramélisé et épicé accompagne le tout. Puis, c’est légèrement amer et des notes océaniques prennent place et se mélangent avec cette amertume. Le tout perdure pour de longs instants…
Suite à ma légère déception du Isle of Jura 16 ans, je peux dire que ce Prophecy redonne à cette distillerie l’estime que j’avais pour elle. En effet, leur 10 ans, qui avait été l’un de mes premiers single malt, m’avait beaucoup séduit et m’avait poussé à aller plus loin dans mes découvertes. Le coté tourbé « propre » de ce Prophecy plaira sûrement à l’amateur qui désire s’initier aux scotchs tourbés mais sans nécessairement se frapper à un monstre d’Islay.








