Archives de catégorie : Écosse
Ardbeg – Corryvreckan (# 116)
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 57,1%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : de 165$ à 184$
Disponibilité: déjà été en SAQ et LCBO
L’Ardbeg Corryvreckan, emprunte son nom à l’un des tourbillons les plus grands du monde. Ce « whirlpool » est situé tout juste au nord de l’Ile de Jura. De par son intensité, il mettrait au défi quiconque oserait s’y aventurer sans vraiment savoir ce qu’il fait, du moins c’est ce que les vieux marins des environs racontent ! Avec ses 57,1% d’alcool cet Ardbeg sera-t-il « domptable » ?
Ma dégustation :
Couleur : Jaune paille, teinte rosée, peu sirupeux.
Nez : pain aux noisettes, herbes salées, goudron
Goût : chaud, tourbe, très salin
Finale : saline, maritime, florale
D’une couleur légèrement dorée ressemblant à de la paille, il laisse également passer un léger éclat tirant sur le rosé. La texture semble légère et peu sirupeuse, les coulisses sont inexistantes et les gouttelettes sont fines sur les rebords.
Au nez, c’est quand même assez présent et intense. L’odeur traditionnelle de noisettes que je perçois dans la plupart des scotchs d’Ardbeg est bien présente mais cette fois-ci c’est plutôt l’odeur de pain grillé aux noisettes. Par la suite des herbes salées et des notes de goudron chaud sont bien présentes. À l’arrière-plan, de légères notes florales tentent de se frayer un chemin.
En bouche, c’est immédiatement chaud et piquant ! En effet, tel un coup de fouet, les 57,1% d’alcool ainsi que des épices attaquent ! Par la suite, une fois les ardeurs calmées, une tourbe maritime et saline arrive accompagnée de notes océaniques, algues, coquillages… Puis, tout se calme pour laisser la place à une fumée de BBQ un peu sucrée qui vient accompagner le sel marin, lequel est toujours intense.
En finale, des notes florales et boisées s’emmêlent aux notes fumées, salines et maritimes. L’ensemble est bien agréable et perdure quand même de bons instants.
Faisant cette dégustation un soir de froid intense (-27C), il manquait seulement un foyer avec deux bûches d’érable et le moment aurait été parfait. Un bon Ardbeg très salin et maritime qui réchauffe rapidement l’intérieur. Peut-être qu’un brin plus tourbé et fumé apporterait un peu plus de complexité en bouche et il serait (presque) parfait.
Il est maintenant non disponible à la SAQ mais vous pourriez peut-être vous le procurer chez nos voisins à l’Ouest pour environ 180$ . Petit scoop, je l’ai vu chez nos voisins du sud à 76$US…
Merci à mon bon ami Charles L. pour l’échantillon.
CWM: Ardbog & Yakima I.P.A. de Microbrasserie Le Castor (# 114)
Type : Scorch Single Malt
Taux d’alcool : 46%
Bière: Le Castor – Yakima IPA
L’Ardbog est l’édition limitée de l’Ardbeg Day 2013. Ayant déjà fait une fiche pour l’Ardbog, vous pouvez la lire en cliquant ICI. Quelques petites différences, minimes.
La Yakima a été ma IPA préférée de l’été 2013… Elle est vraiment parfaite ! Le Castor est l’une des (nouvelles) microbrasseries qui n’arrête pas d’être créative et qui finit toujours par m’impressionner.
Voici mes notes pour l’Ardbog :
Au nez, c’est évidemment très Ardbeg. Les effluves maritimes, de tourbe et de fumée sont définitivement au premier plan. Par la suite, des fruits confits et des notes de pain aux noix grillé font acte de présence.
En bouche, le salin, la tourbe et toujours les noix grillées sont au premier plan. Les fruits confits, sirop d’érable quelques notes de chocolat noir amer et de café espresso sont bien présents. Nouveauté, une pointe de réglisse noire et de poivre noir en arrière-plan.
La finale quant à elle est bien Ardbeg. Elle est longue, salée et tourbée et on peut se laisser bercer sur des notes boisées et sucrées.
Côté Bière, Boom ! Houblon floral et fruits tropicaux de la Yakima sont dans le tapis ! L’amertume tranche mais sans dominer. Après les fruits tropicaux, le zeste d’orange et le pamplemousse arrivent en trombe pour être suivis d’une touche un peu épicée.
Pour l’accord bière et Scotch, Hou la la ! Une bière avec assez de prestance pour faire face à un Islay tel qu’Ardbeg!! L’IPA parvient quasiment à dominer la tourbe et la fumée pour laisser place aux fruits confits, au caramel légèrement brûlé et aux épices boisées du scotch ! Sublime !
Pour l’accord Scotch et bière, l’Ardbog apporte à la Yakima une nouvelle dimension. Le côté agrume demeure, mais sans son côté amer, les saveurs de fruits tropicaux (notamment l’ananas, la papaye et la mangue) et de céréales sont maintenant plus présentes.
D’un côté comme de l’autre, les deux réussissent à s’accentuer, à se « booster ». Est-ce un accord parfait ? Je crois que oui, les deux bénéficient de l’un et de l’autre. Dans les deux cas, ils finissent par s’offrir mutuellement de nouvelles dimensions !
CWM: Glenfarclas 12 ans & Old Jock Ale de Broughton (# 112)
Type : Scotch Single Malt Scotch
Taux d’alcool : 40%
Bière: Broughton – Old Jock Ale (importation privée)
Le Glenfarclas 12 ans, un classique du Speyside, il est le deuxième dans la famille Grant, c’est un beau petit scotch de détente dont la renommée n’est plus à faire.
La Broughton Old Jock Ale, une scotch ale à 6,7% fait avec du malt d’orge. Elle est disponible en importation privée via l’agence Marchands des Amériques Inc.
Au nez, le Glenfarclas est plutôt délicat et sucré, pomme-caramel au beurre et quelques notes de fruits confits sont en arrière-plan.
En bouche, raisins « gloden » dans le chocolat, cerises et fruits confits dans le porto tawny, le style gâteau aux fruits.
La finale est sucrée, très sherry et fruits confits extra cerises marasquin.
Côté Bière, La Old Jock Ale est crémeuse et soyeuse en bouche, le malt caramélisé est présent mais un peu retenu. Par la suite des notes de figues et de pruneaux séchés arrivent avec une légère amertume. Belle petite « Scotch Ale », mais je les préfère avec un peu plus de tonus.
Ici l’accord bière/scotch est assez magique, la bière donne des ailes aux saveurs du scotch et accentue les saveurs de fruits confits et fait ressortir le boisé et une bouffée d’épices. WOW! Quant au scotch/bière, il semble donner un peu plus de robustesse à la bière et en augmente les saveurs maltées.
Quelques gouttes de scotch dans une gorgée de bière font ressortir une saveur rappelant le cidre de pomme.
CWM: Auchentoshan Three Wood & London Ruby des Brasseurs de Montréal (# 111)
Nom : Auchentoshan – Three Wood
Type : Scotch Single Malt
Taux d’alcool : 40%
Bière: Brasseur de Montréal – London Ruby
Pour le « Bois # 3 » (Three Wood) je vous invite à lire ma fiche complète qui date un peu (Three Wood – août 2011). La présente dégustation va me permettre une petite mise à jour de cette fiche.
La London Ruby quant à elle est une rousse de type anglaise brassée par Les Brasseurs de Montréal. Son faible taux d’alcool et ses notes de malts torréfiés en font une bière facile à boire et relativement accessible.
Maintenant, voici mes « nouvelles » notes pour le Three Wood :
Le nez est bien présent et offre des parfums de confits, de caramel au beurre et de bois « toasté ». Petite touche poivrée que je n’avais pas perçue lors de ma première dégustation.
En bouche, c’est le boisé qui domine avec quelques notes de fruits confits et de marmelade. Par la suite, l’alcool et le caramel au beurre légèrement brûlé prennent les devants.
La finale est très boisée et la présence des fruits confits s’étirent. Une amertume s’installe mais est rapidement conquise par le butterscotch.
Pour ce qui est de la bière, elle démontre de belles notes de céréales dorées et de caramel avec une amertume très légère et agréable, avec son 4%, c’est sûrement une bonne bière de session.
L’accord entre les deux est assez particulier. lorsqu’on goûte à la bière après une mince gorgée de scotch, elle devient un peu plus maltée et des notes de pain aux noix apparaissent. La torréfaction s’étire et devient un peu moins amer, bien plaisant. Le scotch suivi d’une gorgée de bière devient plus boisé et légèrement moins sucré.
Ici le scotch est définitivement au service de la bière, il la rend beaucoup plus “mature” et lui fait ressortir quelques notes plus complexes.
CWM: Soirée Whiskies & Bières du 19 novembre 2013
Le 19 novembre dernier avait lieu la soirée « Accords whiskies/bières » présenté par le club Whisky Montréal. Lors de cette soirée, cinq whiskies et cinq bières étaient présentés aux membres afin de les accorder, de les comparer et de les déguster. Apparemment que c’était l’une des plus belles soirées de la jeune histoire du club !!

Je dis « apparemment » car j’étais absent, j’avais un autre engagement ce soir là ! Un spectacle en famille !
Les cinq accords étaient les suivants :
– Powers – Gold Label avec Le Sang d’Encre de Trou du Diable
– Auchentoshan Three Wood avec la London Ruby de Les Brasseurs de Montréal
– Glenfarclas 12 ans avec la Broughton – Old Jock Ale
– Old Fitzgerald avec la Der Drachenorden de Kruhnen
– Ardbeg – Ardbog avec la Yakima I.P.A. de Microbrasserie Le Castor
Afin de me permettre de recréer ces accords à la maison, je tiens à remercier Whisky Montréal pour m’avoir gentiment donné les échantillons des cinq whiskies et la bière d’importation privée (la Broughton).
Les cinq fiches d’accords suivront dans les prochains jours.
Ardbeg – Airigh Nam Beist (# 107)
Nom : Ardbeg – Airigh Nam Beist
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.ardbeg.com
Prix : inconnu
Disponibilité : très limitée
L’Ardbeg Uigeadail prend son nom de la source dans laquelle la distillerie Ardbeg puise son eau. Airigh Nam Beist est le « hill loch » (genre de cours d’eau) qui apporte l’eau du Loch Uigeadail à la distillerie ! C’est-ce qu’on appelle avoir de la suite dans les idées ! En gaélique, Airigh Nam Beist (se prononce « arry nam baysht ») pourrait se traduire par quelque chose comme « l’endroit où se cache la bête » ! Un peu effrayant…
Les stocks de whisky pour l’Airigh Nam Beist ont tous été distillés en 1990 et placés dans des fûts de chêne (ex-Bourbon ?). Par la suite trois embouteillages ont eu lieu en 2006, 2007 et 2008, donnant droit à des scotchs âgés entre 16 et 18 ans. Celui que je vous présente est l’embouteillage 2006.
Ma dégustation :
Couleur : dorée très pâle reflets orangés
Nez : tourbe sucrée, fumée, nez très discret
Goût : fumée, zeste d’oranges confites, tourbe.
Finale : saline, tourbée, sucrée, feu de camp
L’Airigh Nam Beist est d’une couleur très pâle avec des reflets légèrement orangés. Sa texture est assez sirupeuse mais les coulisses retombent rapidement au fond du verre.
Au nez, c’est relativement « Ardbeg », la tourbe sucrée et une fumée sont au premier plan, mais très « sur les brakes ». Aux premières approches, je peux dire que le nez est plutôt doux, du moins pour un Ardbeg. Puis, du zeste d’agrumes et de la mie de pain frais s’entrecroisent pour être finalement dominés par la fumée. Le nez de cet Ardbeg est l’un des plus timides à date.
En bouche, c’est plus présent, plus Ardbeg ! Fumée et zeste d’oranges confites se joignent à une tourbe sucrée et légèrement maritime. Puis, l’alcool apparaît (pas la brûlure mais plutôt son goût) et se mélange à des notes d’épices et de sucre brûlé et finalement, une dominance d’un salin maritime ouvre la porte vers la finale.
La finale est bien saline, légèrement tourbée et un peu sucrée. La fumée d’un feu de camp tout juste éteint revient légèrement. Cet amalgame de saveurs bien typiques d’Islay s’étire pour de longs et agréables moments.
Ce scotch est-il à la hauteur d’un bon Ardbeg? Oui. Suis-je déçu ? Pas vraiment, mais en même temps, je crois que mes attentes de cet embouteillage plutôt rare étaient peut être trop hautes ou trop ambitieuses. Les similarités avec différents Ardbeg sont bien là, mais je m’attendais à un gros coup de poing sur la gueule et j’ai eu droit à une gifle ! Mais une petite gifle amicale…
Merci à Charles L. pour l’échantillon.
The BenRiach – 10 ans Curiositas (# 99)
Nom : The BenRiach – 10 ans Curiositas
Type : Scotch Single Malt
Région : Speyside, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.benriachdistillery.co.uk
Prix : 64$
Disponibilité : SAQ #10652547
La distillerie de BenRiach est située dans le cœur du « Speyside », région dans laquelle les scotchs tourbés sont quelque chose d’assez rares et inusités, voire même curieux. C’est sûrement pour ces raisons qu’il porte le nom de Curiositas ! Avec 10 ans d’âge et bien tourbé, est-ce qu’il ira «contrefaire» les caractéristiques des scotchs d’Islay? Est-ce qu’il sera tout de même capable de conserver celles du Speyside ? C’est ce que nous allons voir !
Ma dégustation:
Couleur : dorée très pâle, texture huileuse
Nez : tourbe grasse mais sucrée, petits fruits des champs, alcool
Goût : tourbe légèrement fumée, caramel brûlé, bois
Finale : longue, tourbée, chocolat/café amer, boisée
La couleur est d’un doré très pâle rappelant en effet certains scotchs d’Islay. Il se présente également avec une texture relativement huileuse et coulante. En effet, ses jambes sont nombreuses et redescendent lentement au fond du verre.
Au nez, c’est immédiatement la tourbe, mais subtilement fumée et pas vraiment médicinale, elle est plutôt sucrée. Par la suite de légers parfums de fruits des champs telles la framboise et la mûre prennent place. Wow ! Quel nez surprenant. Attention car la morsure d’alcool est bien présente au premier nez, elle semble diminuer après quelques instants.
En bouche, c’est tout aussi exquis et surprenant, la texture est huileuse et la tourbe est relativement puissante, franche et végétale, elle semble même être légèrement fumée. Par la suite un caramel brûlé, quelques saveurs de fruits des champs, des épices et des notes boisées font acte de présence. À la fin, un léger chocolat noir s’unit à la tourbe pour amorcer la finale.
La finale, tourbée, longue et persistante, développe en plus quelques notes de chocolat amer et de café espresso, lesquelles finissent par doucement tanguer vers des notes boisées et piquantes. Étonnamment, des notes salines semblent se développer dans l’allongement de la finale. Est-ce que je suis en train de me faire prendre au jeu et de m’imaginer déguster un scotch d’Islay ?
En deux mots, quel canon ! Vraiment surprenant et impressionnant. Pour le prix demandé, voici encore une bonne dose de “peat” pour une fraction du prix de plusieurs autres scotchs d’Islay. On pourrait facilement se faire prendre dans une dégustation à l’aveugle.
J’avais acheté ce BenRiach en même temps que le Ledaig 1993 présenté il y a quelques semaines et ce Curiositas aide grandement à panser la blessure laissée par ce Ledaig.




