Archives du blogue
Crown Royal – Special Reserve (# 65)
Nom : Crown Royal Special Reserve
Type : Whisky canadien
Région : Ontario, Canada
Taux d’alcool : 40%
Site web : www.crownroyal.ca
Prix : 67,75$ à la SAQ et 52,95$ à la LCBO
Disponibilité : SAQ#10285581LCBO #321208
Le « Crown Royal » est l’un des whiskies canadiens les plus connus sur la planète et il est le plus vendu aux États-Unis. Il est présentement préparé à la « Crown Royal Distillery » dans la ville de Gimli, située sur les berges du lac Winnipeg au Manitoba. En 1939, pour souligner la visite du roi George VI et de sa femme Queen Elizabeth, le président de Seagram à l’époque Samuel Bronfman décida de produire un whisky bien spécial pour marquer l’évènement, et c’est ainsi qu’est né le « Crown Royal ».
Le présent whisky est une version prémium du Crown Royal, soit la « Special Reserve ». Il fût introduit dans la famille de whiskies Crown Royal en 1992, puis renommée simplement « Reserve » et 2008. Pour la conception de ce whisky, quelques milliers de tonneaux (moins de 1% des 1,6M en réserve) sont spécialement choisis par le Master Blender, ensuite, il en supervise personnellement le vieillissement et la qualité de ceux-ci. Cette période de vieillissement est également plus longue que celle de la version standard du Crown Royal, elle n’est cependant pas indiquée sur la bouteille.
Ma dégustation :
Couleur : cuivre foncé, très visqueux
Nez : caramel au beurre, épices, alcool
Goût : épices, vanille, caramel, seigle
Finale : épicée, amère et sèche
Dans mon verre Glencairn, la couleur de ce whisky canadien est d’un cuivre très foncé et sa texture est très sirupeuse, voire visqueuse elle me rappelle un peu la texture du Maker’s 46. En effet, les coulisses sont très larges et redescendent lentement au fond du verre.
Au nez, c’est immédiatement très sucré, bonbon au caramel au beurre mou, ça me rappelle un peu les Werther’s, ou est-ce les petits carrés Kraft ? Bref le caramel au beurre est bien présent. Ensuite, se joignent à l’ensemble la vanille et des épices bien marquées. En effet, le piquant du girofle et de la cannelle est bien perceptible dans le bouquet. À l’arrière-plan, on peut percevoir une petite pointe d’agrumes et d’alcool.
L’entrée en bouche est bien piquante et épicée. Avec la texture sur les parois du verre, je m’attendais à une certaine viscosité en bouche, mais elle est plutôt légère, voire aqueuse, plutôt bizarre! Quant aux saveurs, elles sont bien marquées, il y a beaucoup d’épices (cannelle, girofle, muscade), de la vanille et du caramel légèrement chauffé, le tout se mélange ensemble. En début de finale, un petit côté amer (comme un zeste d’agrumes) ainsi qu’un léger goût de seigle prennent place.
La finale débute par un picotement sur la langue et des relents d’épices, surtout la cannelle. L’amertume persiste et augmente en intensité pour finalement laisser sa place aux tanins et à un soudain assèchement de la bouche.
Finalement, tout de même un bon whisky qui, selon moi, se déguste entre amis, sans prétention. .N’ayant qu’un échantillon de 50ml, je n’ai pas pu faire plusieurs tentatives et mon expérience avec ce whisky était malheureusement limitée. Je crois qu’un petit cube de glace aurait peut-être aidé à l’adoucir, surtout en finale.
La présente dégustation est un bon exemple que, quelques fois, il faut « connaître » un peu plus ledit whisky. Lorsque je fais une dégustation de l’une de mes bouteilles, j’y goûte toujours quelques fois afin de me familiariser avec ses différentes caractéristiques. Avec ou sans eau? Un glaçon ou deux? À boire en hiver ou en été ? C’est l’une des limitations qu’apportent les échantillons, une courte expérience passagère. Ils sont intéressants car ils permettent de goûter à plusieurs produits sans nécessairement avoir à acheter la bouteille, mais en même temps cela limite grandement l’expérience globale.
Grand Old Parr ’70 (# 61)
Type : Blended scotch whisky
Région : Écosse
Taux d’alcool : non mentionné sur l’étiquette
Site web : NA
Prix : ?
Disponibilité : version actuelle disponible
« Old Parr » fait référence à un certain Thomas Parr, un Anglais qui aurait vécu jusqu’à l’âge très vénérable de 152 ans (1483-1635) ! Cette histoire de longévité extrême est également un peu obscure, incertaine et contestée.
Ce Grand Old Parr est un blended scotch whisky pour lequel il y a très peu d’information de disponible sur internet. Les bouteilles qui sont actuellement offertes sont celles de 12 ans et de 18 ans. Il y a aussi quelques embouteillages spéciaux de disponible, mais ils semblent quand même difficiles à dénicher.
Celle que j’ai en ma possession est une autre bouteille « oubliée » dans un bar, cette fois elle provient d’un ami. Elle daterait elle aussi du début des années ’70 (voir ma fiche du Seagram’s V.O. 1971). Aucune mention d’âge y est inscrite, le taux d’alcool est absent (probablement 40%) et elle n’a pas de code CUP non plus!
Ma dégustation :
Couleur : dorée très pale, texture mince.
Nez : très discret, raisins secs, pomme verte, caramel brûlé
Goût : Glosettes aux raisins, fruits en conserve
Finale : raisins secs, vieux bois mouillé
La coloration est particulièrement pâle, du moins pour un blended traditionnel. Une fois devant la lumière, la couleur ressort un peu plus, elle est d’un doré pâle. La texture me parait peu sirupeuse, quelques coulisses se manifestent sur les parois du verre mais se transforment rapidement en gouttelettes, et ce, avant même d’atteindre le fond du verre.
Le nez est tellement discret que l’on doit s’y prendre à quelques reprises pour en déceler les parfums. Les raisins secs et la pomme verte apparaissent finalement. Un caramel légèrement brûlé est présent à l’arrière-plan. C’est pas mal ça…
En bouche, la première impression me rappelle le Glenrothes Select Reserve, mais avec trop d’eau. Le goût des Glosettes aux raisins et des fruits en conserve sont au premier plan. Un peu sucré et piquant sur la langue. Le tout semble tout de même « délavé »?
La finale est d’une longueur moyenne, les raisins secs sont encore bien présents et accompagnent un goût de vieux bois mouillé. Une pointe un peu amère arrive par la suite.
Est-ce le blend qui est « ordinaire » ou bien la bouteille qui aurait moins bien résistée au passage du temps? Un peu déçu mais pas surpris car le propriétaire de la bouteille m’avait avisé qu’il n’y avait rien à s’exciter!…et il avait bien raison!! Ce n’est pas une bouteille qui passera à l’histoire de mes dégustations, même si elle a quand même quelques années d’histoire derrière elle. Je suis malgré tout bien content d’avoir fait l’expérience.
Merci à mon ami Charles pour l’échantillon.
Seagram’s V.O. – Vintage 1971 (# 60)
Nom : Seagram’s V.O. (Vintage 1971)
Type : Whisky canadien
Région : Ontario, Canada
Taux d’alcool : 40%
Site web : aucun
Prix : 33,25$ (1,14L)
Disponibilité : SAQ #11584136 (version actuelle)
Lors de la dernière fête du Nouvel An avec la famille de ma conjointe, une petite surprise m’attendait !
Mais avant tout, retournons quelques années en arrière. Ma conjointe a malheureusement perdu son père dans un tragique accident de travail alors qu’elle n’avait que 13 ans. Vous devinez bien sûr que je ne l’ai pas connu. Si je fais une déduction basée sur les histoires que l’on m’a racontées au fil des ans, je suis certain qu’on s’entendrait à merveille lui et moi. Un bon vivant qui aimait la bonne compagnie, la bonne bouffe, le plein-air, la chasse et la pêche. Il aimait se retrouver en famille et faire la fête, faire découvrir sa musique et ses goûts à ses enfants, ses proches et son entourage, bref pour moi, il aurait été un beau-père de rêve!
Depuis le décès de son mari, ma belle-mère a gardé les quelques bouteilles d’alcool qui étaient dans le bar personnel de son époux et ces bouteilles sont demeurées intactes et parfaitement entreposées depuis! Mais que se cache-t-il dans ce bar « oublié » ? Alors la petite surprise qui m’attendais était une bouteille de whisky canadien Seagram’s V.O. Pas un whisky d’exception vous me direz, j’en conviens, mais ce qui est intéressant, c’est plutôt le sceau mentionnant « Bottled in Bond – 1971 »! Il s’agit d’une bouteille de whisky qui fût embouteillée avant même ma naissance! Est-ce qu’après toutes ces années le whisky aurait conservé ses propriétés? Cela m’intriguait et j’ai alors décidé de m’en servir un verre et d’y goûter…
Content de l’expérience, je suis reparti à la maison avec cette bouteille avec l’intention d’en faire une dégustation un peu plus approfondie.
Ma dégustation :
J’ai tenté de trouver une bouteille échantillon afin de faire une comparaison entre le Seagram’s d’hier et celui d’aujourd’hui, mais en vain…
Couleur : dorée très pâle et peu sirupeuse
Nez : seigle, vanille, caramel épicé
Goût : vanille, épices, sucre brûlé,
Finale : amère, épices, longueur moyenne
Avant tout, la bouteille était pleine environ au deux tiers et quand même en bon état malgré ces quarante ans passées.
L’absence de code CUP sur la bouteille démontre qu’effectivement elle date un peu. La mention « Bottled in bond » avec un sceau sur le goulot mentionnant 1971 témoigne également de l’âge du produit.
La couleur est d’un doré quand même assez pâle et la texture assez mince et peu sirupeuse. Les coulisses sont étroites, éparpillées et se transforment rapidement en gouttelettes qui ne parviennent pas à redescendre au fond du verre.
Au nez, c’est très délicat et simple. Certains diront que ça sent le whisky! Tout est quand même là, on sent l’odeur du « rye » accompagnée de ses épices, de la vanille ainsi qu’un caramel crémeux. Également une odeur de vieux livres poussiéreux semble être présente à l’arrière-plan. Est-ce l’aspect « dusty » qu’apporte le seigle ou simplement son vieil âge qui tente de s’imposer?
En bouche, dès l’entrée c’est une vanille très présente qui nous accueille. Par la suite arrivent les traditionnelles saveurs épicées du « rye ». Un sucre légèrement brûlé est également présent. Par la suite une saveur légèrement amère accompagne la morsure d’alcool, laquelle est un peu inattendue. L’ensemble est quand même assez mince et sans complexité. C’est un peu ce à quoi je m’attendais.
La finale, amère et épicée, est de longueur moyenne et quand même agréable. On peut également sentir certains tanins sur le palais et les joues et un léger boisé qui tente de percer le tout. Soudainement une chaleur interne réconfortante se fait sentir, ce qui apporte un petit sourire sur le coin de mes lèvres.
Un whisky canadien qui avait été conçu, selon moi, (la version actuelle l’est sûrement encore) pour être mélangé dans des cocktails plutôt que pour le déguster « neat ». Par contre, le but de cet exercice n’était pas de trouver la perle rare, mais plutôt de constater si le whisky avait perdu de ses attributs au fil de ces quatre décennies. J’ai tout simplement pu constater que ce whisky est pas mal ce à quoi je m’attendais, sans surprise et sans extravagance, mais de belles saveurs épicées, de vanille et de sucre caramélisé. Je peux alors me permettre de présumer que l’altération du temps fût minimale sur le whisky.
Petite mise en garde : Toujours connaître l’origine et l’état de conservation de la bouteille, surtout si elle était déjà ouverte lorsque vous l’avez trouvée. Dans le doute, s’abstenir de consommer.
En terminant, un gros merci à mon beau-père Paul-Émile et « Cheers » !
Club Whisky Montréal: Soirée Islay!! (#55, 56, 57, 58, 59)

Mardi le 29 janvier 2013 en soirée, au Masonic Memorial Hall (2295, St-Marc, Montréal, Québec), se tenait le tout premier événement officiel du Club Whisky Montréal! Les membres inscrits se sont vu remettre leurs verres officiels du club. Six beaux verres Glencairn avec le logo du club gravé dessus. Une belle réussite, Bravo!
La soirée avait pour thème « Islay ». Pour le choix des scotchs, la même formule que la dernière fois a été retenue, c’est-à-dire quelques semaines avant l’événement, les participants avaient accès à un sondage Doodle sur internet afin de faire leurs choix de scotchs, tous évidemment de l’île mythique d’Islay. Voici donc les cinq ayant reçu le plus de votes qui ont été retenus pour la soirée :
Bruichladdich – The Laddie Ten (46%)
Douglas Laing – Bunnahabhain 10 ans (50%)
Douglas Laing – Caol Ila 16 ans (50%)
Bowmore 15 ans Darkest (43%)
Douglas Laing – Laphroaig 15 ans (50%)
Tout au long de cette soirée, Jean-François Pilon, Président du club nous a conduit avec main de maître dans ce petit voyage sur l’île d’Islay. Informations intéressantes sur les distilleries de l’île, des différentes façons de chacune d’elles de distiller, comment elles obtiennent leurs orges maltés et quels en sont les niveaux de phénols, les différents fûts utilisés et les différences entre ceux-ci. Aussi, pour chaque scotch dégusté, tant pour le nez, le goût et la finale, une interaction entre les membres et l’animateur prenait place, chacun y allait avec ses commentaires et observations. Ce fut très intéressant et instructif !!
Maintenant, voici mes appréciations pour ces cinq scotchs :
——————-
Nom : Bruichladdich – The Laddie Ten (# 55)
Taux d’alcool : 46%
Prix : 64$
Disponibilité : LCBO
Whisky Montréal voudrait remercier Narada Brind’Amour de la boutique lecacaoyer.com pour « l’échantillon ».
Nez : Dès le versement dans le verre, une odeur de « Bubble gum » rose domine. Après quelques minutes elle disparaît et c’est maintenant la pomme verte et les poires fraîches qui s’installent. Ensuite, un sucré d’orge malté s’ajoute au bouquet.
Goût : Dès l’entrée en bouche c’est frais et sucré. Des saveurs de fruits frais, d’orge grillé et de caramel à la fleur de sel arrivent ensuite. Les tanins sont vifs et apportent un support à l’expérience.
Finale : La finale est assez boisée et sèche. Après quelques instants, un goût de pastilles aux cerises (Halls) se fait sentir. Plus la finale s’étire et plus le salin l’emporte.
Un scotch acceptable, mais je m’attendais à un peu plus, étant donné les éloges faites sur internet depuis son embouteillage. Peut-être un peu doux pour mes attentes d’un scotch d’Islay. Certains membres l’ont décrit comme un scotch « de femme » ! Peut-être…
——————-
Nom : Douglas Laing – Bunnahabhain 10 ans (# 56)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 104$
Disponibilité : SAQ #11775987
Nez : Au nez, c’est immédiatement du caramel brûlé qui se mélange à des fruits secs comme des raisins Sultana et des pruneaux. À l’arrière-plan, une légère tourbe est présente et se marie à une odeur de bois sec.
Goût : Au goût, l’orange au chocolat est bien présente. Par la suite, les pruneaux se mélangent aux épices. Le boisé, qui semble légèrement grillé, est également bien marqué.
Finale : La finale est bien enrobante et bien fruitée avec des goûts d’orange, de pruneaux et de figues séchées. Le tout s’allonge sur un salin océanique.
Wow !! Belle découverte, j’ai déjà goûté leur OB 12 ans, j’avais bien aimé. Mon voisin de table, qui possède une bouteille de 12 ans chez lui, me mentionnait que ce 10 ans lui apparaissait plus complexe.
——————-
Nom : Douglas Laing – Caol Ila 16 ans (# 57)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 149$
Disponibilité : SAQ #11776111
Nez : À la première approche, l’alcool est bien présent. Par la suite, une douce fumée accompagne une légère odeur citron/limette. Des odeurs salines et maritimes sont également présentes à l’arrière-plan.
Goût : En bouche, une douce tourbe légèrement fumée nous accueille dès les premiers instants. Par la suite, le sucré d’une cassonade légèrement brûlée accompagne brillamment des notes d’agrumes, de vanille et des tanins chaleureux.
Finale : La fumée se joint à des notes vanillées et légèrement sucrées. Plus elle s’étire, plus des notes salines et maritimes dominent.
Oh Wow! Le Caol Ila 12 ans est magnifique, mais celui-ci est sublime!…rien à redire, à part que j’en voudrais encore!!
——————-
Nom : Bowmore 15 ans Darkest (# 58)
Taux d’alcool : 43%
Prix : 95,75$
Disponibilité : SAQ #10870704
Nez : les effluves sont assez boisés, des notes de sherry (fruits secs) accompagnent la framboise, le chocolat et la cassonade.
Goût : en bouche, léger et plutôt floral. La lavande accompagne des notes de lilas. Par la suite, le sucre légèrement brûlé accompagne une fumée qui me rappelle un feu de camp en plein été.
Finale : la finale est très sherried, les fruits secs et des notes un peu vineuses accompagnent celles d’un feu de camp qui vient de s’éteindre. Une amertume marquée prend également place.
Je dois avouer que depuis plusieurs années je voulais m’acheter une bouteille de ce Bowmore, mais plus maintenant, ce fut définitivement ma déception de la soirée. En s’appelant « Darkest » je m’attendais à être écorché un peu plus.
——————-
Nom : Douglas Laing Laphroaig 15 ans (# 59)
Taux d’alcool : 50%
Prix : 152$
Disponibilité : SAQ #11776007
Nez : Au nez, dès les premiers instants, ce sont des noix grillées et fumées. Puis arrivent les notes médicinales (de l’Ozonol ou du Polysporin) et un petit côté marin prend place à l’arrière-plan.
Goût : En bouche, c’est du caramel brûlé, de la tourbe et de la fumée, les notes médicinales si typiques à Laphroaig sont maintenant bien en place.
Finale : La finale est digne d’un bon Laphroaig, c’est à dire des saveurs intense de fumée, de tourbe légèrement épicée et médicinale. Ce qui me surprend, c’est que, pour un Laphroaig, la finale est intense, mais excessivement courte, on dirait qu’elle augmente en intensité et puis, tout d’un coup, plus rien! Elle se termine.
Magnifique sur toute la ligne, mais la finale semble s’écourter beaucoup plus rapidement que les Laphroaig dit « OB »…
——————-
En conclusion, Islay est vraiment une île mythique où tout peut se produire. Les amateurs s’attendent habituellement à ce que les scotchs en provenance d’Islay soient absolument très tourbés, fumés et océaniques alors qu’elle est capable des plus subtils parfums et des délicatesses inespérées. Peut-être faut-il s’ouvrir et laisser les attentes de côté et apprécier le produit pour ce qu’il est, un bon scotch biens fignolé, et non un scotch « d’Islay » avec des caractéristiques prédéterminées! La question est lancée…
Encore une fois Bravo à toute l’équipe de Whisky Montréal pour une soirée enrichissante et un beau voyage!
Prochain rendez-vous, le 26 mars à 19h et le thème sera : Les whiskies Irlandais !
Pour vous inscrire: www.whiskymontreal.ca
Isle of Jura – Prophecy (# 54)
Nom : Isle of Jura – Prophecy
Type : Scotch single malt
Région : Île de Jura, Écosse
Taux d’alcool : 46%
Site web : www.isleofjura.com
Prix : 83$
Disponibilité : SAQ #11632476 (plus disponible pour le moment)
La distillerie de l’Île de Jura offre de nos jours des scotchs qui sont habituellement de nature plus huileuse (oily). Par contre, il arrive à l’occasion qu’elle propose une édition dite « Heavily Peated », laquelle se rapproche un peu des caractéristiques de certains scotchs offerts par les distilleries de l’Ile d’Islay, sa voisine immédiate. C’est le cas pour ce Prophecy.
Qu’en est-il de cette fameuse prophétie? Nous savons que cette distillerie fût fondée en 1810 par Archibald Campbel (voir ma fiche du 16 ans) et sur son site web, on peut y trouver une référence à cette mythique prophétie de l’Île de Jura, en voici un résumé:
« Au début du 18ème siècle, les Campbell de Jura expulsèrent une sage voyante très âgée. Laissant libre cours à son ressentiment, elle prédit que le dernier des Campbell quitterait l’île borgne, avec ses maigres biens transportés dans un chariot tiré par un seul cheval blanc. Au fil du temps, cette histoire s’est transformée en légende et la prophétie est tombée dans l’oubli, jusqu’en 1938, date à laquelle Charles Campbell, ayant perdu un œil lors de la Première Guerre mondiale, tomba dans la déchéance et mena son vieux cheval blanc sur la jetée pour la dernière fois. »
Mythe ou réalité? Il faudrait se rendre sur l’île de Jura et poser quelques questions… En attendant, voici mes appréciations de ce scotch.
Ma dégustation :
Couleur : cuivre pâle reflets orangés, sirupeux
Nez : tourbe, fumée, noisette grillée, épices
Goût : malt et miel sucré, tourbe, bois brûlé, épices
Finale : charmeuse, tourbe, épices, océanique
Ce scotch est d’une belle couleur cuivrée démontrant des reflets tirant sur l’orangé. La texture est assez sirupeuse et le liquide laisse de belles coulisses sur les parois du verre, lesquelles tardent à redescendre.
Au dessus du verre, au premier plan c’est de la tourbe, mais pas la tourbe grasse et crasseuse de certains scotchs d’Islay, mais plutôt une tourbe légèrement sucrée et florale. Cette belle tourbe « propre » laisse passer une petite pointe de fumée. Par la suite, noisette grillée, épices et notes océaniques se joignent à ces parfums afin de compléter ce bouquet agréable et assez complexe.
L’entrée en bouche est surprenante, on s’attend à de la tourbe bien tranchante mais c’est plutôt un goût assez doux et sucré, légèrement mielleux et malté, le tout accompagné de saveurs un peu florales, voir plutôt savonneuses (soapy)! Puis, arrive en douce la tourbe carbonisée accompagnée de notes légèrement médicinales à la Laphroaig, mais en beaucoup plus subtil. À l’arrière-plan, c’est du bois légèrement brûlé et des épices boulangères telles la cannelle et la muscade. On peut également ressentir de légers tanins sur les joues et la langue.
La finale est longue et charmeuse, elle débute par une tourbe bien présente et des élans de fumées refont surface. Par la suite, le temps que les tanins se calment, un petit goût caramélisé et épicé accompagne le tout. Puis, c’est légèrement amer et des notes océaniques prennent place et se mélangent avec cette amertume. Le tout perdure pour de longs instants…
Suite à ma légère déception du Isle of Jura 16 ans, je peux dire que ce Prophecy redonne à cette distillerie l’estime que j’avais pour elle. En effet, leur 10 ans, qui avait été l’un de mes premiers single malt, m’avait beaucoup séduit et m’avait poussé à aller plus loin dans mes découvertes. Le coté tourbé « propre » de ce Prophecy plaira sûrement à l’amateur qui désire s’initier aux scotchs tourbés mais sans nécessairement se frapper à un monstre d’Islay.
Laphroaig – Triple Wood (# 53)
Nom : Laphroaig – Triple Wood
Type : Scotch single malt
Région : Islay, Écosse
Taux d’alcool : 48%
Site web :www.laphroaig.com
Prix : 79,99$US
Disponibilité : SAQ #11805111 (90$) et LCBO #272195 (89,95$)
L’été dernier, lors des vacances estivales, nous sommes passés dans le New Hampshire. Directement sur l’Interstate 93 se trouve le célèbre « New Hampshire Liquor & Wine Outlet » et nous nous y sommes arrêtés. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ça ! C’est gigantesque, il y a du choix autant du côté des vins que des spiritueux! Dans la section « Scotch/Whisky », le choix en était impressionnant! Pas de scotch mystérieux, mais les distilleries les plus connues y étaient toutes et avec plusieurs expressions pour chacune! La rangée y faisant face était tout aussi intéressante, c’était le paradis des Bourbons! Difficile de faire un choix quand tu peux choisir uniquement deux bouteilles! C’est alors que j’ai vu la bouteille de Laphroaig Triple Wood. Comme vous le savez sûrement maintenant, j’affectionne grandement cette distillerie. Mon choix était donc facile.
Le Laphroaig Triple Wood est en quelque sorte un Quarter Cask pour lequel on aurait ajouté une période supplémentaire de maturation, ou plutôt un affinage (finishing) dans d’anciens fûts de sherry Oloroso. Voyons maintenant les résultats.
Ma dégustation :
Couleur : Ambre pâle, reflets orangés
Nez : Fumée, tourbe, zeste d’agrumes et fruits confits
Goût : Citron amer, tourbe, fumée, fruits confits, salins
Finale : fumée, tourbée, citron, saline
La couleur de ce scotch est d’un ambre plutôt pâle et quand on regarde le liquide à travers la lumière, des reflets d’une teinte légèrement orangée sont bien présents. Après avoir fait tournoyer le scotch dans mon verre, de minces coulisses apparaissant sur ses parois et redescendent lentement au fond. Elles sont par contre peu nombreuses.
Au-dessus du verre, on sent bien que c’est un Laphroaig. La fumée, la tourbe et la traditionnelle odeur médicinale sont bien présentes, mais l’ensemble me semble moins « in your face » qu’à l’habitude, plus en délicatesse. Par la suite, des odeurs fruitées de zeste d’agrumes confits font leur apparition mais plutôt en douceur et en retrait. À l’arrière-plan, une odeur de pain aux noix légèrement grillé tente de se frayer un chemin à travers le tout. Une petite présence d’alcool se fait également sentir.
L’entrée en bouche, est assez douce pour un Laphroaig, pour une seconde, c’est légèrement amer (citronné) mais par la suite les notes Laphroaig se font sentir, la tourbe, les notes médicinales et la fumée sont au rendez-vous, on peut sentir que c’est puissant ou plutôt que ça devrait l’être? Il manque définitivement le petit « Oomph! » Laphroaigesque habituel, on dirait que l’ensemble est sur les « brake ». Les agrumes et les fruits confits se joignent à cette danse et des tanins boisés font également leur apparition. Puis, une amertume (zeste d’agrumes et citron) et un salin prennent place et nous transportent vers la finale.
La finale est tout de même en puissance et s’étire sur de longs moments. Fumée, tourbe, citron ainsi que des notes océaniques se complètent tout au long de cette finale. Elle perdure un long moment et les notes salines viennent qu’à finalement prendre le dessus.
Un bon Laphroaig? Oui. Mon préféré? Non. En comparaison avec le Laphroaig 10 ans, il semble manquer de « torque ». En comparaison avec le Laphroaig Quarter Cask, on dirait que le passage en fût d’Oloroso, lui aurait donné de légères notes de fruits confits mais l’aurait du même coup détroussé en partie des atouts privilégiés gagnés par la maturation dans les « quart de fût ». La finale, quant à elle, est quand même longue et agréable et ajoute un léger baume sur l’ensemble, qui selon moi, manque malheureusement un peu sa cible.








